Les nouveaux enfants de Michael Jackson

Non Michael Jackson n’est pas mort ! Son esprit survit dans l’âme de ces millions de fans qui, à travers la planète, ne cessent de propager son message. Parmi eux, Sly, lui, a une histoire sensiblement différente des autres..

Les nouveaux enfants de Michael JacksonCa commence par l’histoire d’un gosse qui, passant devant un panneau d’affichage, s’arrête deux secondes devant une affiche, puis, balance à son vieux un truc du genre « hey papa, regarde, on dirait un spectacle sur Michael Jackson ». Il s’arrête deux secondes de plus – ce qui est vraiment très très rare – puis, enchaîne « on dirait que c’est avec ses frères ». Hum. Levage de sourcils. Faut dire que Michael Jackson et moi, c’est une grande histoire, surtout depuis un soir de 1992 où un sacré Jean-Pierre Foucault a diffusé en exclu française le clip de ‘Black Or White’, le tout premier single du nouvel album d’alors, un certain « Dangerous ». Le clip, a fait couler bien des encres, parce que… bah, c’est toujours la même rengaine, c’est évidemment histoire de vendre du papier sur un artiste tellement populaire que n’importe qu’elle broutille fera bien l’affaire. De plus, j’avais entendu parler d’un concert que ses frères faisaient  » en hommage » – ou pour faire tourner la machine à dollars ? – au King of Pop comme l’artiste voulait qu’on l’appelle. Toutefois, après un rapide coup d’oeil sur l’affiche – et surtout après avoir piqué un tract sur le pare-brise d’une voiture – je vis que ce n’était point les Jackson 5, mais une troupe de danseurs rendant hommage à leur idole.Bon, forcément, ça me donnait aussitôt envie d’écrire un petit billet dessus. Le temps d’effectuer quelques recherches, je découvris que le bonhomme en question, un certain Sly, était d’ailleurs originaire d’où je créchais, c’est-à-dire Firminy, quinze mille âmes coincées vers Saint-Etienne. Tiens, tiens, intéressant.

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Sly sur scene. photo Nicolas Maldant

En fait, Sly – pseudo tiré d’un jeu vidéo Sly Cooper, dont le héros est un renard, renard ainsi devenu logo du projet sur Jackson – découvrit l’artiste en 1988, lors de la sortie du fim « Moonwalker » dont le héros n’est autre que vous savez qui. Habitant le quartier de Firminy-vert, il s’en alla alors jusqu’au Majestic celui dont on parlait tant….La suite ? La suite, c’est le gant pailletté, le chapeau, le moonwalk…

Ce film, c’est surtout une branche de l’arbre « Bad », album si controversé par le look et la blancheur d’une idole qui voulut peut être séduire un plus large public « america way of life », mais ce n’est que mon avis, et bien entendu, je le respecte, ah ! Néanmoins, et, c’est tout le paradoxe de l’artiste : avoir fait parler de lui tant par sa musique que par tout un cirque qu’il contribua parfois lui-même a créer laissant nombre de ses fans perplexes, en en perdant certains, mais en en trouvant également beaucoup d’autres. Le plus dur, n’est-ce pas, n’est pas d’aller au sommet, mais bien d’y rester.
Mais je m’éloigne du sujet. Retour à Sly que je contactais pour écrire un article sur son spectacle. Lui, son truc, c’est précisément les 80’s et surtout le Victory Tour de 1984, cette tournée que le Roi de la Pop ne voulait en aucun cas faire : d’une part, c’était source de conflits familiaux – papa et les frangins voulaient leur part du gâteau – mais il voulait également se concentrer sur son propre album, Thriller, le plus vendu de tous les temps, avec la rimbebelle de hits qu’on connaît, de Billie Jean à Beat It, et donc Thriller. Sans doute pour des raisons d’ego, mais surtout financières, le Victory Tour ne sortit jamais en vidéo ou DVD où tout ce que vous voudrez dans le genre. 1984 -2014 : l’occasion était ainsi trop belle : Sly mûrissait le projet depuis deux ans- en fait depuis l’anniversaire des 25 ans de Bad, en 2012- se disant qu’il serait dommage que le public, faute de médiatisation dudit Victory Tour, passe à côté de petites perles, chansons solos et groupe de cette époque.

