On a passé « City Crunch » à notre testeur

 Les branchés lyonnais de City Crunch déboulent dans cinq grandes villes françaises et canadiennes. Unité de maquette, méthodes éprouvées de marketing, City Crunch, ringardise Petit Futé et autres paumés.  Et comme à City Crunch « rien n’est gratuit » Pourparlers pousse les portes du Back office. Une redoutable entreprise de business disruptif se cache t-elle derrière la façade des bons plans ?

Depuis cette année, City Crunch  -attention TM copyright- avale goulument, villes par villes, les parts de marché des « Petits Futés » et autres « Paumés ».  Après Montpellier (2013) et Montréal, ils ont mis en 2015 un pied à Saint-Etienne (10 000 vues par mois annoncées) et Grenoble.

La belle histoire de City Crunch

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Derrière le blog des bons plans une agence de webmarketing Buena Onda Avec un slogan « Ce que l’on sait faire ? Créer des connexions affinitaires dans les univers digitaux comme dans la vraie vie. »

L’épicentre  du volcan est le quartier de la Guillotière ( Lyon 7ème).  Le Vulcain au marteau des projet est Pierre Trouillet : 35 ans, affranchi des assurances et maitre es tendances. En arrivant à Lyon en 2006, Pierre Trouillet, alias Pierre Qyrool sur la Toile, commence à relater en ligne ses sorties culturelles, festives et culinaires sur un blog. En 2008 il est rejoint par plusieurs blogueurs afin d’augmenter le rythme de publication et proposer chaque jour un nouveau bon plan. Le blog collectif commence à se faire une belle réputation chez les hyper connectés lyonnais. L’équipe City Crunch se met à proposer d’autres choses que des articles notamment des événements (apéro blogueurs, brunch pendant les Nuits Sonores, etc.) et une Pochette Surprise. Aux commandes de cette machine de guerre des quadras, une Team d’amis, entrepreneurs en free-lance, hyper-connectés, atteints du syndrome de Peter Pan.  Les chroniques de son blog comptent parmi les références lyonnaises en matière de découverte du bon plan et de la bonne adresse, de préférence avant-gardistes : un nouveau restaurant qui fait de la cuisine asiatique fusion, un camion de street-food, un petit snack qui ne tombe pas dans la junk food…En 2013, le blog fort de ses 100 000 visiteurs par mois décide de passer à la vitesse supérieure en devenant un vrai média. Nouvelle identité, nouvelle charte graphique, équipe renforcée, mais l’objectif reste le même : faire découvrir aux Lyonnais les dernières adresses et tendances de la ville. La même année, une version montpelliéraine de CityCrunch est lancée avec l’appui d’ancien blogueurs de Lyon. En 2015, CityCrunch est devenu un incontournable du web lyonnais avec plus de 250 000 pages vues par mois et plus de 25 150 fans Facebook. Le Collectif Crunch est lancé en 2014 pour répondre aux demandes de plus en plus nombreuses des agences des marques pour les accompagner dans leur dispositif de communication. (Extrait de l’article City Crunch, la pub, l’argent et la transparence)

Derrière City Crunch, Buena Onda agence de webmarketing disrupteur

A la rédaction de Pourparlers, City Crunch nous agace autant qu’il nous ravit. Il y a les pour et les contre. Attention, on ne crie pas au scandale. On dit juste feu orange.

Afficher l'image d'origineAfficher l'image d'origineChez nous, le clivage générationnel est là. Les jeunes de la rédaction sont les « pour ». Inconditionnellement. Enthousiastes. « Enfin, un média jeune qui offre des bons plans, sympas, et en plus collaboratif » plaide Simon, notre brillant stagiaire, sans doute tenté de faire du testing pour la Team.

La vieille garde composée d’archaïques gardiens du Temple, est sans doute un groupuscule de patibulaires journaleux grincheux moyen-âgeux et malthusiens partis en guerre contre les chevaliers blancs disrupteurs, parangons de l’innovation sociale mode 3.0.  Avec un ton « cool », de jolis mascottes, l’appel aux bénévoles comme chroniqueurs, les City Crunch s’imposent comme des leaders d’influence sur leur segment :  la jeunesse dorée lyonnaise, les vingt/trente ans friqués, « Hipsters » et autres Yuccies. Ces Yuppies cools plugués s’habillent chez ZARA ( Où faire du shopping à petit prix à Lyon ?), font un  peu d’urbanisme participatif dans le cadre de la rubrique sponsorisée de Clémentine (suggestions d’amélioration) et passent un week-end détente à Athènes, Naples, Cracovie ou Marrakech (séries d’ articles sponsorisés par les aéroports de Lyon).  « Quand ils parlent de démocratie participative, c’est pour évoquer les Conseil de quartiers. Il faut dire que la Ville leur a filé quelques thunes. » s’insurge le rédacteur en chef, raide et vertical comme un cierge. Dis-moi pour qui tu écris, je te dirai qui tu es !

