Le chien Pilou est un déchet de catégorie 2 pour Incinéris

Enquête sur  la filière d’incinération des dépouilles d’animaux de compagnie et la société Incineris.

« Pour des adieux dignes de confiance confiez leur corps à votre vétérinaire ». Le dépliant d’Incinéris est beau, apaisant, réconfortant, incitatif : « Plus respectueux que l’équarrissage ou l’enfouissement, l’incinération. ». Largement diffusé, le dépliant est sur toutes les banques des cliniques vétérinaires de l’agglomération stéphanoise. Le message est limpide : un protocole cool, sans soucis, garantissant une prise en main par des « pros » de la dépouille du gentil Pilou. Peut-être faut-il savoir lire entre les lignes ?

Incineris, les pros de l’incinération d’animaux

animal1La compagnie Incinéris est gérante du colombarium Chateau gaillard dans l’Ain, près de Bourg-en-Bresse. Elle réalise l’opération, se chargeant même de récupérer le corps chez le vétérinaire. La société a neuf succursales implantées dans toutes la France et jusqu’au Pays-Bas. Incinéris est une marque déposée de « La Compagnie des Vétérinaires », un GIP. Le service d’Incineris a tous les labels et certifications possibles. Un des gérants de site invité à s’expliquer sur le professionnalisme de son activité explique son parcours du combattant dans un article assez complaisant. La société bénéficie de l’estampille du référencement Il bénéficie d’un référencement élogieux sur le site et dans les publications de 30 Millions d’amis.

Dieu que le paradis des animaux est prospère.

Bannière-page-FB-4Incinéris est en situation de quasi-monopole. Toutes les cliniques vétérinaires contactées par Pourparlers le proposent « comme une solution adaptée aux conditions sanitaires et au respect dû aux petits amis à quatre pattes » comme l’explique ce vétérinaire qui souhaite rester anonyme. Effectivement la filière a de beaux jours devant elle : 93 % des propriétaires d’animaux de compagnie au cabinet vétérinaire pour gérer la dépouille de leur compagnon.
L’incinération, il la vaut bien
Les normes d’enfouissement dans des jardins privatifs sont strictes, mais les conditions psychologiques de l’équarrissage plutôt difficiles aujourd’hui pour des familles. « On tolère des rites funéraires » explique ce gérant d’Incinéris. Le prospectus n’affiche pas de chiffres du coût du service, renvoyant à une convention postérieure ces questions a priori « bien accessoires. » Après enquête, un premier devis nous est donné : coût de la facture pour un service bas de gamme : 70€ pour une crémation collective, 250 € pour une individuelle. La formule est triple : incinération individuelle, collective ou accompagnée, la Rolls-Royce des « prestas » Les familles peuvent être présentes et à l’issue de l’opération, de la « célébration », les cendres seront remises aux familles ou transmises par les bons soins du vétérinaire. Pitou peut être incinéré et ses cendres recueillies dans une belle urne déposée sur la cheminée. Parfois des sacs de cendres se mélangent, mais là encore la filière tend à se professionnaliser d’un point de vue d’une éthique du service. Au fond, Medor est comme Victor : l’incinération il la vaut bien. Le deal proposé par Incinéris séduit donc, car il est cool sur le papier. Pas de lézards dans ces histoires de chats et chiens ! ?

Le jardin des souvenirs est une décharge

Cette filière là est convenable. Selon la rédaction de Pourparlers, le Hic est ailleurs. Sur la prestation « Jardin des souvenirs ». Le dépliant, assez ancien mais encore en circulation, sert de viatique pour les familles. Nos témoignages sont concordants. Il y a tromperie implicite sur le service. Dans le dépliant, le « jardin des souvenirs » est photographié. Petite pelouse, analogie évidente avec un « carré » de cimetière, promesse d’un lieu décent de repos éternel. C’est là que le bât blesse. Pour les cendres en déshérence, la dignité des adieux et le respect dû à ce petit corps objet de tant d’affections s’arrête là ! Le centre d’enfouissement de Bourg-en-Bresse le confirme les cendres des animaux atterrissent bien à la décharge – pardon au centre d’enfouissement- comme des déchets de catégorie 2. A la décharge d’Incinéris, les documents sur le site sont bien plus explicites précisant qu’en cas « d’incinération sans restitution de cendres, les cendres sont enfouies conformément à la réglementation en vigueur. » Le commercial d’Incineris reconnaît la passe en retrait mais se défend sur l’intention « on respecte la dépouille de l’animal jusqu’à l’incinération. Il faut bien savoir que depuis l’affaire de la vache folle et des virus trans espèces, on est réglementé. On n’a plus droit de les balancer dans la nature. » La totalité des cliniques « vétos » sont complices de cette passe en retrait, faite sur la crédulité des familles, en deuil de leur animal de compagnie. Le petit jardin a disparu de la nouvelle plaquette. Fermeture des bans ! Pas de quoi fouetter un chat ?

