Rock, Ramones n Réglisses

Le Disquaire Day, vous connaissez ? Non, bah voilà c’est l’occase…. on y trouve même des politiques qui tiennent leur promesses

10006917 10152352628884892 1221472017 n 211x300 Rock, Ramones n Réglisses...Paraît que c’est né aux USA. C’est en tout cas ce que m’a dit Harold. Harold ? Ouais, le mec avec le bouc et les lunettes, mais surtout l’un des rares disquaires qu’il nous reste à Sainté. Ben ouais, avec toutes ces conneries d’Amazon et de supermarchés – bon OK, j’y vais aussi sur Amazon, pardon Harold – il ne nous reste plus grand monde de bon dans le coin. N’empêche, l’expérience est belle et dure, pour lui aussi. Il me raconte que le plus difficile, dans l’histoire, c’est la tentation :  » quand tu commandes des disques et que tu vois défiler tel ou tel article, t’as juste envie de tout acheter pour toi aussi ». Et tu te ruines, accessoirement. Mais enfin, comme disait ce cher Oscar Wilde : « le seul moyen de résister à la tentation est d’y céder ». Et, apparemment, Harold est un fervent apôtre d’Oscar. En même temps, il y a pire comme boulot que se dire  » bon je commande le coffret des Ramones ou celui de Nirvana? ». Surtout quand tu sais que c’est le magasin qui lâche la thune, tu prends aussitôt les deux, forcément. Putain de veinard, va. C’est d’ailleurs ce même veinard qui m’a invité à ce fameux Disquaire Day. Y’avait aussi ces groupes, Novox et Dizzy Sticks et deux gars également branchés rock dans leur partie : Stereobroke avec, comme son nom l’indique, de la réparation de ces vieux machins – mais qui sont pourtant toujours là – qu’on appelle des platines, et Subtitle Artwork ou Xavier, bassiste man chez les glorieux et bandant Brand New Hate dont on se demande encore comment c’est possible pour la France de passer à côté d’un groupe pareil. Réponse : on est en France, justement. Tu sais le pays de Nolwen Leroy et des Compagnons de la chanson. Imagine : pendant que les ricains avaient les Ramones, pendant que l’Angleterre avait les Clash, ben nous, on avait Sylvie Vartan et la Cie yéyés. Le pire, c’est que c’était même pas leurs compos, au début, juste des reprises de, tiens, surprenant, des fils de Tonton Sam… Retour à Brand New Hate : les mecs viennent de sortir leur second album,  » Hangover and over » et ouais, évidemment, ne me pose même pas la question : c’est une tuerie punk rock tout ce qu’il y a de bien bandant. Oui, je dis souvent « bandant », ça vous pose un problème ? Bandant, bandant, bandant, humm Bandant Brand New Hate, Brand Bandant New Hate…. what else ?

A part ça je vais bien.
Xavier, donc. Il a un bon coup de crayon le mec. Ses oeuvres affichées, illustrateur, on s’en doute des Brand New Hate mais pas que : en fait, un peu ce qu’il lui tombe sous la main. On y voit d’ailleurs un hommage aux Cramps, aux New York Dolls, bref, la culture américaine dans toute sa beauté. Et c’est là qu’on se dit qu’en France, comment dire…bon, tu vois, vers chez moi, y’ a Le Corbusier comme référence, et c’était sans doute un brave homme – quoique, on n’en sait rien au fond – mais je trouve pas ça terriblement sexy. Pas vraiment rock’n roll du tot…. Alors, tu vas dans la grosse pomme, un peu partout chez Sam et tu vois les Warhol, Les Liechtenstein, la culture pop art, les comics, ah et merde je m’arrête là ça fait trop mal. En tout cas, Xavier, on sent bien ces influences, ce côté glam, ce mélange de paillette et de punk. Deux manières différentes de rêver, mais au fond, la même rage désespérée qui s’exprime. Définitivement, les 70′s, on n’a toujours pas fait mieux.

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It’s Only Brand New Hate and we Love it !

