Le jour où les flics sont devenus gays…

Les Gay Truckers – camionneurs gays en Vf – ont encore démontré que leur réputation n’était pas usurpée. Leur réputation, quelle réputation ? Ben celle-ci

IMGP3067 300x166 Le jour où les flics sont devenus gays...Mieux que des prunes, des riffs… Ça sera donc le meilleur article jamais écrit sur les Gay Truckers. Définitif. Mise au point d’entrée. Ça, c’est fait. L’article ? L’article, les enfants, ça commence avec Montbrison Rock City ? Montbrison ? Sérieux, vous ne connaissez pas ? Normal. Une ville plutôt campagne avec un zeste de rock malgré tout. Faut juste bien penser à mettre les décibels dans l’oreiller. Au lieu de t’endormir, au lieu d’aller dans le club de boules ou dans le bistrot tu coin, tu branches ton plug-in, t’enfonces la prise sans forcément y mettre les les doigts et tu fais comme ces toutes assos, style Face B, Grain de Sable, Foreztival,  Yes High et bien d’autres : tu te bouges le cul, et tu fais péter les larsens dans la campagne à en faire trembler les boules, alors tu arriveras à quelque chose comme ce qu’il s’est passé vendredi soir. Un concert rock’n roll-reggae- électro bien comme il faut. Organisé par les asso précitées – des assos 42, donc – la soirée a amené sont lot de fidèles, puisqu’à peine trois heures avant le début de la première déflagration, on apprenait qu’il y avait 542 préventes. Ce qui n’est pas rien. Montbrison Rock City, rappelez-vous.
Mais revenons en arrière. Direction la gare de Montbrison, où Denis doit me chopper. Bien sûr, quand j’arrive, il n’est pas là. Je l’appelle sur son portable et je tombe directement sur sa messagerie. Bon…  Heureusement, il n’a que deux minutes de retard. Denis, c’est le manager des Gay Truckers, un mec qui a des étoiles tatouées dans le cou et qui a su garder son amour du rock, malgré diverses entreprises dans le business. D’ailleurs, les Gay Truckers ne s’y sont pas trompés, puisqu’ils venus le chercher pour prendre les manettes d’un groupe pas loin d’avoir ses dix piges. Le groupe, je le rencontre à l’espace Guy Poirieux, même si Denis se goure deux fois d’entrée. Non, ne vous inquiétez pas, je ne suis pas une balance, suis pas du genre à dire qu’il crèche à cinq bornes de là. Attendez, faut pas déconner.Bref, on arrive chez Guy et on serre la pogne aux gars du groupe, dont Vincent le gratteux qui n’hésite pas à s’affirmer en tant que leader du groupe…Sauf que, comme diraient les inconnus mode Mano, « y ‘a pas de leader, y’a juste Régis qui écrit les textes et qui chante, mais y’a pas de leader… » le temps de parler cul  » je te jure ce mec, à chaque fois que je le vois, ce mec est complètement déchiré, mais ça l’empêche pas de draguer hein.

IMGP3069 Le jour où les flics sont devenus gays...Et ça marche. Parfois » ou  » je l’ai rencontré l’autre dans la rue il me parlait de sa soirée avec une nana, olalala ».
À l’intérieur, l’endroit est plutôt cool, le self dans un coin, et la grande salle qui peut contenir plus de mille pelos a sur son sol des tas de petits carrés blancs mis les uns à côté des autres. Pour en former un grand. Dans quel but ? Pour une disco party ? Pour les extra-terrestres ? Mystère total. Le temps de descendre deux trois bières avec Denis qui me présente l’album du groupe Gina Simmons and the Nobodies. Il me dit qu’il faut que je l’écoute absolument, et à sa manière de parler, je soupçonne le mec d’être comme qui dirait amoureux de l’une des membres du groupe. En même temps j’dis ça, j’dis rien. Retour chez Guy et on tombe sur Damien, qui bosse chez Face B et le Foreztival, entre autres. Le gars est passionné, ça se sent :  » ce que j’aime, c’est monter des projets. On en a un bientôt au Château Goutelas. Y’a beaucoup de choses à faire sur Sainté et dans la Loire, plus qu’on croirait. Et on se donne la peine, les moyens que ça marche. On a fait pas moins de 15 000 flyers pour ce soir par exemple ». Et le résultat sera là, comme on le verra. Ouep
Après ça, on se tourne vers la scène, et les Gay Truckers font le boulot. Répétitions endiablées et le gars Denis qui prend le recul pour voir si tout est ok. Bon, ça a l’air de le faire. Et il vaut