Jean-Pierre Jusselme


Quand les forums donnent la puce à l’oreille

juin_2007_034Internet et ses forums sont implacables. Des milliers de traces recoupées ne font pas un procès, mais laisse entendre un soupçon concordant d’indices.
Le traitement final est loin des promesses escomptées. Le service est loin d’être irréprochablee comme le prouve cette passe d’arme sur le forum au féminin  (lire ci-dessous) Quelques coups de téléphones de Pourparlers aux cliniques vétérinaires le prouve : les angles sont arrondis, les questions éludées. Ou cet autre qui démontre de vrais manques de tact.
Pas besoin d’être grand clerc pour deviner à travers ces récriminations la complicité tacite des « vétos » soulagés du « service post opératoire ». A qui la faute ? Pour une cliente mécontente, combien de satisfaits muets ? Soit !

Jean-Pierre Jusselme

« L’arnaque est bien réelle »

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Les cendres des animaux de compagnie finissent au centre d’enfouissement comme déchet de catégorie 2.

« J’ai cherché sur internet plus de précision sur l’incinération des animaux de compagnie, et je suis tombée sur le témoignage de plusieurs personnes ayant confié cette tâche à leur vétérinaire, et qui l’ont vivement regretté. En effet, malgré un dépliant tout ce qu’il y a de plus attirant et vantant le respect avec lequel vos compagnons seront traités, ces personnes n’ont pas pu assister en toute transparence à cette crémation, lorsqu’ils avaient opté pour la crémation « individuelle ». Et pour cause: les vétérinaires sont déjà bien souvent en possession des corps, il leur est facile d’avoir « la matière première ». Seulement il y a tellement d’animaux que le ramassage des corps des différentes cliniques vétérinaires se fait toutes les semaines en 38 tonnes, les animaux sont déchargés au tractopelle (5 quais de débarquement pour le centre d’incinération de ma région) dans des fours d’une capacité de 500 kilos de chairs. L’arnaque est donc bien réelle, puisque votre vétérinaire vous aura fait payer une somme importante pour ce simulacre d’incinération qui est tout sauf individuelle! Les cendres que vous auriez récupérées n’étant même pas de ce fait celles de votre animal…Pour ceux qui penseraient que j’exagère, j’ai eu ces données par une personne qui y a travaillé un temps. Je ne vous demande pas de me croire, mais s’il vous plait posez des questions, renseignez vous, demandez à y assister, si tout le monde fait ces demandes, cela pourra contribuer à faire la lumière sur ces faits, en mettant ces organisations en difficulté. Pour ma part, je considère que le respect dû à son animal ne s’arrête pas à sa mort, et qu’il est de notre devoir de maître et d’ami d’y veiller jusqu’au bout. »


Faire son deuil devant une usine

Dans la région de Saint-Etienne, ils sont quelques uns est à être tombé dans le panneau, du subterfuge subtil, de faire passer un centre d’enfouissement, pour « jardin des souvenirs », sorte de cimetière passage obligé vers le Paradis des animaux.

Jean-Marc est atterré. En colère. Scandalisé. Son chien Pilou, 13 ans est décédé de complications cardiaques lors d’une intervention chirurgicale sur une hernie discale. « On a été pris de cours, explique t-il. La clinique Salacroup du Chambon-Feugerolles joue son rôle de prescripteur et propose de recourir aux services du colombarium de Château-Gaillard. « On ne pouvait pas l’enterrer dans le jardinet de notre lotissement car les normes sont strictes : à 50 mètres d’un point d’eau et à 1 mètres de profondeur et  il faut aussi répandre de la chaux vive sur le corps »
Jacqueline elle s’est rendue à l’évidence. Il faut euthanasier son caniche gris Polux. Après 14 ans de compagnonnages, la nouvelle est rude, mais salvatrice. La clinique de la Rue Bergson rend son verdict. Ils ont la même plaquette séditieuse. Faute d’argents, elle ne peut payer  la prestation de luxe. Jacqueline opte pour une prestation « bas de gamme », mais avec garantie d’un épandage en terre noble. Prise d’un doute, elle téléphone à Incinéris quelques jours plus tard, souhaitant se rendre sur le carré « où serait épandues les cendres du caniche ». Le gérant du lieu est évasif mais confirme un épandage. Quelques jours plus tard, prise de remords et pour vivre un deuil légitime, elle décide de « monter à Château gaillard pour mettre un plante ». Le choc est frontal. Au lieu de se recueillir dans le jardin des souvenirs, elle se trouve devant la réalité d’un centre d’enfouissement. Manipulation commerciale ? Abus de faiblesse ?