Pas loin, y’a Richard. Son business à lui, c’est StéréoBroke. Et si vous n’avez pas compris l’histoire plus haut, son truc, Richard, c’est de réparer ces anciennes machines, ces diamants un peu trop déglingués. Bricolage bon méninges. En tout cas, ça sent bon la passion vinyle, la passion d’une musique pas encore débordante et dégoulinante de commercial. Oui je sais, les 70′s…
J’avais demandé à Harold s’il n’y avait pas un peu de coke ou d’héro mais oui merde merde merde on est en 2014, c’est la crise m’sieur, et pas le genre de la maison…. mais y’avait quand même du coca et des réglisses. Ben ouais les réglisses, on ne dirait pas que ça ressemble à des vinyles ? Ça fait gamin ? Et alors ? ICI Y’EN A QUI NE VEULENT PAS GRANDIR !!! Le temps de poser mes livres sur une table, en faisant bien attention de mettre aussi les photos en avant  – c est toujours plus facile de mater une photo que de lire un pavé – et je tombe sur Ingrid, une photographe évidemment sympa puisqu’elle accepte de me prendre en photo dans les rues stéphanoises. Mais avant ça, avant le premier concert, direction La librairie de Paris, juste en face – ouais des concurrents, pas bien, aucune moralité ces artistes.
Là-bas, l’ami Rémi me dit que oui bien sûr une dédicace pour le 21 juin, fête de la musique, pourquoi pas ? Et pourquoi pas rajouter des groupes tant qu’on y est. Mais en acoustique hein… donc si vous avez des pistes…. Après ça, on va dehors avec Ingrid, pour faire des photos de ma pomme – oui, ego, ego, ego, ET ALORS ??? –  et je sais pas pourquoi  – enfin si : Saint -Etienne – mais à chaque fois que je fais ces satanées photos, soit il y a du crachin, soit du vent, et quand on a de la chance, les deux en même temps. Donc, on est là dans les rues, à trouver des coins sympas et bien sûr les gens te regardent comme une bête étrange, et on va dans des recoins, et, et… ah ben non, vous croyiez quoi ? Oulalala, on est pro messieurs dames, jusqu’au bout des ongles ! Et je vous le répète il fait bien trop froid pour faire n’importe quoi et danser la rumba…

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Les Dizzy Sticks ont un sacré coup de bâton…

Retour à Forum. Novox arrive, on se claque la bise avec Pierre- Alexandre Gauthier, homme multicarte dans la musique stéphanoise, bon vivant, et donc guitariste de Novox, le premier groupe a investir les lieux. Leur musique est un savoureux mélange d’influences diverses. On y trouve du jazz, de la pop et du funk.  Tout ce qu’on aime…
Peu après c’était le tour des Dizzy Sticks, un groupe de mômes, mais attention, des mômes avec du bagage. Je dis môme parce que vingt piges de moyenne tout mouillé. Des reprises des Who – bon goût, donc – et des compos assez sympa pour que ça le fasse. D’ailleurs, on voit là un des aspects intéressant du public rock. Je m’explique : les Dizzy Sticks on attiré – soyons honnête – un peu plus de monde que Novox, mais c’était surtout des amis lycéens et de la famille. Pour Novox le lycée étant fini depuis belle lurette – désolé les gars, désolé madame – leurs amis seront comme eux, des gens travaillant la journée, donc pas vraiment facile à déplacer. Les lycées, eux, bon, le samedi après midi, c’est tranquille, la réforme n’a pas – encore ? – imposée d’oeuvrer aux études ces heures-là. Il n’empêche : il est important de faire des concerts, même si le public ne suit pas toujours : j’ai pu les rencontrer, les inviter pour le 21, écrire sur eux, et donc , humblement – si si soyons humbles – contribuer à les faire connaître. Les mêmes Novox, s’en allaient d’ailleurs directement sur Lyon  – mouarf – pour assurer un autre concert. La gloire – allez, la reconnaissance ça sera déjà bien- passe par là. Car faut bien voir que tout le monde bosse à côté, et que leur dévotion est à la hauteur de leurs espoirs  : haute. Et ô combien ils ont raison.
Ah j’ai failli oublier, va falloir que je dise du bien d’un politique. Putain, incroyable… Eh ben si, tout arrive. Mais ça ne m’arrivera pas tous les jours non plus, faut pas déconner… Mais les faits sont têtus. Marc Chassaubéné m’avait dit  » oui je passerais ». Je lui ai rétorqué qu’il débutait dans le « métier » et que j ‘étais aux aguets, que c’était mon dernier espoir de croire un jour en un homme ou femme politique.  » Je passerais, je te dis ». Ouais ouais. Ben, en, fait, il est bien passé. Bon, après le show, mais passé quand même. L’occasion de faire le point : oui il a bien quitté son boulot pour se consacrer entièrement à la politique, estimant que son salaire d’élu suffira, oui, il n’oubliera pas les écrivains locaux lors de la prochaine fête du livre. Ben oui, fallait pas m’avoir comme ami….