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Denis :  » Prends-moi dans les chiottes, Pascal « . Bon. Ok.

mieux, le groupe joue dans la demi-heure qui suit. Le temps de grignoter deux trois crudités et vider notre trop plein dans les toilettes – où, d’ailleurs, Denis me lâchera  :  » vas-y prends moi en photo ici, c’est cool « . Bon. ok – on va chercher la came du merchandising, à savoir mes livres et pour Denis, cds, tee-shirts et décapsuleurs. Puis les premiers spectateurs arrivent et les Gay Truckers débarquent sur scène. Oh man ! Régis envoie le premier riff ! C’est outrageusement et scandaleusement bon : les cops sont dans l’arène, sirènes hurlantes, Régis au micro, la première hurlante,  » Peter Crouch  » – du nom d’un ancien joueur de foot de Liverpool – crache son tempo excité. Le public ne s’y trompe pas : ces mecs costumés en poulet – euh, flics- savent la jouer et la donner. Puis on enchaîne avec  » super cop’  » la bien nommée qui donne toujours autant envie de faire des bons. Denis, lui, n’y résiste pas. Le mec s’est pointé devant le groupe et putain, Bruce lee était un guignol à côté de lui. Fallait le voir le gars, bouger dans tous les sens, monter sur scène, chopper un micro et gueuler, puis redescendre dans la salle et continuer sa gym. Impressionnant. C’est sans doute ça de pas avoir de gamins : on a encore deux trois piles dans le moteur…
Les titres défileront les uns après les autres : faut dire que c’est le moment où jamais : le groupe vient de sortir son premier album, donc promo à outrance. Bon, ok, j’avais dit que je ne dirais pas que les gars ont oublié de dire au public que justement, cet album était tout beau, tout chaud comme il faut. Je me tairais donc pour ne pas leur foutre trop la honte. N’empêche, là, je crois qu’on a bien compris, inutile d’en rajouter une couche et de répéter une nouvelle fois que leur album vient juste de sortir dans les bacs. Non, n’abusons pas. Sauf des bonnes choses ALBUMMMM GAYYY TRUCKERSSSS DANS LES BACCCSSS. Après les Gays Truckers, place à L’Entourloop, clairement plus électro, et ma foi, je dois bien l’avouer, je me surprends à aimer. D’ailleurs, je suis loin d’être le seul, le public étant désormais de plus en plus conséquent.  Évidemment, qui dit reggae et électro – les autres groupes suivant : Panda Dub, Brain Damage et Tha Trickaz -dit public jeune, public verre à la main, public joint, dansant à pas léger, parfois comme des Indiens en pleine cérémonie. Un style, quoi. Puis je tombe sur une nana qui me dit qu’elle est.. bergère. Au début je me dis qu’elle se fout littéralement de ma gueule, mais plus la conversation avance, plus je me rends compte que tout ça est vrai. Soit disant, qu’elle garde un troupeau de 1500 brebis pendant quatre mois dans je ne sais plus quelle montagne. Qu’elle n’a ni télé, ni téléphone, ni internet, juste un lecteur DVD. Comme elle venait juste d’acheter un décapsuleur Gay Truckers je lui balance alors que c’est une bonne idée qu’elle peut désormais nous acheter un pack de bière. Elle me répond qu’en fait elle n’offre à boire qu’à des filles. Ok, elle est lesbienne, mais pas grave, j’en remets une couche en lui disant que personne n’est parfait et qu’elle peut, qu’elle doit malgré tout payer sa tournée. Bon, elle se défilera, disant qu’elle doit d’abord pisser un coup. Après tout, c’était peut-être vrai. Allez savoir, les filles…

