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Les 5 bonnes raisons de lire Les vies liées de Lavilliers

5 janvier 2013 - Actualité, Culture, Local et régional, Saint-Etienne

Commencer 2013, en relisant un livre paru en 2010. Est-ce bien être dans le move de l’actu ? Oui ! Pourparlers assume et aime « Les vies liées de Lavilliers » (Flammarion) Parce qu’aujourd’hui plus que jamais on a besoin d’enquête cousue main. Parce que le savoir faire manufacturier d’un artisan journaliste ligérien est précieux. Pourparlers décerne le « Made in Loire » à cette bio qui poursuit ses chemins de traverses sur le blog de MK . Et vous met en ligne quelques inédits de BL.

 

Michel Kemper est un journaliste old school

Michel Kemper est un journaliste old school style. Lunette serrées, débit heurté, il n’a jamais emprunté les voies faciles du métier, jamais cédé aux complaisances du métier de journaliste cultureux. Et s’il savoure quelques places VIP dans les festivals « pour mieux faire mon métier » s’excuse t-il, il sait aussi se faire des ennemis dans le métier, ce qui est un gage de crédibilité. Sur son blog dédié à la chanson française, MK a trouvé une terre d’asile et devient juge des élégances de la chanson français. Pourquoi lire les Vies liées de Lavilliers et s’abonner au site http://nosenchanteurs.eu/ La réponse en 5 raisons majeures.

1ere raison Une bio en forme de bataille. Ma bio, mon combat. Michel Kemper a payé le prix pour cette bio. Cet ancien du défunt magazine Chorus a mené de 2004 à 2010 une enquête serrée de 300 pages sur Bernard Lavilliers. Ce livre aurait du s’écrire à deux voix. Sans doute aurait-elle été autre. Bernard Lavilliers était censé dévider dans l’oreille complice de son ami journaliste ses secrets intimes pour la collection Chorus/Fayard. En octobre 2006, Lavilliers signifiait qu’il se retirait du projet. MK ne veut pas lacher l’affaire, son travail d’enquête le prend aux tripes. En janvier 2009, le livre est signé par le PDG de Fayard, Claude Durand. Fin novembre 2009, le contrat est dénoncé par Olivier Nora, son successeur. Les éditeurs ne se bousculent pas au portillon. La faute à des menaces non dissimulées de procès ? Lavilliers fait-il peur ? Est-ce le poids dans l’empire Barclay-Universal ( 600 000 albums vendus en moyenne) ou des supposés gros muscles de boxeur de Nanar ? Que peut peser le travail d’un obscur journaleux de province face à Lavilliers ? Les éditeurs lui proposent alors des contrats léonins, laissant à la charge de l’auteur les frais d’éventuels procès. CQFD. « Je ne voulais pas transiger. Certains éditeurs ont eu peur du procès, et m’ont abandonné. » explique Michel Kemper. La bio sera finalement prise chez Flammarion.

Les vies liées de lavilliers by Pourparlers on Mixcloud

Les vies liées de Lavilliers

2eme raison. Une bio qui résiste au système médias…Les vies liées est le miroir tendu au système médiatique. La bio non autorisée sortait en novembre 2010 en même temps que Causes perdues et musiques tropicales Devinez si les journalistes et les médias ont préféré le mythe à la réalité ? Bien évidement Le Monde, L’Humanité, Le Nouvel Obs, Le Grand journal de Canal+, Le Fou du roi, Libération, Serge, France 2, France-Inter France 3, France 5, RTL, Europe 1 ont préféré le mythe fait homme ! Lors des interviews précédant le retour à Saint-Etienne de Lavilliers, alors parrain de Paroles et musiques, les consignes du manager aux journalistes étaient claires : ne lui parlez pas du livre de MK, sinon pas d’ITW. Cette omerta est confirmée par les attachés de presse de Flammarion. « Le sérail des journalistes parisiens a boycotté ce livre » déplore Michel Kemper. Lavilliers depuis ses débuts en 1965 a su apprivoiser la presse. « Lavilliers a vite compris comment se servir d’une presse qui ne vérifie pas ses sources. Comme il est un bon client, les journalistes l’aiment bien. Mais en trois ou quatre feuillets on ne risque pas d’aller fouiner dans le passé ou de vérifier des infos. On s’en tient seulement à ce que Lavilliers dit, sans distance aucune, ni sans aller explorer les doutes existants et les incohérences du parcours. » Le blog épingle L’air du temps (diffusée en décembre sur France5), véritable panégyrique de Lavilliers. Cette émission, produite par P6 productions, reconnaît avoir « été supervisé par Lavilliers, rectifié et validé par Frédéric Vinet, le manager et bras droit de Lavilliers ». Les gardien de temple veillent !

Un 1er inédit de Lavilliers ( enregistré à l’époque mais jamais gravé sur galette)

3eme raison. Des révélations sur les plagiats…….Et la mythomanie de Lavilliers.