 

 Les nouveaux enfants de Michael JacksonL’affiche du spectacle, les danseurs, et tout et tout…

Vendredi 14 h , le Majestic : cette fois-ci, tout commence avec une rencontre avec Tony, ou plutôt Don Tony, dont le nom, mais aussi le look évoque aisément l

es films de gangsters… ça tombe bien, l’Italie, c’est son pays. Il n’empêche, Don Tony est aussi Lyonnais – oui, je sais… – et chorégraphe, danseur, producteur et plein de trucs dans la même veine. Il possède un studio  – Mix’Dance Energy pour ne pas le citer – de danse à Rillieux-la-Pape dans lequel Sly prend des cours. Et, comme il le dit si bien :  » j’en ai vu des fous, mais à ce point-là… mais attention, il en faut de cette folie, car ce sont aussi des rêves… ».

Cette folie, c’est celle d’un appelou venu sur Lyon, bossant ici et là de quoi mettre ce fabuleux projet en place. Lorsqu’il en parle à Don Tony, celui-ci, n’hésite guère  » tellement le mec était sincère, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce milieu du spectacle ». Ainsi, le show qui est en ébullition dans le crâne de Sly se verra mit en place de A à Z par le producteur-chorégraphe. Le lieu ? Facile ? Le Majestic, salle de cinéma, mais aussi de spectacle à Firminy, là où tout à commencé, là où Smooth Criminal…enfin, vous savez. Les danseurs ?  Hum, c’est une longue histoire …
Mais comme on aime les longues histoires à Pourparlers….
Par qui commencer ? Il y a tout d’abord Cédric, la trentaine, qui a rencontré Sly lors d’un flashmob – des rencontres improvisées entre fans de Michael Jackson -sur Saint-Etienne, et qui a découvert Michael Jackson par le Best of paru en 1995 à l’occasion de la sortie de l’album History. Pendant 4 à 5 mois, il fera les trajets de sa bourgogne où il travaille, jusqu’à Lyon où se déroulent les répétitions, preuve de la motivation du danseur. Des mêmes répétitions où, hésitant entre deux blousons-costumes, Sly lui lancera le conseil suivant  » prends juste celui où tu es le plus à l’aise ».  L’occasion également de rencontrer la bien trop charmante – non, non, chut, restons pro… – Jennifer, qui, elle, entendit parler de Sly par sa tante, coiffeuse. En effet, en bon publicitaire, ou juste content de parler de son projet – ou les deux- Sly, alors qu’il se faisait dorloter les cheveux, raconta qu’il cherchait une danseuse pour son show… Le monde étant ce qu’il est, c’est à dire petit, la désormais fameuse tante lui parla de sa nièce, danseuse et … fan de Michael Jackson. Bon.

 

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Les danseurs, version Live… une photo Nicolas Maldant

Coïncidence ou le destin ? Jennifer, elle vous parlera plutôt de destin. Et puis cette période MJ 80’s correspond bien à ce qu’elle aime, surtout celle correspondant au premier album solo de la star, le trop méconnu disco-funk  » Off the Wall ». Cet album, le premier sans l’oppressante tutelle de papa, préfigure ce que va être Thriller, et à vrai dire, l’équipe est déjà la même. Si la belle – ooops, dsl  – Jennifer avoue un penchant pour cet album, c’est que celui-ci lui rappelle son père aujourd’hui décédé, également fan de Michael Jackson, et qui lui transmis donc le MJ Virus.

La seconde fille de la troupe, c’est Théoline, qui avoue d’entrée ne pas vraiment connaître la carrière de Michael Jackson. Elle m’apparait comme cash et donc sincère, et de plus avoue son crime : travailler dans une banque. Pourquoi a-t-elle voulu participer à l’aventure ?  » En fait, avec mon frère Thomas, également danseur, quand Tony nous en a parlé, on n’a pas vraiment hésité. On a fait confiance à Tony. On sait qu’avec lui les projets sont sérieux ». La motivation, là aussi, fut sacrément importante, puisque n’hésitant pas dans un premier temps à faire des trajets Clermont-Ferrant -Lyon, c’est ensuite de Paris qu’elle vint faire les répétitions. Même pas mal… Des rencontres, il y en eu tellement… impossible de tout citer… mais quand même,

N’oublions TPK, cadreur de son état et qui me raconta toutes ses aventures parisiennes ou il ouvre dans tous ces jeux-divertissements qu’on peut voir à la télé. Tout juste arriverais-je à savoir que Christian Morin – vous savez celui qui joue de la Clarinette- présentateur de la roue de la Fortune, est un type méga sympa et que Annie Cordy est une fille dont notre ami n’est pas loin d’être amoureux… malgré ses 86 printemps ! Coquin va. Mais encore une fois je m’éloigne du sujet. Décidément….