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Il y avait une femme coincée dans des toiles d’araignées. Voilà ce que c’est de trop regarder le Hobbit… Les toilettes sont d’ailleurs des endroits qui ne cesseront de me surprendre. Parce que, cette fois, pour le coup, ça papote sévère. Ça commence par un gars posté à deux chiottes de moi et qui me dit  » ah je pensais que mon voisin me parlerait un peu plus ». Je remballe le package, lui adresse un vague sourire, histoire d’être poli, mais sans plus,  pour ne pas trop l’encourager non plus. Plus loin, un type demande à un autre  » t’as quel âge ? »  » 18″ répond l’autre,  » moi 31″ reprend le premier. J’essaye de ne pas trop comprendre le but de la manoeuvre et trace ma route. Plus tard, il faudra faire taire un type bien allumé – comprenez bourré – qui n’arrête pas de brailler des chansons de Stromae. Classique, quoi.
Soyons honnêtes, je ne pourrais vous raconter la fin de la soirée. Faut dire ce qui est, au stand, parfois on bosse. Les gens feuillettent les livres et on fait sa pub, on partage et ma foi c’est assez cool. Forcément, la musique, on passe un peu à côté. En tout cas, la salle était bien pleine et les bières coulaient à flot, tellement à flot que deux types sont venus m’en refiler des gratos. Eux-mêmes en ayant eu un peu trop, ils ne savaient qu’en faire. Venez, venez par là braves gens !
Au self, on se retrouve avec tout le groupe, entre crudités et chou chinois. Va pour une bière. Une grande partie de la soirée, je la passe avec Stéphane, batteur du groupe. On refait le tour de la planète rock et ma foi c’est pas désagréable, même si je soupçonne qu’il ne me cause juste pour être dans l’article, car sur le trajet du retour, Denis me diras  » ça faisait vraiment longtemps que je n’avais pas vu Stéphane parler aussi longtemps ». Hum. Méfiance. Arriviste ou vrai Gay (Trucker) ? Oh bon, ça va, si on peut plus rigoler cinq minutes… et puis un groupe qui s’appelle Gay Truckers avec ni un seul gay, ni un seul camionneur, ça fait vraiment pas sérieux….donc pour la cause, Stéphane va se sacrifier. En plus il m’ a quand même avoué qu’à chaque fois qu’il y avait une nana dans le groupe, il n’arrivait pas à adhérer plus que ça, et encore je suis gentil dans mes propos…. donc, si ça, c’est pas un signe. On rigole – quoique – mais Stéphane est cool, c’est le mec très tranquille, zen, posé, qu’on ne verrait pas de prime abord derrière les fûts. Et pourtant, le type assure grave, il faut le voir se lâcher sur  » Sex Drug Army  » ou  » Party Animals » pour comprendre qu’il n’est pas prêt de laisser sa dose à un autre. En parlant de batteur, il faut savoir que les Gay Truckers on une manière bien à eu de le recruter.

IMGP3069 300x225 Le jour où les flics sont devenus gays...Si, si… écoutez-donc.
L’histoire se passe lors de l’enterrement de feu Hamani, un mec rock DIY sur sainté, tenancier du local « Sauf Imprevus ». Sur le trajet du retour, Renaud guitariste-man est avec Pierre-Yves, batteur d’alors et les deux discutent avec Antoine, pote de pote de pote, enfin vous connaissez la chanson. On revient donc de l’enterrement et on est comme qui dirait supposé être triste, et d’ailleurs, on l’est. Mais naturellement on bifurque sur le rock, et ce qui devait arriver arriva. Renaud saisit la balle au bond et demande à Antoine si ça le brancherait de jouer dans les Gay Truckers… le mec acquiesce. Voilà à quoi servent les enterrements… Putain, tout fout le camp. Bon, en même temps, Hamini, ça l’aurait sans doute bien fait marrer, un truc comme ça. Après tout, les rencontres rock, c’était son truc, alors… Alors, on finit la soirée avec Régis, Denis et Stéphane.  Accoudés au bar on se met à parler de Kurt Cobain – ne me demander pas pourquoi, aucun souvenir sur ce sujet – et ça dérive sur les morts rock’n roll, ceux étouffés dans son vomi, ou sur le trône pour le King, pas terrible comme fin, hein. Mordicus, je soutien que la plus belle mort est celle de Michael Hutchence, alors leader d’INXS. Le mec fut retrouvé « pendu » dans une suite d’hôtel. Mais des recherches un peu plus poussées nous dirigeraient plutôt vers un trip SM…
La soirée n’aurait pas pu être complète et inoubliable sans la rencontre de Patrick Jasserand, chef de file d’une asso ciné sur Sainté et Montbrison, et qui a réussi à faire de la musique avec une bouteille de Badoit rouge. Le mec est complètement déjanté – et sans doute bien bourré, ceci expliquant cela – mais juste comme il faut. Il délire à tout va, mais ça reste cool, aucune agressivité, voire plutôt des calins…
Bon, trois heures du mat’, voire plus. Avec Denis on va se pieuter. Dans la même demeure, mais pas forcément ensemble. Le bonhomme a une maison dans le coin, et quelle maison, que dis-je, une villa, bref, le genre d’endroit qui vous donne soit l’envie de finir gay – ouais ouais facile je sais…-  ou de tuer le propriétaire des lieux et manigancer un plan pour récupérer la piaule. Mais bon, faut croire que je suis faible, et puis Denis a le bon goût d’avoir mes livres sur ses étagères…. Sans parler des posters mode ASSE, des écharpes du Barca, des milliers de cds, de DVD, des caisses de bières et du bon matos pour zikos, entre guitares, batteries et amplis, bref, la totale.

