Renaud Denis nous donne les clefs du crowdfunding

Besoin d’argent pour vos projets? by Pourparlers on Mixcloud

Crowdfunding rime t-il avec citoyenneté ?
Pourquoi croire dans le crowdfunding. Le cas stéphanois décortiqué
En mars, l’autorité des marchés financiers (AMF) publiait conjointement avec l’Autorité de contrôle prudentiel de la Banque de France un guide prudentiel à destination des plate-formes et des porteurs de projets. Un tacle ? Non ! Une Bonne nouvelle pour les associations et porteurs de projets, ce guide laisse une large marge de manoeuvre pour lever de l’argent en crowdfunding. Sur la Loire, un groupe accompagné par Zoomacom est en phase de tests avec une amorce de rencontre avec les banques. Rencontre avec Renaud Denis, salarié de Zoomacom et initiateur du groupe crowdfunding à Saint-Etienne

Besoin d’argent pour vos projets? by Pourparlers on Mixcloud

 

Renaud Denis

Besoin d’argent pour vos projets ? Envie de construire une serre. Désir de créer un vêtement « Go for it ».  Monter une fête de quartiers alors que les subventions publiques baissent et que les tombolas classiques ne déchainent plus les passions. Monter un projet étudiant, histoire de se faire la main entre la fin de ses études et le monde pro. Nécessité de mettre en place un recyclage urbain de légumes et fruits. Depuis décembre 2012, des projets sont sur le zinc du Comptoir numérique. Il y en a pour tous les goûts, mais surtout pour toutes les bourses. Lancé en novembre 2012 comme  un  événement Face Boook  « Besoin d’argent pour vos projets ? », le groupe a pris la vague de la déferlante crowdfunding, une lame de fonds qui a levé en deux années plusieurs milliards d’euros. A Saint-Etienne, « Rafi » a remporté un succès d’estime pour le financement d’un film « Le lit ». Cela  a ouvert l’intérêt et la curiosité et aiguisé les appétits. Faut-il rester sur la grève?

Business training : « C’est pas magique » Renaud Denis
Les projets sont donc entre les mains du groupe « oui share » et de l’Asso camp de Zoomacom. Tous les mardis soirs, ce petit groupe de convaincus, certains membres du mouvements « Oui share » viennent exposer leur projet, travailler ensemble sur la communication, le budget prévisionnel, les partenariats.  C’est du business training. « Ce n’est  pas une méthode magique »met en garde Renaud Denis. Des projets n’ont pas abouti, faute sans doute d’un cadrage suffisant.« Pour autant, les cercles de confiance s’élargissent », précise Renaud, qui les coache, et donne le « La » à la manœuvre. Le groupe, la petite « cellule managériale » a phosphoré et documenté une base  d’intelligence collective sur le wiki de la Cyberloire, vade-mecum opérationnel d’un processus de crowdfunding. Désormais le groupe fait office de « business angel » et de « conseiller financier ».  Et de community manager, car là plus qu’ailleurs la fracture numérique est le juge des élégances.« Les associations ou porteurs de projets ne sont pas forcément initiés aux codes et arcanes de la communication numérique et des réseaux sociaux, second poumon du crowdfunding »

Un processus encouragé par les pouvoirs publics, porté par des militants et suivi par des citoyens
Le groupe est financé dans le cadre des Assocamp, comme un projet de la CyberLoire encouragé par le Conseil général et abondé par des participations de Saint-Etienne Métropole et de la Ville. Autant dire que derrière la démarche, se joue aussi un processus de Bien public et d’intelligence collective ( Movilab » dans le jargon) « Les consignes pour entrer dans la levée de fonds du financement participatif sont mises en ligne en toute transparence sur le site de la RDAC » explique Renaud qui pointe les dimensions de service public et d’intelligence collective de la démarche. Depuis huit mois,  le groupe fonctionnant sur de la veille a « balisé » le projet. C’est à dire rempli les fiches, identifié les plate-formes, mis en place une volonté. Les sommes visées sont volontairement modestes, histoire de faire un tour de chauffe. Une commission est envisagée à Zoomacom en cas de succès. « on demande aux porteurs de projet une contribution volontaire à hauteur de 2 a 3% »pour autofinancer . Rien d’obligatoire, mais un peu comme une obole à la fin de la messe.