Jean-pierre Jusselme


L’œil de l’expert

Par une lettre 07 mars 2011, le docteur Gérard Vignault, président du Conseil régional de Bourgogne de l’ordre des vétérinaires, attire l’attention de Michel Baussier, président du Conseil Supérieur de l’Ordre des vétérinaires sur trois points :

dessin-animé-sherlock-holmes-avec-une-loupe-214482551 le flou des conventions et de la facturation « Le vétérinaire Legroux ne m’a pas informée qu’il était client de la CIAF et qu’il reversait de l’argent à cette compagnie d’incinération. Le vétérinaire ne m’a pas dit qu’il percevait de l’argent sur la totalité des frais de l’incinération. » explique Céline Brisset « Les conventions d’incinération ne sont pas assez précises sur les responsabilités, les droits et devoirs de chacun. » explique le président de l’Ordre régional qui regrette le système de facturation unique.   “Le système actuel consiste en un encaissement d’un prix global par le vétérinaire comprenant sa prestation et celle de la CIAF ». Le praticien précise :

« Pour l’image de la profession, je préférerais que les services rendus par le vétérinaire (formalités, signature de la convention, mise au frigo dans l’attente du camion, mise en housse), puissent être facturés par le praticien (de 30 € à 70 €, selon les vétérinaires) et que l’incinération soit facturée par la société qui gère cela. Il y aurait davantage de transparence (…).

2/L’obligation de dignité : « L’obligation de présentation du cadavre n’est pas honoré » regrette le Docteur Vignault. Comme le souligne les déconvenues vécues par Céline Brisset, le salon des adieux, des soins thanatopraxies sont une case largement ignorée par le système. Là encore, la loi comme la déontologie, sont d’un silence de plomb. Le Conseil de l’ordre en Appel soutient «qu’il n’ a pas à répondre disciplinairement des agissements imputés à un prestataire de services intervenu ultérieurement ».

3/ Le docteur Vignault regrette que « La caution vétérinaire soit mise en avant dans ses dépliants par la CIAF au mépris des règles de la concurrence. » Là, c’est le système dans sa globalité qui est critiquable. La CIAF regroupe des vétérinaires. Le soupçon de compérages n’est jamais loin. Dans la réalité, mais aussi dans les pratiques. Par omission. « Le vétérinaire Legroux m’a orienté exclusivement vers la CIAF (Incinéris – Compagnie des vétérinaires), J’ai réglé la totalité des frais pour l’incinération au vétérinaire Legroux. »explique Céline Brisset.


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Vous êtes nombreux depuis 3 années  à lire les deux pages d’enquêtes consacrées à Incineris et à la filière d’incinération animale.  Les deux sujets ont rassemblés plus de 15 000 visiteurs uniques avec un taux de rebond intéressant ( des lecteurs intéressés qui lisent jusqu’au bout l’article). Le sujet passionne. Il a été repris dans les forums. Il suscite sur notre site un trafic constant avec beaucoup de questions et d’inquiétudes. Notre équipe a été contactée par une équipe d’enquêtes de la TV. Malgré des pressions de la société concernée, notre rédaction souhaite compléter ce dossier en réalisant une carte de France des incinérateurs indépendants et un annuaire des professionnels indépendants.  C’est le souhait de nombreux particuliers de recevoir des recommandation. Alors, si vous partagez notre combat pour la vérité, soutenez nous. Merci !  

Choix 1

animal1En adhérant (15€) comme particulier ( fiche d’adhésion ci-dessous) Chèques à l’ordre de : Pourparlers 13 rue Alphonse Merrheim 42100 Saint-Etienne

Choix 2

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-la réalisation d’un annuaire dans les deux articles avec rappel des coordonnées et d’un texte court décrivant leur activité.

-Un slide dans les deux articles avec une photo, coordonnées et petit pitch.

 

Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, « Radio Libertés », et une régie mulitmédia « CPC 3.00 », l’heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode « rebelle ». A suivre…

Jean-Pierre Jusselme

Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, "Radio Libertés", et une régie mulitmédia "CPC 3.00", l'heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode "rebelle". A suivre...

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