 

« He likes rock’ n roll » lalalalalala….and beer…..

La nuit sera courte, mais régénératrice. Il y aurait encore bien des choses à raconter, comme ce qui se passa alors que Denis était sous la douche – mais il m’a fait jurer de ne rien dire et cette fois-ci je tiendrais ma parole. Comme pour les documents relatifs à la mort de JFK, comme pour Roswell ou Jack l’Éventreur, il faudra attendre la mort de quelques témoins un peu trop gênants et une bonne quarantaine d’années avant que la vérité n’éclabousse Pourparlers.eu…
Et non, ce n’est pas une histoire de savon…

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Pascal Pacaly n’est pas un écrivain comme les autres. Tombé dans la musique depuis qu’il est tout gosse, il a sillonné les routes de France pendant des années, à la rencontre des groupes de rock français. Proche de ces artistes hors normes, fasciné par ces parcours et ces histoires de sueur et de chair, il a recueilli des centaines de confidences exclusives, en traînant dans les concerts, les festivals, les bars, s’invitant même chez les musiciens… Le résultat ? Une incroyable série de récits sur les débuts de ces futures stars en herbe, et une plongée vertigineuse dans le destin de ces chanteurs qu’aucun obstacle ne pouvait détourner de leur but. On rit, on pleure, on plane, et surtout on comprend. On comprend ce qui fait, et fera toujours, la différence entre ceux qui rêvent leur vie… et ceux qui accomplissent leur rêve. Anaïs, Ange, Banane Métalik, Barrio Populo, BB Brunes, Bruno Cali, Cocoon, Emma Daumas, Fatals Picards, Guerilla Poubelle, Joseph d’Anvers, Justin(e), Kiddie Coke, Métal Urbain, Jipé Nataf/Les Innocents, No One ls Innocent, Olivia Ruiz, Pep’s, Prohom, Shaka Ponk, Silent Alice, Sliimy, The Arrs, The Penelopes, Thiéfaine, Ultra Vomit, Zaz : bienvenue dans le rock’n’roll circus made in France !
Biographie de l’auteur
Ecrivain et poète, Pascal Pacaly est né en 1977, près de Saint-Etienne. La plupart de ses livres sont des récits sur le rock français et international. Très ancré dans ce milieu, il a déjà publié Histoire(s) de mon groupe de musique en 2007, et Rock Stories voL 1 et 2, en 2009, avec la participation de Melle K, Dionysos, Matmatah et Didier Wampas.
  • Pascal Pacaly n'est pas un écrivain comme les autres. Tombé dans la musique depuis qu'il est tout gosse, il a sillonné les routes de France pendant des années, à la rencontre des groupes de rock français. Proche de ces artistes hors normes, fasciné par ces parcours et ces histoires de sueur et de chair, il a recueilli des centaines de confidences exclusives, en traînant dans les concerts, les festivals, les bars, s'invitant même chez les musiciens... Le résultat ? Une incroyable série de récits sur les débuts de ces futures stars en herbe, et une plongée vertigineuse dans le destin de ces chanteurs qu'aucun obstacle ne pouvait détourner de leur but. On rit, on pleure, on plane, et surtout on comprend. On comprend ce qui fait, et fera toujours, la différence entre ceux qui rêvent leur vie... et ceux qui accomplissent leur rêve. Anaïs, Ange, Banane Métalik, Barrio Populo, BB Brunes, Bruno Cali, Cocoon, Emma Daumas, Fatals Picards, Guerilla Poubelle, Joseph d'Anvers, Justin(e), Kiddie Coke, Métal Urbain, Jipé Nataf/Les Innocents, No One ls Innocent, Olivia Ruiz, Pep's, Prohom, Shaka Ponk, Silent Alice, Sliimy, The Arrs, The Penelopes, Thiéfaine, Ultra Vomit, Zaz : bienvenue dans le rock'n'roll circus made in France ! Biographie de l'auteur Ecrivain et poète, Pascal Pacaly est né en 1977, près de Saint-Etienne. La plupart de ses livres sont des récits sur le rock français et international. Très ancré dans ce milieu, il a déjà publié Histoire(s) de mon groupe de musique en 2007, et Rock Stories voL 1 et 2, en 2009, avec la participation de Melle K, Dionysos, Matmatah et Didier Wampas.

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