Retour sur la campagne d’Hubert Patural un intrus dans les Municipales de Saint-Etienne

Jeudi 13 février, alors que Maurice Vincent, le maire sortant de Saint-Étienne, présentait ses colistiers au Centre des Congrès, le candidat de la Droite sociétale, Hubert Patural, tenait une réunion publique à son local de campagne.

19 h 15. À l’heure où la réunion de Hubert Patural doit commencer, ils ne sont encore qu’une dizaine à être arrivés dans le local de campagne qui donne sur l’avenue de la Libération… et sur celui de Gaël Perdriau, le candidat UMP-UDI, qui se trouve à une centaine de mètres. Le candidat annonce le fameux « quart d’heure stéphanois » avant de débuter. Quart d’heure qui sera plus proche de la demi-heure, le temps de laisser arriver de nouvelles personnes. Ils sont finalement une vingtaine à venir assister à cette conférence, dont plusieurs sympathisants ou membres de son équipe.

P21358711 Hubert Patural, un intrus dans la campagne

La conférence est filmée. Éclairé par deux spots, Hubert Patural utilise le rebord de la fenêtre comme estrade, dos au calicot de plusieurs mètres qui domine le premier étage de l’immeuble. Les réunions publiques de la fin de l’année 2013, qui commençaient invariablement par « Je suis heureux en famille, heureux en amitié, heureux professionnellement… mais malheureux dans ma ville »,  sont maintenant derrière. De même que les déclarations tonitruantes telles « Je me sens largement supérieur à Maurice Vincent, Gaël Perdriau ou Gabriel de Peyrecave ». Hubert Patural n’en est plus aux présentations. Il est entré dans la campagne et le discours de ce soir débute par l’exposé des estimations de vote au premier tour des élections municipales.

P2135862 Hubert Patural, un intrus dans la campagne

Chassez le naturel…

Lors d’une précédente réunion publique dans un restaurant du centre-ville, au mois de novembre, Hubert Patural n’hésitait pas à faire part de certains de ses projets pour Saint-Étienne : la création du bâtiment que « nous n’avons pas », à savoir un immense centre commercial de 200 boutiques situé entre les places Carnot et Jean-Jaurès, avec gratte-ciel et restaurant panoramique ; ou encore la mise en place d’un service de voituriers pour les restaurants, afin que « les voitures de luxe réhaussent le niveau de la place Jean-Jaurès et attirent une meilleure clientèle que celle des kebabs ».

Un intrus

Celui qui se définit lui-même comme « un intrus » dans cette campagne s’en tient aujourd’hui à des propositions plus concrètes, plus en adéquation avec les attentes des électeurs. Il ne peut toutefois s’empêcher de relever la profession de chacun de ses adversaires, et notamment le fait que plusieurs d’entre eux soient enseignants. Pour cet entrepreneur, « un prof a le temps de faire de la politique. Moi, jusqu’à présent, je n’avais pas le temps ».

Quant à ceux qui aiment se retrouver autour d’un verre ou d’une partie de pétanque, qu’il ne se fassent pas d’illusions. Si Hubert Patural est élu maire de Saint-Étienne, les amicales laïques auront bien du mal à obtenir quelques subventions, puisqu’il préfère « encourager l’effort plutôt que l’oisiveté ».

Il n’hésite pas non plus à attaquer les journalistes de la « presse plus que corrompue » qui osent questionner ses annonces concernant l’implantation d’entreprises à Saint-Étienne, dans le cadre des activités de sa société d’expertise, OCBI.

Des chiffres et des lettres chiffres

S’il fustige les autres candidats, qui appartiennent tous à des partis, il tombe lui aussi dans certains travers des « professionnels » de la politique, n’hésitant pas à jeter à la volée des chiffres que le public est dans l’incapacité de vérifier sur le moment même. Ainsi, 56 % des Stéphanois vivraient des minimas sociaux (les seuls 44 % restants ayant donc à supporter la dette de 2 400 € par habitant) ; Maurice Vincent aurait fait entrer cet automne 2 000 Roms, « tous inscrits sur les listes électorales »… Une population qui, selon lui, va naturellement voter pour celui qui « tous les jours leur saupoudre des aides ». Et qu’il qualifie de « cas soc’ ».

Il se lance ensuite dans une autre estimation du nombre de voix qui lui seraient nécessaires pour arriver devant l’UMP et le FN dès le premier tour. Rien de moins.

Un « raz-de-marée » peu probable

Bien qu’il ait déclaré au début de sa conférence qu’il ne ferait pas de promesses, Hubert Patural y succombe cependant. En cas de victoire, il rétablira tous les « sens de circulation naturels » de la ville, créera de nombreuses places de parking partout en centre-ville, créera un fonds de placement de proximité afin de convaincre quelque 10 000 habitants de l’agglomération de rapatrier leurs économies, achètera des voitures pour la police municipale… et, surtout, il baissera les impôts directs de 20 % dès 2014 !

