« Il ne s’agit pas de faire de la Cosm’éthique »

Jean-Luc Gambiez, ancien cadre dirigeant d’entreprise,  membre des EDC (1), est aujourd’hui impliqué dans Habitat et Humanisme. Il explique sa vision de l’éthique en entreprise.

L’éthique a-t-elle sa place dans la vie de l’entreprise ?

Jean-Luc Gambiez" Mener la guerre des prix à ses fournisseurs, en les mettant sous stress est déstructurant. "
Jean-Luc Gambiez Mener la guerre des prix à ses fournisseurs, en les mettant sous stress est déstructurant.

L’entreprise est une association a but lucratif. Elle soit dégager des profits pour les actionnaires, donner un digne et juste salaire aux salariés. Toutefois, c’est la « dimension humaine » qui est la plus riche va donner 40 ans de sa vie et 8heures par jour : s’il ne trouve pas un accomplissement de sa personnalité profonde , c’est un vrai martyr ! L’éthique a une place primordiale dans la vie de l’entreprise, communauté humaine de travail. L’entreprise est à la fois le lieu de construction de l’homme  (acquisition, par le travail, de compétences, de considération, du sentiment d’utilité sociale, de dignité). Le travail structure la société (innovations, rencontres, partages). Le salaire que nous y gagnons nous donne des ressources pour vivre. Nous apportons dans le travail une dimension morale et spirituelle ; pour les chrétiens, le travail participe à l’œuvre créatrice. Mais en même temps, sous la force de nouveaux paradigmes, l’entreprise peut être aussi un « lieu où l’homme est mis en cause » (individualisme, rapports de force, obsession de l’argent, violences dans le travail avec corruption, fraude, travail au noir, harcèlement, travail en miettes, attitudes guerrières…) Derrière tout cela que sera une authentique éthique pour la vie en entreprise et au travail ?

Est-ce que l’éthique n’est pas aujourd’hui dans le langage du management comme le « green washing », une mode pour se donner bonne conscience et gagner des parts de marché en repeignant tout en vert ou en rose ?

Quand on parle de chartes éthiques, s’agit-il de belles paroles  -de la  cosm’éthique-  ou des convictions traduites en actes ? Il y a aujourd’hui un foisonnement de déclinaisons de l’éthique en entreprise  (chartes éthiques, fonctions de déontologues, rapports de développement durable, agences de notation éthique, …etc.) Mais, attention, il s’agit de ne pas se laisser prendre au piège : par exemple le courtier en énergie ENRON affichait avant sa faillite l’une des chartes d’éthique les mieux « bétonnées » des USA, et pourtant… !!! Une charte ne remplace jamais le vécu concret dans les relations au sein de l’entreprise. Les EDC estiment néanmoins qu’afficher une déontologie peut être positif, notamment si son processus d’adoption et de réalisation associe tout le monde de l’entreprise et pas seulement quelques managers…

Précisément, vous estimez qu’une telle charte doit concerner tous les partenaires y compris les relations avec les fournisseurs…

L’éthique en entreprise doit concerner toutes les « parties prenantes » de l’entreprise : les clients, les managers, les salariés et les institutions représentatives, les actionnaires (shareholders pour les anglo-saxons). Mais aussi le 2ème cercle (stakeholders ) avec les fournisseurs, les assureurs (dont la CRAM), les administrations exerçant un contrôle (DRIRE, DDTEFP), les collectivités locales et territoriales, les voisins, les organismes de défense de l’environnement, les organismes d’aide à l’innovation et à la recherche, les banques et organismes financiers.

Propos recueillis par Jean-Pierre Jusselme

(1)Assez peu nombreux sur la Loire qui ne compte que trois équipes, les Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens seraient 2000 en France, et 300 en Rhône-Alpes. Le livre de Michel Cool, journaliste du Pèlerin va peut-être les faire sortir du bois. Pas un lobby, pas un groupe d’intérêt, ni encore moins des originaux ou des marginaux dans un patronat français, caricaturé sans scrupule, ni mœurs. Les EDC essaient juste de vivre « des principes de la pensée sociale chrétienne découlant de la vertu de charité ». Les EDC et les patrons chrétiens ne se distinguent donc pas aisément des « patrons humanistes » si ce n’est même s’ils puisent leur « manière de vivre et de s’engager, non pas dans une doctrine, une morale ou des sentiments altruistes, mais dans l’amour de Dieu. »

 

Photo du profil de Jean-Pierre Jusselme
Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, « Radio Libertés », et une régie mulitmédia « CPC 3.00 », l’heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode « rebelle ». A suivre…
  • Photo du profil de Jean-Pierre Jusselme
    Article By :
    Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, "Radio Libertés", et une régie mulitmédia "CPC 3.00", l'heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode "rebelle". A suivre...

Laisser un commentaire