Reem Fadel révolutionnaire et journaliste

Mardi 5 avril 2016, l’équipe de Pourparlers est allé à la rencontre de quatre journalistes syriens en tournée dans toute la France, la Belgique et la Suisse dans le cadre du projet « Porter la voix des journalistes d’Alep » mené par le Collectif des Amis d’Alep. C’est au Campus René Cassin de Lyon et après une conférence terminée dans la soirée que Simon et Benjamin ont réalisé une interview de la journaliste syrienne Reem Fadel retraçant son parcours durant la révolution syrienne et sa vision actuelle de la situation.

Logo_blanc_caa-1456173817Porter-la-voix-des-journalistes-dAlep-dossier-de-presse-2(1)_page6_image1Reem Fadel est présente à Alep lorsque la révolution syrienne éclate. Elle est alors titulaire d’un diplôme en littérature arabe, qui lui permet de pouvoir enseigner l’arabe à des étudiants étrangers à l’université d’Alep. À côté de cela Reem Fadel poursuit des études d’art dramatique.
En 2012, elle participe aux premières manifestations à Alep, alors que la ville est séparée en deux zones  et que son quartier est sous le contrôle d’Assad. Avec courage et détermination, elle brave les postes de sécurité d’Assad pour rejoindre les manifestations dans les zones libres. Elle cache les banderoles, les affiches ou les tracts sous ses habits, sous son foulard afin que le régime d’Assad ne l’arrête pas. La révolution la pousse à témoigner, à informer le monde de la révolution en Syrie. Reem Fadel devient journaliste en s’impliquant et en dénonçant la situation en Syrie via la publication d’articles, de comptes rendus ou expliquer l’avancée de la révolution syrienne sur Facebook. Reem Fadel pense que » la femme symbolise est le cerveau de la révolution syrienne », ainsi elle a essayé de créé une cohésion féminine pour assurer leur survie et leur avenir. L’éducation joue un rôle central dans son implication durant la révolution. Elle fournit aussi bien des manuels scolaires, des habits que des vivres à des enfants qui fuient les bombardements et la terreur. Mais son militantisme va se retourner contre elle. Toutes ses activités vont être considérées comme terroriste par le gouvernement Assad et elle va être arrêtée. De décembre 2013 à Février 2014, Reem Fadel va connaître l’horreur, la monstruosité de l’être humain même l’inhumanité. Le gouvernement d’Assad va la torturer physiquement et mentalement pendant des mois pour qu’elle ne ressemble plus qu’à « un fantôme ».
Une fois relâchée, elle décide de quitter Alep et la Syrie en 2015 avec ses parents pour les mettre à l’abri des persécutions du régime. Elle continuera coûte que coûte son métier de journaliste en se battant toujours  pour la progression de la révolution syrienne, pour rendre compte des manifestations et exactions du régime mais avant tout témoigner sur la situation des civils. Elle travaille aujourd’hui pour Orient News Elle est en tournée dans le cadre du projet « Porter la voie des journalistes syriens »..Traducteur : azahoum boualam

Porter-la-voix-des-journalistes-dAlep-dossier-de-presse-2(1)_page6_image5Porter-la-voix-des-journalistes-dAlep-dossier-de-presse-2(1)_page6_image4Porter-la-voix-des-journalistes-dAlep-dossier-de-presse-2(1)_page6_image3

Youcef Seddik, directeur d’Aleppo Media Center En mars 2011 au début du soulèvement Yousef Seddik étudiait la littérature à l’Université de Damas. Participant à des manifestations,  il  est poursuivi  par les forces de sécurité il quitte  alors Damas et  rentre se réfugier  chez lui  à  Alep où il  organise des manifestations. En 2012, l’Armée Syrienne Libre prend le contrôle de 70 % du territoire d’Alep jour.  et  de  sa  province,  ce  qui  suscite  l’afflux  de  journalistes  du monde  entier :  ils  ont  besoin  de  guides,  de  traducteurs,  de fixeurs, de chauffeurs, de protection… Youcef Seddik y voit une chance de les aider. Il participe à la création d’un lieu ressource pour les journalistes étrangers et les reporter-citoyens syriens qui veulent se former aux métiers du journalisme :  l’Aleppo Media Center (AMC)  est né. Yousef Seddik y occupe le poste de directeur de 2013 à ce jour L’AMC fournit ses informations à différentes agences de presse internationales
Évènement organisé par Le Collectif des Amis d’Alep en partenariat avec le restaurant le Syriana, le 18 novembre 2015 à Paris. Traduction Françoise Clément

Zein al-Rifai, membre fondateur de l’ AMC Avant  le  début  du  soulèvement  syrien,  Zein  al-Rifaï  étudiait  la  littérature française à l’université d’Alep.  A partir de juin 2011, il commence à filmer les manifestations et à poster ses vidéos sur les réseaux sociaux. En 2012 il  devient fixeur pour les journalistes étrangers et,  la même année, avec Youcef Seddik et d’autres reporter-citoyens, il participe à la création de l’AMC. Il  travaille  alors  pour  des  chaînes  de  télévision  syriennes d’opposition comme Orient News ou Syria Tomorrow, et pour Al Jazeera avant  de rejoindre l’AFP fin 2013 comme photographe indépendant puis avec le département vidéo. Grièvement blessé à la jambe par  un missile en août 2015,  il  doit  se faire hospitaliser en Turquie où il termine actuellement sa convalescence. Il compte repartir à Alep dès qu’il sera entièrement rétabli. Il est lauréat 2015 du prix Rory Peck qui récompense les journalistes free-lance.

Louai Abo Aljoud : directeur de l’Agence de presse Pro-Media. En 2011, alors étudiant en biologie à la faculté de médecine d’Alep, il participe aux premières manifestations où il  prend des photos et se fait arrêter.  Il  passe deux semaines dans les prisons du régime de Damas où il subit la torture. A l’été 2012, il filme la prise d’Alep par Armée Syrienne Libre.
Il  suit  des  stages  de  formation  au  journalisme  auprès  du «London Center for Media Strategies» en Turquie. Quand Daesh fait son apparition dans la région d’Alep et commence à opprimer tout organe de presse, il est menacé de mort et retenu six mois par le groupe terroriste. Il est libéré à la faveur de négociations
menées par la rébellion. Louai Abo Aljoud a fondé son agence de presse à Gazientep, à la frontière syroturque, en 2014 et a procuré plusieurs reportages à différentes chaînes de télévision dont Al-Arabiya.

Photo du profil de Simon Pernin
Simon, 20 ans, brun, pas très grand, affublé de lunettes, boulimique de musique, addict à la lecture, arrive tout droit de la cité des papes. Je suis étudiant dans la petite province Lyonnaise à l’ISCPA, une école de journalisme. Pourparlers m’accueille au sein de sa rédaction pour la durée de deux mois. J’aurai donc le privilège d’écrire pour vous cher lecteur.
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    Simon, 20 ans, brun, pas très grand, affublé de lunettes, boulimique de musique, addict à la lecture, arrive tout droit de la cité des papes. Je suis étudiant dans la petite province Lyonnaise à l'ISCPA, une école de journalisme. Pourparlers m'accueille au sein de sa rédaction pour la durée de deux mois. J'aurai donc le privilège d'écrire pour vous cher lecteur.

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