Même s’il reconnaît qu’il ne faut pas être trop optimiste, il espère que « cette vague de fond qui se dessinait il y a quelques semaines » puisse se transformer en « raz-de-marée ». Toutefois, en ne s’adressant qu’aux travailleurs indépendants, commerçants et artisans, en s’en prenant entre autres aux fonctionnaires ou aux chômeurs, et en ignorant les autres, Hubert Patural risque d’avoir du mal à réunir derrière lui les 11 000 électeurs dont il dit avoir besoin pour arriver en pole position de la droite au premier tour.

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Quand l’Espagne défend le droit à l’information

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« Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain » Victor Hugo.

 « Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain », disait Victor Hugo. Elles le sont parfois déjà. C’est par exemple le cas des monnaies locales complémentaires, ces alternatives aux monnaies officielles. Retour sur une soirée  « Les Utopies concrètes » au Remue-Méninges.

P2145904 e1392756772234 Les utopies concrètes : acte 1

Jeunes ou moins jeunes, « spécialistes » ou néophytes, ils sont quelques dizaines à débarquer au Remue-Méninges ce vendredi soir. Beaucoup sont venus avec quelque chose à manger, un plat fait maison à partager. Amna et Justine, les deux organisatrices de la soirée, réalisent actuellement leur service civique. Dans le cadre de leur projet citoyen intitulé « Les Utopies concrètes », elles ont décidé de consacrer leur premier Café Transition aux monnaies locales complémentaires. Pour l’occasion, elles ont invité l’association MLCC42 (Monnaie locale complémentaire et citoyenne Loire Sud), qui planche depuis deux ans sur la création d’une monnaie locale, « le lien », qui devrait voir le jour au cours de l’année 2014.

Une monnaie locale, c’est quoi ?

Les monnaies locales complémentaires représentent une alternative aux échanges monétaires « traditionnels », qu’ils se fassent en euros, en dollars ou dans toute autre monnaie officielle que ce soit. Elles s’inscrivent dans une démarche citoyenne qui privilégie la consommation locale et les circuits courts, en replaçant l’homme et l’environnement au centre. Enfin, et surtout, elles permettent l’échange de produits et de services sans alimenter le marché financier, et par conséquent la spéculation et les transactions financières opaques et « basées sur du vent » qui constituent 98 % des échanges monétaires dans le monde. Quoi de plus sensé en ces temps de crise qui se nourrit d’elle-même ?

Le quiz sur les monnaies locales

P21458911 Les utopies concrètes : acte 1

Comme son nom l’indique, une monnaie locale complémentaire ne remplace pas une monnaie officielle mais la complète. Une unité équivaut à un euro. Les utilisateurs « achètent » des unités de monnaie avec lesquelles ils pourront acheter des produits et services auprès de prestataires agréés par l’association émettrice, c’est-à-dire qui adhèrent à la charte et en respectent les principes. Les euros récoltés sont placés sur le compte d’une banque coopérative (le Crédit Coopératif ou la NEF, par exemple), sur laquelle les clients, qui sont actionnaires, ont un droit de regard. Cet argent ne peut être utilisé que pour des projets approuvés lors des assemblées générales et n’alimente en aucun cas les circuits bancaires habituels, sur lesquels les citoyens n’ont aucun contrôle.

Les monnaies locales en France :

S’inspirant de ce qui se fait ailleurs, en France ou au-delà, l’association MLCC42 fonctionne sur la base du consensus. Lorsqu’une personne a une objection à une proposition, on discute jusqu’à ce qu’elle n’ait plus d’argument à opposer. « On n’adopte le vote qu’en cas d’extrême limite. » Les travaux portent actuellement sur l’amélioration des documents de travail tels que la charte et la recherche de prestataires. Il en faut une cinquantaine ou une soixantaine avant de pouvoir lancer la monnaie. Si la charte pose évidemment des principes éthiques auxquels ces prestataires doivent adhérer, il convient également de ne pas les « effrayer » avec des règles trop strictes qui pourraient les dissuader de s’engager dans l’aventure. Ce sera notamment l’objet de la prochaine réunion de l’association qui aura lieu le 24 février à 19 heures à la salle Gagarine, à La Ricamarie.« Les Utopies concrètes »

Amna et Justine ont posé leurs bagages au Remue-Méninges où elles ont installé leur coin des « utopies concrètes ». Les murs sont ornés de diverses citations sur l’économie, dont celle fameuse de l’industriel américain Henry Ford : « Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin ».

Discussions autour du quiz

P2145894 Les utopies concrètes : acte 1

Cette première soirée se déroule en plusieurs temps. Après avoir présenté leur projet, elles font un bref descriptif des alternatives aux échanges marchands : les monnaies locales, les SEL (systèmes d’échange locaux) ou encore le bitcoin. S’ensuit une projection d’un extrait d’un documentaire sur le sol violette, la monnaie locale complémentaire toulousaine, qui ne fait d’ailleurs pas l’unanimité. Ainsi, ce représentant de La Commune, la monnaie locale de Roanne, voit d’un mauvais œil le fait que la Ville de Toulouse ait investi dans le sol violette ou que l’on puisse « aller chez Jules acheter des vêtements fabriqués au Bangladesh avec une monnaie dite ‘citoyenne’. Les mots ont un sens ».  

