«Un jeune sur 10 en Rhône-alpes ne fait rien» Philippe Merieu

Philippe Mérieux (EELV) est vice Président du Conseil Régional, en charge de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi. Devant cette « une responsabilité peu visibille mais d’une grande stratégie » ce « Pédagogue dans la Cité » (DDB éditions ) livre ses propositions pour sortir d’une spirale négative pour la jeunesse rhonalpine.

La formation tout au long de la vie c’est un concept ou une réalité ?

Ce concept est apparu en 1971. Il a été soufflé par Jacques Delors à Chaban-Delmas. Malheureusement c’est un concept qui est resté à l’état théorique. La France est le pays où ceux qui profitent de la formation continue sont ceux qui ont déjà profité de la formation initiale. La formation « tout au long de la vie » est un enjeu pour l’ascenseur social, la démocratie et pour redonner de l’espoir à des millions de personnes.

Quels sont les leviers d’action ?

La Région est l’interlocuteur de la formation professionnelle continue pour des publics fragiles (chômeurs, femmes en reprise d’emploi, jeunes qui n’ont jamais travaillé, personnes sans qualifications). La Région est responsable de l’apprentissage, et pilote aussi une série de dispositifs comme la Validation des Acquis de l’Expérience C’est presque un quart du budget de la Région et un gros effort au quotidien avec Pôle emploi, avec les missions locales pour les jeunes avec le centre des droits des femmes, avec les centres de bilan de compétences pour se mettre au service de ceux et de celles qui veulent se former et rebondir sur le plan professionnel

Sentez-vous les effets de la crise ?

Tous les jours il y a 900 demandes de formation supplémentaire. Nous ne pouvons en satisfaire qu’une sur quatre aujourd’hui. On était à une sur deux il y a 5 ans. On sent le désarroi. On essaie aussi de travailler sur les obstacles à la reprise comme les transports ou les gardes d’enfant etc.

Et sur les jeunes ?

Il y a en Rhône-Alpes 950 000 jeunes de 16 à 25 ans. 97 000 sont sans formation ni emploi. Ils ne sont ni ycéens, ni apprentis, ni salariés. Un jeune sur 10 en Rhône-alpes ne fait rien. En moyenne pendant laquelle trois ans. On a le temps de perdre de bonnes habitude du travail, de se lever matin. On peut faire des mauvaises rencontres. C’est trois ans perdus dans une vie, sans revenus en vivotant avec des petites activités au noir. Les jeunes décrocheur du système sont en apesanteur pendant de longs mois sans trouver une formation.

Est-ce que cela peut être une cause et une explication de la violence ?

Oui. La violence est le signe d’une sorte de désespérance. Ces jeunes sont des desperados. Ils tiennent les murs comme on dit dans les cités. L’inaction, la stimulation des jeux vidéo, la violence dans les médias, le modèle du brigand généreux, l’argent facile

Vous proposez une indemnité de formation unique pour tous ces jeunes en « apesanteur ».

Il faudrait mettre à plat l’ensemble des propositions de formation. Le RSA est difficile à toucher et il ne connecte pas sur le monde du travail. Je suis partisan de développer l’apprentissage, qui est une bonne formule avec une vraie acclimatation avec le monde du travail. Et je milite pour une indemnité de formation unique pour les les jeunes.

 

Propos receuillis par Jean-Pierre Jusselme

 

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Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, « Radio Libertés », et une régie mulitmédia « CPC 3.00 », l’heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode « rebelle ». A suivre…
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    Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, "Radio Libertés", et une régie mulitmédia "CPC 3.00", l'heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode "rebelle". A suivre...

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