Mikaël Petit, créateur de liens

Gothique et épicurien, radical valoisien et platonicien, Mikaël Petit refuse les carcans idéologiques et les cases toutes faites. Cet artiste et écrivain aux allures de bon élève ne se reconnaît qu’un seul credo : liberté, égalité, fraternité.

Mettre les gens en relation, créer une émulation, </i>voilà ce qui motive<i> « ce gardien du temple républicain. »
Mettre les gens en relation, créer une émulation, voilà ce qui motive « ce gardien du temple républicain. »

« Devenir un élu référent du quartier Jacquard » : en buvant son thé le matin dans les vapeurs capiteuses de l’encens, Mikaël Petit ne rêve ni d’un mandat européen, ni même national. Plasticien, écrivain et musicien, l’ex-candidat du Parti Radical, parti sous la bannière UDI aux départementales de mars 2015 sur le canton 6 de Saint-Étienne aime avant tout « les choses concrètes et la proximité.
« Mettre les gens en relation »
, « créer une émulation », voilà ce qui motive « ce gardien du temple républicain », qui sans se départir de son flegme souriant, n’hésite jamais à mouiller sa chemise et à « se jeter dans la mêlée » pour défendre ce qui lui sert de catéchisme : liberté, égalité, fraternité.

« Il vaut mieux ce petit bagage qu’un arsenal doctrinal qui peut faire parfois le malheur de l’humanité . Cela fait des esprits libres, ouverts, qui ont du mal à rentrer dans des cases» explique Mikaël Petit, pour qui la première figure tutélaire, fut son père « un humaniste de droite, réfractaire à tout esprit de système et anticommuniste forcené » : «  il m’a appris à développer un regard sur les choses dénué de tout préjugé moral ou pseudo moral. »

Cet Auxerrois aux allures de bon élève, tombé amoureux de Saint-Etienne il y a quinze ans au point de tout plaquer pour venir y habiter, n’a pas décroché de mandat, malgré une campagne de terrain opiniâtre, mais continue à s’investir pour son quartier. L’ambition forcenée ? Les coups de coude  pour arriver au premier rang? Pas son truc. « Très régulièrement il faut prendre du recul et se regarder faire. Si on se trouve ridicule, il faut arrêter » glisse cet adepte de l’auto-dérision, avouant avoir pour lui-même « la distance du metteur en scène. »

Pour une spiritualité solaire et hédoniste
Afficher l'image d'origineToujours fidèle au PR où il est entré en 2012, Mikaël Petit s’active au sein de plusieurs associations dont celle des habitants du quartier Jacquard, toujours « pour tisser du lien. »

Mais n’en poursuit pas moins un intense travail de création artistique et littéraire. Ses dessins et peintures lorgnent vers Bacon et Schiele. Voués à la figure humaine, entre ombres et lumière, et où jaillissent parfois des créatures inquiétantes venues des tréfonds de l’inconscient. L’artiste qui se dit volontiers amateur de gothique et de films d’horreur, ne craint pas d’explorer le monde obscur des terreurs enfantines, des angoisses bien cachées et des pulsions primitives.

L’homme engagé sur le terrain démocratique, est aussi un penseur de la condition humaine, avec ses grandeurs, ses failles et sa complexité. Dans « La peau de l’ours » son premier roman, il brossait la quête effrénée et sans garde-fous, d’une jeune femme qui ne croit en rien. Dans son dernier ouvrage, « L’ombre entière de ton corps », paru en septembre 2015 aux éditions Abatos, l’auteur abandonne cette fois la fiction pour se lancer dans une réflexion théologique avec la même liberté.

Nourri de catholicisme, lecteur du Coran, de textes hindouistes et philosophiques, Mikaël Petit qui se définit comme platonicien, s’attache à réconcilier les différentes religions autour « de l’idée d’un créateur unique » . Mais aussi à construire « un discours théologique où le refus du dolorisme et de la négation du corps permet de déboucher sur une spiritualité plus solaire et hédoniste. »

« J’ai voulu essayer de donner aux gens une foi plus lucide. Il ne sert à rien de nier son corps pour avoir une vie spirituelle. Faire l’amour est pour moi la prière du corps qu’il faut prendre pour ce qu’elle est et qui n’est pas négative. »

Suite aux attentats terroristes qui ont endeuillé 2015, Mikaël Petit me confiait devant une bière : « Je fais sérieusement un travail de sape par rapport à toute cette actualité. A travers les bouquins, finalement, on fait des trucs pour accompagner le changement vers la liberté, l’égalité et la fraternité et peut-être que dans cinq ou dix ans, cela servira à quelqu’un. »

Le Barbu à lunettes, surnom dont il s’est affublé sur son blog, a comme chaque année saisi l’occasion du Printemps des Poètes pour inviter ses amis auteurs. Ce sera ce samedi 5 mars, à l’Amicale Chapelon, sous la bannière de La Rue des Artistes qu’il préside, avec Le Cercle des Lettres et des Arts, CAPUCINE et le Caveau Stéphanois, dont il est aussi membre, pour un salon poésie, ouvert à tous. De 10h à 18h, les auteurs présenteront leurs livres dont ils liront des extraits. «Les mots ne sont pas destinés à rester enfermés dans des bouquins. »

Photo du profil de Dominique Berthéas
Journaliste professionnelle, Dominique vit et travaille à Saint-Etienne
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