Vient ensuite le quiz préparé par Amna et Justine. Plusieurs dizaines de questions sur les monnaies locales auxquelles il faut répondre par vrai ou faux. Chacun a écrit au feutre « V » sur une main et « F » sur l’autre. Pour répondre, on pose l’une ou l’autre sur la table. Ou, plus exactement, on tape de bon cœur. Le jeu génère des discussions, des questions et des réflexions qui sont inscrites sur des post-it collés sur un panneau.

Après une petite heure de jeu, il est temps de faire une pause pour manger et boire un coup. Les panneaux sont posés près du bar et serviront de base à la dernière partie de la soirée, les questions et les réponses sur la mise en place et le fonctionnement d’une monnaie locale.

Beaucoup de questions

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Le quiz a suscité beaucoup d’interrogations auxquelles les membres de MLCC42 tentent d’apporter des

réponses. « Et les cinq millions de chômeurs ? Qu’est-ce que ça change pour eux ? » demande une personne. « La question, c’est plus les pauvres que les chômeurs. L’emploi salarié est aussi un outil du capitalisme, comme l’argent », répond une autre. On apporte des exemples concrets, comme le sol violette qui a permis la création indirecte de 300 emplois. Si une monnaie locale ne peut être à elle seule une solution au problème du chômage, elle peut en revanche servir de levier, par exemple en relançant des productions locales.

On évoque l’article 123 du Traité de Lisbonne qui oblige les États à emprunter auprès de banques privées, alimentant ainsi une dette exponentielle dont tout le monde se demande si on en viendra un jour à bout. Le monnaie locale, elle, permet de retrouver une forme d’autonomie. Elle est « un grain de sable qui permet de sortir de la spéculation à son échelle ».

Quelqu’un demande si, en tant que salarié, il peut être payé en liens. « Si vous êtes d’accord, oui. » Il s’agit d’une négociation entre employeur et employé. Si les deux parties souhaitent procéder ainsi, il n’y a aucune impossibilité à cela. Toutefois, il n’est actuellement pas possible de régler l’intégralité du salaire en monnaie locale. En effet, il sera toujours nécessaire de posséder des euros pour régler un certain nombre de produits et services : EDF, impôts, achats divers, etc.

Une charte

P2145901 Les utopies concrètes : acte 1

Puis on aborde le thème de la charte, sur laquelle beaucoup s’interrogent. « La liste est longue et exigeante, reconnaît un animateur du lien, et les prestataires risquent de ne pas être très nombreux. » Il est donc proposé de rédiger une charte plus pédagogique. En revanche il est clair que la nature même de leurs produits empêche certains commerçants de devenir prestataires, comme ce fleuriste dont les fleurs viennent du Kenya en transitant par Amsterdam. Une exigence non négociable qui fait partie des « critères barrières », comme le fait qu’une entreprise soit cotée en Bourse. « Dans ce cas-là, on ne pourra pas acheter de chocolat ? » plaisante quelqu’un.

D’autres s’interrogent sur un risque éventuel de communautarisme, voire de sectarisme. « C’est un choix personnel, pas du sectarisme. Il y a une charte standard mais elle est aussi personnelle. C’est une manière de ne plus être de simples consommateurs, mais des ‘consommacteurs’. »

Le mot de la fin revient à Philippe, de MLCC42, qui en profite pour remercier Amna et Justine. « Nous avons tous un V et un F sur les mains. Alors j’ai envie de dire : ‘Vive les filles’ ». Celles-ci animeront leur prochain café transition le 7 mars prochain, sur le thème de la récupération. Tous ceux qui ont envie d’apprendre à fabriquer une guitare à partir d’une vieille poêle ou de participer à une « Disco soupe » sont les bienvenus.

 

Serge Latouche se met à table au remue méninges

Depuis plusieurs mois, le café-lecture le Remue-Méninges et l’auteur Hélène Amblard organisent des ateliers de libre expression. Une fois par mois, une rencontre a lieu autour d’un thème, en présence d’un invité. Jeudi dernier, il s’agissait de Serge Latouche, pour échanger sur le sujet « Économie et environnement ». Autour d’un plat.

Read More « Serge Latouche se met à table au remue méninges »

Gérard Riffard garde le cap dans l’Anticyclone

Le 11 juin dernier, le père Gérard Riffard comparaissait devant le Tribunal de Police de Saint-Étienne pour non-respect d’un arrêté municipal interdisant l’hébergement de réfugiés à l’église Sainte Claire. Le parquet a requis 50 € d’amende par jour d’infraction, soit près de 12 000 €. Le jugement a été mis en délibéré au 10 septembre prochain. Read More « Gérard Riffard garde le cap dans l’Anticyclone »

A trip with Ira : un tour d’Europe du bénévolat

​​Nous en parlions il y a quelques jours. Juan, Mariana et leur chienne Ira ont fait escale à Saint-Étienne la semaine dernière dans le cadre de leur projet « A trip with Ira ». Partis de Madrid au début du mois de juillet, ils sont déjà passés par la Galice, la Bretagne, Lille, le Luxembourg et la Suisse et ont parcouru près de 6 000 kilomètres.

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