 

IMGP3406 300x225 Les nouveaux enfants de Michael Jackson

Le show commencera par « Wanna be startin’ somethin' », titre emblématique de Thriller… les danseurs sont costumés en Cow-boy pour Tony, Militaire pour Théoline, Flic pour Thomas et fille un peu voyou pour Jennifer -…. – et bien sûr, Sly apparait en Michael, veste, gant et chaussettes pailletés, pantalon et mocassins noirs. Le public est composé à la fois d’enfants de 10 ans… et de leurs parents. Mais attention, que l’on ne s’y trompe pas, les deux générations sont fans, et sans doute les aînés ont fait un passage de témoin aux premiers. Les chansons sont donc tirées des albums Off the Wall et Thriller, mais aussi de l’album Victory des Jacksons. Un écran géant accompagne les danseurs, les images de Michael Jackson défilent, mais aussi  de petits clips, comme celui de  » She’s out of my life » ou l’on voit une danseuse classique – Théo ? – danser devant la basilique lyonnaise – pfff –  de Fouvrière. La nuit étoilée, mélangée à son costume de soie, dansant avec le vent, donne une poésie toute en finesse et romantisme.

Bon, il faut bien aussi que je vous parle des lancers de bonbons. C’est Sly qui s’y colle en premier, et, évidemment, les enfants adorent.  D’ailleurs, ceux qui étaient au fond de la salle n’y restent pas longtemps, se rapprochant le plus possible de la scène dans le but évident de récolter le maximum de petits paquet Haribos. Certains marmots n’hésitent pas à me sauter par-dessus le corps pour aller tenter leur chance. Et je ne vous parle même pas lorsque ce fut les bouquets – oui, oui, des bouquets de mariés- qui furent lancés à leur tour.

Autres moments forts, des clips projetés sur l’écran – avec la présence de la petite Eva dans l’en d’eux- la chorégraphie de Thriller, avec les masques de zombies – et de l’aveu-même des danseurs :  » avec les masques, on ne voit rien, absolument rien, on est à l’aveugle totale, heureusement, le numéro ne dure pas longtemps » – et bien sûr, celle de Billie Jean, celle qui a rendu l’artiste tellement unique…

Allez une dernière touche 80’s pour la fin – après un numéro de danse  » Mortal Kombat », parodiant le célèbre jeu vidéo de cette décennie – on peut alors voir la troupe arriver dans des costumes… Star Wars…. Sly/ Michael étant Darth Vador, jouant avec son sabre laser  – « wouaahh t’as vu le sabre ? Je veux le même « , dirent alors les enfants.
Et c’était la fin, avec une explosion de confettis qui n’en étaient pas, mais tout comme. Restait l’ovation. Elle fut, comme on s’en doute, belle et puissante. Il faut dire que les spectateurs vinrent des quatre coins de la France pour soutenir Sly jusqu’au bout  dans son projet. Les applaudissements, nourris, durèrent bien cinq minutes, et, les lumières se rallumant, toute la troupe décida de rester sur scène, pour permettre à tous ceux qui le voulaient de prendre des photos, ce dont, bien sûr, nul ne se priva.
Il était donc temps de rentrer. Une dernière photo avec le héros du jour, et il fallait affronter la pluie qui s’était mise à tomber, pour changer. Cela n’enlèvera rien à la magie de la soirée. Voir tous ces gens venus des quatre coins de la France – et ce, tant pour les danseurs que le public- est sans doute la plus grande réussite de ce bon vieux Michael. Après tout, c’était bien cela qu’il prônait dans ses messages : aller l’un vers l’autre, briser ces frontières culturelles et géographiques. Alors, on pourra dire et penser tout et n’importe quoi sur le personnage, tant son statut d’icône vivante fut brouillé avec l’image qu’en renvoya certains médias, mais force est de constater que les hommages sont de plus en plus nombreux, et, surtout, lorsqu’on voit des enfants de 5 à 10 ans devenir également fan à leur tour, on se dit que l’empreinte qu’il laisse derrière lui est immense. Bien sûr, on fera toujours du business sur son cadavre – comme sur tous les cadavres, d’ailleurs : les beatles, Elvis, etc..-  cela n’empêchera jamais l’amour porté à un adulte qui n’avait d’ailleurs jamais vraiment grandi. C’est pour cela qu’il continue et continuera à toucher des millions de gens : il est l’enfant qui ne veut pas grandir en nous. Sly en sait quelque chose…