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Dédicace Writer Way of life.. Une photo prise par Ingrid Lgr.

Bref, la journée touchait à sa fin, le temps de faire la bise à Harold et aux autres, de ranger les livres, et de se dire  » je craque ou pas pour ce nouveau livre sur les doors ? » C’était le livre du batteur John Desmore, « Les portes qui claquent » que ça s’appelle. Sauf que ça racontait les procès que le batteur a eu avec les autres membres afin de préserver l’héritage culturel de Jim. J’hésitai, je réfléchissais un moment et puis…
Naaaaaaaaaa, laissez-nous rêver, par pitié.

 

 

Photo du profil de Pascal pacaly
Pascal Pacaly n’est pas un écrivain comme les autres. Tombé dans la musique depuis qu’il est tout gosse, il a sillonné les routes de France pendant des années, à la rencontre des groupes de rock français. Proche de ces artistes hors normes, fasciné par ces parcours et ces histoires de sueur et de chair, il a recueilli des centaines de confidences exclusives, en traînant dans les concerts, les festivals, les bars, s’invitant même chez les musiciens… Le résultat ? Une incroyable série de récits sur les débuts de ces futures stars en herbe, et une plongée vertigineuse dans le destin de ces chanteurs qu’aucun obstacle ne pouvait détourner de leur but. On rit, on pleure, on plane, et surtout on comprend. On comprend ce qui fait, et fera toujours, la différence entre ceux qui rêvent leur vie… et ceux qui accomplissent leur rêve. Anaïs, Ange, Banane Métalik, Barrio Populo, BB Brunes, Bruno Cali, Cocoon, Emma Daumas, Fatals Picards, Guerilla Poubelle, Joseph d’Anvers, Justin(e), Kiddie Coke, Métal Urbain, Jipé Nataf/Les Innocents, No One ls Innocent, Olivia Ruiz, Pep’s, Prohom, Shaka Ponk, Silent Alice, Sliimy, The Arrs, The Penelopes, Thiéfaine, Ultra Vomit, Zaz : bienvenue dans le rock’n’roll circus made in France !
Biographie de l’auteur
Ecrivain et poète, Pascal Pacaly est né en 1977, près de Saint-Etienne. La plupart de ses livres sont des récits sur le rock français et international. Très ancré dans ce milieu, il a déjà publié Histoire(s) de mon groupe de musique en 2007, et Rock Stories voL 1 et 2, en 2009, avec la participation de Melle K, Dionysos, Matmatah et Didier Wampas.
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    Pascal Pacaly n'est pas un écrivain comme les autres. Tombé dans la musique depuis qu'il est tout gosse, il a sillonné les routes de France pendant des années, à la rencontre des groupes de rock français. Proche de ces artistes hors normes, fasciné par ces parcours et ces histoires de sueur et de chair, il a recueilli des centaines de confidences exclusives, en traînant dans les concerts, les festivals, les bars, s'invitant même chez les musiciens... Le résultat ? Une incroyable série de récits sur les débuts de ces futures stars en herbe, et une plongée vertigineuse dans le destin de ces chanteurs qu'aucun obstacle ne pouvait détourner de leur but. On rit, on pleure, on plane, et surtout on comprend. On comprend ce qui fait, et fera toujours, la différence entre ceux qui rêvent leur vie... et ceux qui accomplissent leur rêve. Anaïs, Ange, Banane Métalik, Barrio Populo, BB Brunes, Bruno Cali, Cocoon, Emma Daumas, Fatals Picards, Guerilla Poubelle, Joseph d'Anvers, Justin(e), Kiddie Coke, Métal Urbain, Jipé Nataf/Les Innocents, No One ls Innocent, Olivia Ruiz, Pep's, Prohom, Shaka Ponk, Silent Alice, Sliimy, The Arrs, The Penelopes, Thiéfaine, Ultra Vomit, Zaz : bienvenue dans le rock'n'roll circus made in France ! Biographie de l'auteur Ecrivain et poète, Pascal Pacaly est né en 1977, près de Saint-Etienne. La plupart de ses livres sont des récits sur le rock français et international. Très ancré dans ce milieu, il a déjà publié Histoire(s) de mon groupe de musique en 2007, et Rock Stories voL 1 et 2, en 2009, avec la participation de Melle K, Dionysos, Matmatah et Didier Wampas.

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