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Pourparlers et Open sources prédisent zéro déchets à Saint-Etienne

11 décembre 2012 - Actualité, Dossier, Economie, Local et régional, Saint-Etienne
Cet ancien étudiant du post-diplôme de la Cité du design s’est spécialisé dans le réemploi. On peut retrouver certaines de ses créations sur la revue de recherche en design « Azimuts ». Prospective et entretien avec Baptiste menu (www.echo-system.fr).

 Le réemploi n’est pas le recyclage. C’est une interrogation sur le monde des objets qui nous entourent ?

Le réemploi interroge l’usage, la fonction et le service. Le réemploi n’est pas le recyclage. Avec le Design de réemploi, on valorise la valeur ajoutée contenue dans la forme des objets. Cette démarche impose plus de créativité et de travail pour que l’objet ou les matériaux trouvent une nouvelle valeur d’usage. Les circuits de production classiques font des pièces standardisés. Le recyclage détruit le caractère formel de ces objets en en faisant de la matière première secondaire de moindre qualité. L’énergie grise, cristallisée dans la forme est donc perdue. Avec le Design de réemploi, on évite le gaspillage énergétique, on préserve les qualités formelles des matériaux dans l’objectif d’accroître la productivité des matières. Ici, nous sommes dans la série différenciée, ce qui inclut le standard, mais en prenant compte des aspects qualitatifs, quantitatifs et temporels des flux de matières. C’est toute une économie de la créativité qui met à bât la logique de production aseptisées au profit d’un système fondé sur l’adaptation et l’intégration des processus de production. Cette logique fonctionne de manière réticulaire et décentralisée, problématique proche du fonctionnement des Fab Lab par exemple.

Open source une révolution by Pourparlers on Mixcloud

 Avec Kalundborg au Danemark on est très avancé sur l’écologie industrielle.

C’est une des possibilités de développement du design de réemploi. Cependant c’est la branche de l’ingénierie écologique qui passe par une étude du métabolisme territorial. Il s’agit d’étudier l’ensemble des flux de matière et d’énergie qui traversent et structurent un territoire. Les ingénieurs vont essayer de boucler ces flux à l’image d’un écosystème, pour tendre vers l’idéal du zéro déchet. On parle alors de biocénose industrielle…
Mon travail consiste avant tout à étudier la production d’objets et de dispositifs matériels qui répondent à leurs fonctions. En cela, l’approche est différente de l’écologie industrielle pensée par les ingénieurs. Néanmoins, dessiner des objets n’exclue pas de les concevoir dans des ensembles intégrés de production et de consommation. C’est pour cela que l’approche systémique constitue pour moi une voie à suivre.

Quels sont les freins ?

 Ces problématiques sont complexes et difficiles à installer. Si on arrive à passer dans une 3ème révolution industrielle, on se dirige vers des fonctionnements inspirés par la nature. Ce sont des méthodes qui proviennent de la biomimétique. Il sera nécessaire de promouvoir l’innovation et la recherche pour garantir une permanente adéquation des strates de faire et de penser, depuis la toute petite échelle jusqu’à celle de la planète. Comme pouvait le dire Hundertwasser, une cohabitation harmonieuse des cinq peaux. Nos façons de faire et de penser sont déterminées par un ensemble de facteurs extérieurs dont nous sommes tributaires. L’idéal est de tendre vers un système économique intégré à la biosphère qui prend modèle sur les dynamiques d’adaptation issues de l’étude du vivant.

Le Design de réemploi est donc une révolution globale?

Je crois sincèrement qu’il s’agit d’une prise de conscience globale. Chacun peut agir et s’emparer des objets pour les détourner en faisant preuve de sens créatif, ce n’est pas un domaine réservé aux architectes et aux designers. Cela se fait de manière spontanée dans les pays en voie de développement depuis toujours, car les pratiques sont poussées par la nécessité. Les pays dits « développés », ont transformé l’individu en consommateur dépourvu de son sens critique et de ses savoir-faire malgré la surabondance matérielle dont ils disposent. C’est là qu’il faut agir pour changer les choses et permettre une reconfiguration du monde matériel et des pratiques liées aux objets que l’on côtoie.

 Propos recueillis par Jean-Pierre Jusselme

 

2 réflexions sur “ Pourparlers et Open sources prédisent zéro déchets à Saint-Etienne ”

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