Petit Futés, les Crunchers…..

Allons plus loin, dans la mécanique perfide …. La ligne éditoriale cultive le flou sur la frontière entre informations/ communication/marketing

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Gentils Mogwai, méchants Gremlins reptiliens.

City Crunch est la façade, la vitrine sexy et sympa de l’agence. «  Leur modèle économique ne sépare pas la régie commerciale, l’agence de webmarketing  et l’éditorial. Ces Robin des Bois High tech volent la confiance de leurs lecteurs pour la donner aux marques. Leurs chroniqueurs sous couvert de bénévolat produisent une information non recoupée et non contextualisée » tance le rédacteur en Chef. « C’est un pas de plus de l’hybridation  entre journalistes et communicants. File moi des places, je te filerai de la visibilité. ». Toutes les astuces du webmarketing sont bonnes pour buzzer à l’oeil : récompense des commentaires, ton subjectif de la confidence, appâts des cadeaux, inscription et ouverture d’un compte qui permet au passage de récupérer une belle base d’adresses. C’est de bonne guerre. Cela va juste écorner une certaine déontologie. Mais il y a plus grave, car là ce n’est pas affaire de déontologie mais de légalité.

Elles sont où les mentions légales ?

Quand on entre sur une plate-forme de City Crunch, on aura beau chercher, on ne trouvera ni les mentions légales voulues par la loi sur la confiance dans l’économie numérique (adresse physique, hébergeur, directeur de publication responsable) ni l’enregistrement à la CNIL des fichiers nominatifs. N’étant pas inspecteur des impôts, on ne se posera pas  les questions sur les charges afférentes à un modèle qui passe par un collectif et non pas par une société en bonne et due forme. L’Oeuvre au noir agit. La pierre philosophale est le paravent d’un collectif qui masque les intérêts légitimes de Buena Onda. Alors oui, intégrant bien les leçons de la logosphère numérique des réseaux sociaux et la règle de la recommandation, ils ont bien transformé le plomb de l’info service classique ( horaires des cinés etc….) en or marketing. 

Un peu d’idéologie

Pourquoi faudrait-il adouber « l’uberisation de l’économie » sans en interroger l’idéologie et les effets délétères à long terme ? Uber est un de leur sponsor fidèle. Qui se rassemble s’assemble, non ? Est-ce que les Crunches ne seraient pas un peu des cousins Uber de la presse culturelle et loisirs ? C’est certain que les Crunchs rendent un service sans doute à des potes de potes, mais sous couvert de sympatitude, ils signent l’enterrement en 1ere classe d’un pacte autour de l’édition qui sépare bien les intérêts marketings de la libre circulation des idées. Avec cette presse en ligne, on gagne certes en légèreté certes, mais on perd sans doute en transparence, en légalisme et donc au final on bouscule des équilibres déjà précaires. Le discours éthique, collaboratif à la 1ere personne (donc on ne peut même pas leur demander un peu d’honnêteté à défaut d’objectivité) enfonce un clou de plus dans l’uberisation des mentalités : déconstruisons et on verra après. Un jour les petites abeilles des médias culturels vraiment indépendants auront disparu sous l’effet de ce toxique.

Afficher l'image d'origineCITY CRUNCH ( pour les NULS) a publié une mise au point pour marquer sa démarche du sceau d’honnêteté. En réponse à de nombreuses commentaires sur leur site lyonnais, Pierre pose le cadre déontologique de City Crunch sur leurs principaux segments d’activité : création d’événements, travail pour des marques et articles sponsorisés, pochettes CityCrunch joue de l’ ambiguité entre « blog commercial » et « blog de potes qui veulent partager leurs bon tuyaux et en faire profiter les amis ». City crunch n’en fait pas mystère : les blogueurs travaillent pour des marques et des enseignes. Les Cities Crunch tirent leurs recettes des marques : articles sponsorisés,  stratégie de PANDI les bons tuyaux, mardis de la WIN, les mercredis Take eat easy, E-shops, événements, affichages de bannières, partenariats, projets du collectifs, etc…. Addition : 141 000€  Alors bravo à leur 141 000€ de CA annoncé. Nous apprécions le talent de la Team, de Milie la graphiste surtout. Beaucoup moins le discours qui noie le bébé dans l’eau du bain.

 

Contact

Et comme on est pas méchants et qu’on leur souhaite plein de bons plans, on donne l’adresse

CityCrunch

3 rue Saint André | 69007 LYON
Agence : contact@buena-onda.fr Média : contact@citycrunch.fr

 

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Photo du profil de Jean-Pierre Jusselme
Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, « Radio Libertés », et une régie mulitmédia « CPC 3.00 », l’heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode « rebelle ». A suivre…
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    Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, "Radio Libertés", et une régie mulitmédia "CPC 3.00", l'heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode "rebelle". A suivre...

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