Logique de Dons contre dons dans une « économie de la confiance »

Renaud Denis met son grain de SEL

Les convaincus, les militants sont aussi membres des « Oui-share », une tribu qui vient d’avoir ce printemps son grand rassemblement et porte les valeurs du « slowtourism », du « couchsurfing » et les projets de la consommation collaborative. Une tribu qui pèse comme une Nation avec ses 500 plate-forme et plus de 5 milliards d’euros levés en 2 ans. « C’est du circuit court et une réduction des intermédiaires.  Les plate-formes sont nés avec les réseaux sociaux. Si une plate-forme venait à truander ou ne pas respecter les usages, elle serait fusillée dans la minute même par les réseaux sociaux et la rumeur sur le Net. Sans la confiance, pas de financements de son projet » postule renaud Denis  qui voit là la clef du levier du succès. L’autre moteur sans doute est l’inculturation de la culture du don et contre-don avec des jeux de « contreparties » équilibrées. Sont-ils pour autant dans la ligne du viseur de la réglementation française ? Ils pratiquent la logique du « don/contre/don » une des trois facettes du crowdfunding et sans doute la moins sujette à caution du point de vue de la réglementation bancaire française.

La jungle des plate-formes, le guide juge de paix

Financement participatif : la jungle des plate-forme

A ce jour 500 plateformes existeraient, selon Renaud Denis. Dans cette jungle, trois tribus sociologiques et d’intention se détachent :

1/La tribu Octopousse centrée sur les porteurs de projets, avec un fort taux d’encadrement et donc un mode slow motion : un peu des Cigales migrantes sur le Net.

2/Le clan Goteo (plate forme Open source). Venue d’Espagne, elle fait la part belle à la communauté geek.

3/Les leader du business avec kiss kiss bank, prestataire et leader du business ou « Prets d’union » qui peut aller à des prêts de  50 000 €

Sur un modèle plus juridique et réglementaire, le guide distingue communément 3 types de plates-formes :

« – Les plates-formes de crowdfunding permettant de récolter des dons ou des contributions pouvant donner lieu à des contreparties diverses ;

– Les plates-formes de crowdfunding permettant le financement de projet via des prêts ;

– Les plates-formes de crowdfunding permettant le financement d’un projet entrepreneurial via la souscription de titres. »

La note rappelle les exigences de la réglementation bancaire et financière en termes de capital, d’agrément ou d’immatriculation ou encore des règles d’organisation et de bonne conduite. Une précision du guide règle  beaucoup de questions, en calant le modèle sur le système des tombolas et autres lotos traditionnels : « Par contre, les prêts consentis à titre gratuit ne relèvent pas du monopole bancaire et ne nécessitent pas d’agrément ou d’autorisation spéciale pour être pratiqués ; à cet égard, sous réserve de l’appréciation souveraine des tribunaux, les prêts qui offrent une perspective d’avantages en nature de faible valeur destinés à promouvoir le projet ou son initiateur, par exemple sous forme de CD, DVD, places de concert, invitations au lancement d’un produit, paraissent pouvoir être assimilés à des prêts à titre gratuit. »

Fin de la bisbille avec les banques

« Ce n’est d’ailleurs pas anodin si la Banque Postale s’est alliée avec « Kiss Kiss Bank » pour apporter des compléments financiers à  des projets » remarque Renaud qui de son côté a posé des jalons avec le Crédit agricole pour avoir « une approche plus proche des porteurs de projets que des plate-forme ».  De là à imaginer des compléments de prêts, des prêts avec une procédure allégée et des taux réduits qui seraient apportés par la Banque coopérative avec une équation simple :  la garantie et le cautionnement sont apportés par les internautes donc la banque peut mettre en place un prêt avec une procédure allégée et un taux réduit. Un peu comme des clubs Cigales qui auraient migré sur le web 3.00. Euréka ?

Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, « Radio Libertés », et une régie mulitmédia « CPC 3.00 », l’heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode « rebelle ». A suivre…
  • Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, "Radio Libertés", et une régie mulitmédia "CPC 3.00", l'heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode "rebelle". A suivre...

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