Le Punk, c’était mieux avant

Michel Foucault a écrit des pages définitives sur le grand renfermement. Les punks à chiens, porteurs d’un mouvement libertaire puissant, sont-ils dans la Nef des fous condamnés à l’Exil ?

« Punk »  n’a jamais été un compliment. Dans la langue de Shakespeare, c’est plutôt une insulte pour désigner « des pas grand chose, des sans valeurs ».  Punk est dans l’argot anglo-saxon un petit champignon parasite ordinaire, l’amadou qui bon marché servait à mettre le feu.  Le mouvement punk a mis le feu dans les années 70.  Radical, utopique et humaniste (Lou Reed, Patti Smith, stooges, New york city Dolls) il a eu un impact considérable dans ces années, s’émoussant poussivement ensuite avec des groupes comme The cure. Son énergie était alors considérable, recyclant mouvements romantiques, ésotériques ou primitivistes : Lautréamont, Polock….Il est aujourd’hui un peu éteint, recyclé par la mode ( Merci Alain Soral), stigmatisé et incompris. Les vrais, les purs, les derniers des Mohicans, il savent qu’ils sont des « pas grand chose, sans valeurs », mais ils ne « changeraient leur vie pour rien au monde ». Ils se sentent bien dans leur peau et leur vie, préférant l’énergie Dyonisiaque du Feu et du Chaos à la sainte harmonie Appolinienne.

Le Punk avant c’était de la dynamite

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Le punk, avant, c’était d’la dynamite !

Alors nos Mohicans sont des personnes cultivés et sympas. Ils sont démerdards et baroudeurs. A l’occasion, ils rangent leurs crêtes et leurs tatouages, pour aller chercher du taf. Et ils ont un métier en poche : militaires, maçons, employés, ouvriers agricoles, organisateurs de festivals, graphistes amateurs, techniciens. Avec des lieux ressources et relais comme la Gueule Noire à Saint-Etienne ou des squats auto-gérés, ils ont des points d’appuis partout en France.  Visiblement ils dérangent en 2017, comme les Sex Pistols en 77 avec « God save the queen ». « De plus en plus de villes, nous chassent. Les tensions augmentent. On se fait souvent agresser autant par des jeunes de banlieue que des fachos, que des gens d’extrême gauche. » Alors, ils reprennent la route et  se retrouvent lonesone cowboys à l’horizon des Grands espaces Beatniks, et sanglotent en écoutant Lou Reed, chantant l’épopée de fantômes et d’outsiders sépulcraux.  Nos punks aiment l’art dada.  Ils dansent toujours le Po Gos comme une  danse de transe collective. Ils aiment les Stooges, ces « Larbins » qui beuglent. Ils sont catégoriques les festivals en France, « ça bouscule pas assez » .   Comme Diogène dans son tonneau, ils interrogent nos routines et nos camisoles.

Des concerts et des hommes

Le « punk à chien » est un type de jeune errant et généralement accompagné de chiens nommé en référence au mouvement punk des années 1970-1980. La scène punk est très vivante, mais les concerts sont organisés dans des lieux underground et sur invitation.

 

Mik et Rik:  Les derniers des Mohicans

 

  • Hymne aux "sans valeur"
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Mik et Rik sont deux amis de plus de 20 ans. L’un est punk, l’autre skinhead.  Avec humour, gouaille et défiance, ils se prêtent au jeu de l’entretien

D’où venez-vous ? Qui êtes vous ?

Mike :  Je suis parti de chez moi à 13 ans.  J’en ai 37 aujourd’hui. Je viens de Pont saint Esprit en Drôme ardéchoise. C’est là-bas que la CIA a expérimenté l’ergot de seigle trafiqué en LSD sur des populations civiles. (rires). J’ai bourlingué dans le monde entier. Ma famille est très étendue (rires).

Rik : Moi j’ai 44 ans. J’ai servi mon pays comme Légionnaire, à  Karachi et au Rwanda avec le 3eme RPI. Je suis skinhead, avec une âme noire. J’ai été traumatisé par ce que j’ai vu là-bas. J’ai les nerfs à vif, et je suis anti-raciste.

C’est quoi vos valeurs ?

Rick « ACAB » ! All cops are bastards. (rires). L’armée m’a tourné la tête. Je déteste l’autorité aveugle.

Mike : Je suis anarchiste. Je suis à fond dans la musique ! J’ai organisé des festivals. Les jeunes gens sont individualistes mais ils ont peur de franchir le pas vers l’anarchie. Ils sont au milieu du pont. On est allé aux soirées de Nuit debout, mais c’était déjà trop organisé pour nous, et il y avait des axes de violence d’extrême gauche. Nous on est pacifistes.

A Saint-Etienne, il y a des heures de gloire du mouvement. La sfero, Lieu-Dit, Izmir ou la Plage ont été vidés. Pourquoi cela s’est arrêté ?

Mike : C’est difficile de faire vivre un squat ! Il faut des règles. Il faut en faire un lieu d’animation, de concerts, d’activités. Il reste une quinzaine de squats auto-gérés en France dont trois à Montpellier et Nice.

Rick : Je vis en appartement, mais ma vie c’est la rue : il y a les amis. On refait le monde ….

Propos recueillis par Jean-Pierre Jusselme ( même pas peur)

Le grand soir est pour hier

A voir et à revoir. En 2012, Benoit Delépine et Gustave Kervern ont sorti un beau film d’apocalypse post punk : « Le Grand soir ». Là aussi constat : le grand soir c’était hier.

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Pourparlers est son troisième enfant numérique. Après une webradio éphémère, « Radio Libertés », et une régie mulitmédia « CPC 3.00 », l’heureux papa est ravi de partager la venue au monde de www.pourparlers.eu. Ce dernier venu entre sur la Toile et fait ses 1eres dents. Il passe déjà en mode « rebelle ». A suivre…

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