 

Photo du profil de Pascal pacaly
Pascal Pacaly n’est pas un écrivain comme les autres. Tombé dans la musique depuis qu’il est tout gosse, il a sillonné les routes de France pendant des années, à la rencontre des groupes de rock français. Proche de ces artistes hors normes, fasciné par ces parcours et ces histoires de sueur et de chair, il a recueilli des centaines de confidences exclusives, en traînant dans les concerts, les festivals, les bars, s’invitant même chez les musiciens… Le résultat ? Une incroyable série de récits sur les débuts de ces futures stars en herbe, et une plongée vertigineuse dans le destin de ces chanteurs qu’aucun obstacle ne pouvait détourner de leur but. On rit, on pleure, on plane, et surtout on comprend. On comprend ce qui fait, et fera toujours, la différence entre ceux qui rêvent leur vie… et ceux qui accomplissent leur rêve. Anaïs, Ange, Banane Métalik, Barrio Populo, BB Brunes, Bruno Cali, Cocoon, Emma Daumas, Fatals Picards, Guerilla Poubelle, Joseph d’Anvers, Justin(e), Kiddie Coke, Métal Urbain, Jipé Nataf/Les Innocents, No One ls Innocent, Olivia Ruiz, Pep’s, Prohom, Shaka Ponk, Silent Alice, Sliimy, The Arrs, The Penelopes, Thiéfaine, Ultra Vomit, Zaz : bienvenue dans le rock’n’roll circus made in France !
Biographie de l’auteur
Ecrivain et poète, Pascal Pacaly est né en 1977, près de Saint-Etienne. La plupart de ses livres sont des récits sur le rock français et international. Très ancré dans ce milieu, il a déjà publié Histoire(s) de mon groupe de musique en 2007, et Rock Stories voL 1 et 2, en 2009, avec la participation de Melle K, Dionysos, Matmatah et Didier Wampas.
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    Pascal Pacaly n'est pas un écrivain comme les autres. Tombé dans la musique depuis qu'il est tout gosse, il a sillonné les routes de France pendant des années, à la rencontre des groupes de rock français. Proche de ces artistes hors normes, fasciné par ces parcours et ces histoires de sueur et de chair, il a recueilli des centaines de confidences exclusives, en traînant dans les concerts, les festivals, les bars, s'invitant même chez les musiciens... Le résultat ? Une incroyable série de récits sur les débuts de ces futures stars en herbe, et une plongée vertigineuse dans le destin de ces chanteurs qu'aucun obstacle ne pouvait détourner de leur but. On rit, on pleure, on plane, et surtout on comprend. On comprend ce qui fait, et fera toujours, la différence entre ceux qui rêvent leur vie... et ceux qui accomplissent leur rêve. Anaïs, Ange, Banane Métalik, Barrio Populo, BB Brunes, Bruno Cali, Cocoon, Emma Daumas, Fatals Picards, Guerilla Poubelle, Joseph d'Anvers, Justin(e), Kiddie Coke, Métal Urbain, Jipé Nataf/Les Innocents, No One ls Innocent, Olivia Ruiz, Pep's, Prohom, Shaka Ponk, Silent Alice, Sliimy, The Arrs, The Penelopes, Thiéfaine, Ultra Vomit, Zaz : bienvenue dans le rock'n'roll circus made in France ! Biographie de l'auteur Ecrivain et poète, Pascal Pacaly est né en 1977, près de Saint-Etienne. La plupart de ses livres sont des récits sur le rock français et international. Très ancré dans ce milieu, il a déjà publié Histoire(s) de mon groupe de musique en 2007, et Rock Stories voL 1 et 2, en 2009, avec la participation de Melle K, Dionysos, Matmatah et Didier Wampas.

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