Liberté j’écris ton code

Les « alolise » ne sont pas une secte secrète, ni une tribu de joyeux geeks anonymes. Ni d’ailleurs un club fermé d’acolytes dithyrambiques. Informaticiens, ils sont les promoteurs du logiciel « open source », et défrichent les contours d’un continent en expansion.

Alolise est l’Association pour la promotion des Logiciels Libres de la région Stéphanoise. Installer un serveur de messagerie instantanée Jabber ( XMPP ). Monter une station météo automatique. Réaliser une imprimante 3D Thing-O-Matic de chez MakerBot. Utiliser des plates-formes Arduino. Manier un Capteur DHT11 – DHT-22 ou DHT : les  membres d’Alolise ont des joies, que la joie commune ignore. Ils expérimentent dans  leur Luna Park de Saint-priest-en-jarez un monde de logiciels aux applications très ouvertes ( informatique, mais aussi électronique, et art).

Qu’on ne s’y trompe pas :  leur oeuvre « pédagogique » s’inscrit dans une révolution planétaire. Les standards de l’open source s’imposent dans les foyers.  Avec des logiciels et applications comme Audacity, Apache, Mozilla, Blender, Libre office, la croissance du marché de l’open source a été de 30% en 2011 et de 20% en 2012.

Alors que l’ensemble des administrations du Brésil vient de  migrer en 2012 en masse vers l’open source, Alolise  interroge les administrations et collectivités ligériennes sur leur volonté d’appliquer la circulaire Ayrault :

adm et logiciels libre from Pourparlers on Vimeo.

Rencontre au salon Tatoo Juste avec la tribu jarézienne qui a le vent en poupe.

Le monde du logiciel libre, un monde de pirate?

Open source

On est des défenseurs de la liberté. On parle de liberté d’utilisation et de liberté de redistribuer grâce à des « fork » [Un fork, ou embranchement ou fourche, est un nouveau logiciel créé à partir du code source d’un logiciel existant. ( ndlr)]. On veut comprendre comment le logiciel fonctionne. Le logiciel libre est fourni avec le code source. L’informaticien peut aller récupérer le code source pour en faire un autre logiciel ou aller voir la malversation. Par ailleurs, un logiciel libre utilise une licence. La diffusion du code source, recette de cuisine du logiciel, est une liberté encadrée par une licence qui a vocation de rémunérer les services.

Un troisième univers concurrents de celui d’Apple et Microsoft?

Pas si simple ! Microsoft participe à certains standarts ou produits ouverts. En entreprise, cela me parait plus normal d’avoir des logiciels avec un support plus carré. Pour un particulier, on retrouve avec les logiciels open source toutes les fonctionnalités classiques d’un utilisateur. En revanche, la société privée va essayer d’enfermer les utilisateurs dans ses produits à elle, du coup elle va fermer ses formats de logiciels. Il faut en avoir conscience. Et là, on dit non !

 Est-ce que vous attaquez pas de front ce qui est de l’ordre de la brevetabilité de l’intelligence du monde numérique?

Oui tout à fait. Avec le brevet, une chose découverte est bloquée, ce qui empêche la créativité et le partage d’avancer. Au niveau du logiciel libre, on n’a pas de brevets, mais des licences. On partage la recette. On peut rajouter un ingrédient. Dans ce modèle tout le monde progresse. Les éditeurs et les développeurs ont gagné des procès contre des sociétés qui s’étaient emparés des codes pour les fermer ensuite.

Le moteur de l’économie est le capitalisme et la logique de l’intérêt. Quel est le moteur de cette économie de la gratuité et du partage? Et comment y retrouver son compte?

Le logiciel a un cout de développement qui doit être pris en compte. Le développeur peut proposer à l’entreprise, de simplifier, de faire de la formation, etc…L’objectif est de faire remonter le bénéfice aux développeurs et aux services associés. Dans l’univers du logiciel libre, on essaie de rémunérer le service et la créativité ( développeur, installateur, formateur) plutôt que les capitalistes.

 Avec des taux de croissance impressionnants, le monde du logiciel libre n’est pas une tribu d’Iroquois…

Pas du tout !  On a le vent en poupe. Il y a de grosses entreprises comme Red Hat aux Etats Unis qui se développent dans le service du logiciel libre. Au niveau militant, la Free soft fondation (FSF) association à but non lucratif promouvoit le Logiciel Libre (Free Software). En France APRIL est- passé de 500 à plus de 5000 membres. April défend les valeurs de partage de la connaissance. Avant c’était les grosses entreprises de cinéma et de musique qui imposaient leur vision du numérique, via la défense de leurs intérêts. Il manquait une force de la société civile pour faire contrepoids. April fait du lobbying aupres des élus. On a du pain sur la planche car il y a de forts raidissements.

Hadopi est dans ce champs des soubresauts?

April  a plusieurs champs de préoccupation : aspect respect de la vie privée, identification sur le reseau via l’adresse IP, mais aussi droits d’auteur, diffusion des oeuvres….On s’est mobilisé contre plusieurs aspects de lois récentes qui avaient des volets numériques, ou qui concernaient le partage des connaissances. HADOPI pour les aspects droits d’auteur, LOPSI pour le filtrage des sites internets ou DATSI qui permettait l’utilisation des DRM, clefs de protection sur les fichiers numériques qui bloque la diffusion multi-supports des oeuvres. Ou encore ACTA, venu du monde anglo-saxon mais qui a été finalement rejeté par le Parlement européen.

 Propos recueillis par Jean-Pierre Jusselme

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Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, « Radio Libertés », et une régie mulitmédia « CPC 3.00 », l’heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode « rebelle ». A suivre…
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    Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, "Radio Libertés", et une régie mulitmédia "CPC 3.00", l'heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode "rebelle". A suivre...

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