Lavilliers dans les années 60

Lavilliers dans les années 60

Les plagieurs de Gainsboug à Trenet sont légions dans la chanson. Lavilliers est sans doute leur maitre à tous. MK a relevé pas moins de 25 chansons douteuses.Et de citer des emprunts à Saignée piquée à Joyce Mansour, ou Au Petit matin à Claude Roy Contrefaçons ? Plagiats ? Emprunts ? Ressemblances caractérisées comme le signale la Sacem ?  « Mais son travail d’écriture est avant tout un exercice de réappropriation de textes et poésies, qu’il arrange à sa légende » explique MK.

Deux chapitres examinent les bobards de Bernard Lavilliers. Lavilliers n’a pas été au Brésil dans les années 1960. Il n’a jamais fait de prison ni été en maison de correction. Il n’a jamais été boxeur professionnel. Il n’a jamais eu de bateau nommé Corto Maltese. Lavilliers a été précurseur en s’inventant sa vie. Les Vies liées décrypte ce storytelling, invention de Michel Martig, son manager au début des années 1970. « Lavilliers porte nos fantasmes face à nos vies médiocres : se casser de l’usine, faire l’amour avec femmes brésiliennes et un bras d’honneur a une vie médiocre..» commente Michel Kemper.

Un antidote certain, la chanson cultissime des Fatal Picards où le grand Nanar met de l’humour dans sa légende en apparaissant en invité guest star :

Indulgent avec l’artiste. MK tacle les médias complices. « Toujours lui faire vivre cette vie, jamais le contredire. C’est à peine le chanteur qui s’en vient mais le frère de lait d’Indiana Jones, le manuel de survie de MacGyver, le Cendrars bien Loti, le coup de crayon de Pratt…, on reçoit une icône, la projection de nos fantasmes, la matérialisation de nos envies. Lavilliers échappe à son humaine condition : il est largement ailleurs, en constante représentation, rivé à ses vies rêvées. » Les vies de « Corto lavilliers » ou « Bernard maltese » s’imbriquent jusqu’au plus ridicule. Jusqu’à provoquer l’emphase pathétique chez les journalistes « Tout jeune, il a quitté Saint-Étienne, il a quitté la zone. Il est parti pour le Brésil riche de ses seuls rêves. Né trop tard pour être flibustier, il est devenu auteur-compositeur-interprète-voyageur-aventurier-chasseur de tigres… » (A/R-mag, magazine de voyages ). Le blog ancré dans les réactions des gens du métier et de ceux qui ont croisé Lavilliers est un fabuleux contre-poison à cette logorhhée pathétique : http://nosenchanteurs.eu/index.php/tag/les-vies-liees-de-lavilliers/

un second inédit, en mode Ferré/Brassens

4eme raison. Une biographie chorus qui donne vie au saint-etienne culturel des années 60. Les vies liées de Lavilliers traite principalement de la genèse de l’artiste et de son mythe, jusque dans les années 1980 et les succès commerciaux. Les Vies liées de Lavilliers est une bio chorus. Elle grouille comme toute bio sérieuse de la vie « antichambre » de l’artiste. Saint-Etienne des années 60 est le second personnage. Michel Kemper est allé chercher le Lavilliers qui prend forme, corps et voix dans le quartier de Chavanelle et de la Manu.

5eme raison Une bio assortie d’inédits. Avec son acolyte, le chanteur Éric Guilleton, Kemper a déniché des chansons inédites de Bernard Lavilliers (Jeannette, Sur les bords de l’Allier, L’homme en bleu, Whisky-Club, Ça en fait des croix…), chansons tirées de son époque stéphanoise (1965-1966) jamais gravées dans la cire. Et à lire l’extrait de la bio qui traite du mystère d’Edgar de Lyon.

Jean-Pierre Jusselme

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Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, “Radio Libertés”, et une régie mulitmédia “CPC 3.00”, l’heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode “rebelle”. A suivre…

5 réflexions sur “ Les 5 bonnes raisons de lire Les vies liées de Lavilliers ”

ronan

adoré l’article et de revoir les fatals picards! de temps en temps depuis que j’habite au Brésil j’écoute une chanson de BL avant elles me faisaient voyager au Brésil, maintenant elles me rappellent la France…et de temps en temps ici j’entends une musique qu’il a piqué…certainement sans payer les droits d’auteurs..mais bon…ça montre que rien n’est simple…

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Jean-Pierre Jusselme

Ce serait intéressant de voir ce qu’il rend au Brésil qui lui a tant donné….

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Une 6ème bonne raison : ce n’est pas un livre qui descend Bernard Lavilliers. Après avoir lu ce livre, on se dit : quel personnage hors du commun ! Et l’on n’a qu’une hâte, c’est de redécouvrir toute sa discographie et de se dire que toute cette vie créée, inventée fait de BL un artiste unique.

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Anonyme

Mais je crois bien que je l’ai ce vinyl que tout le monde croit perdu, c’est même le premier disque que j’avais acheté, j’ignorais à l’époque qu’il était stéphanois

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Dd le malfrat

“On est pas d’un Pays, mais on est d’une ville… Où la rue artérielle limite le décor ” (..)

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