L’Affaire Cahuzac, en bloc et en détails

Le 2 avril 2013, Jérôme Cahuzac se rendait devant le juge pour avouer qu’il avait un compte en Suisse non déclaré, ce que Mediapart avait révélé quatre mois plus tôt, le 4 décembre 2012. À l’issue de son audition, il était mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale. Aujourd’hui, la justice le condamne à 3 ans de prison ferme et 5 ans d’inéligibilité pour avoir fraudé le fisc.

Fabrice Arfi est le journaliste à l’origine du dévoilement de l’affaire, qu’il raconte dès mai 2013 dans son livre, L’Affaire Cahuzac, en bloc et en détails. Le journaliste y revient sur son enquête, ses rendez-vous avec des témoins clefs, tous les recoupements et vérifications effectués avant de publier ce qu’il savait être explosif. Car une fois le fil tiré, la pelote se déroule : et plus que la faillite d’un homme, c’est une fraude fiscale à grande échelle, généralisée, qui est mise à jour.

Trois ans plus tard, bien que la Suisse ait accepté de se soumettre à un peu plus de transparence, et malgré la condamnation de l’ancien ministre du Budget français, ce sont toujours près de 80 000 milliards d’euros d’argent public qui disparaissent dans les paradis fiscaux chaque année.

Fabrice Arfi, L’Affaire Cahuzac, en bloc et en détails, Don Quichotte éditions, 2013

288 pages, 18 euros

La chanson française a eu chaud cet été

Créés il y a 20 ans, les quotas radiophoniques sont l’un des dispositifs emblématiques de la diversité culturelle française. Cet été ils ont failli passer à l’as. Retour sur cette passe d’armes.avec Michel KEMPER

(photo DR)

Depuis vingt ans, la loi impose aux radios de diffuser au moins 40% de chansons en langue française, ce qui, sauf à vouloir taire notre langue, est bien le minimum. Si, contrairement à certains pays, on entend encore en France des chansons dans notre propre langue, c’est bien grâce à cette loi. C’est cette loi qui a sauvé la Chanson française. Depuis vingt ans, les radios commerciales, NRJ, RFM et Fun radio en tête, se battent pour faire tomber cette dernière digue, ces quotas. Ah, le rêve d’antennes entièrement soumises à l’anglo-saxon… Pour l’argent, NRJ est prête à renier sa langue maternelle. Et, de toute façon, triche en permanence, elle et ses consœurs. Ces 40% obligés de langue française, elle les réalise sur dix titres seulement, matraqués à mort, « en rotation » comme on dit. Exit la diversité culturelle (les grands mots tout de suite : si vous leur parlez de culture, les abrutis d’NRJ sortent leurs flingues !).

Au demeurant, que font les autres radios, France-Inter incluse, dont le quotas est, elle, radio publique oblige, d’au moins 50% ? Ce quota respecté à la lettre (pas de chance d’y entendre une chanson française de plus !) reflète-t-il pour autant la diversité de la chanson de ce pays ? Oh que non, nos lecteurs ne le savent que trop ! Ce volume de chansons est comme sous-traité par les gros labels, les majors, d’un formatage honteux qui n’a pas grand chose à envier à celui des radios commerciales. Les radios commerciales sont vent debout contre les quotas : elles veulent désormais  les faire supprimer. 100% d’anglo-saxon à l’antenne, c’est leur rêve absolu, leur jouissance promise !

Le gouvernement est pour le maintien et exige, lui, une diversification des titres à l’intérieur des quotas (que ce ne soient pas toujours les mêmes chansons, ce qui, sans réelle définition de ce qu’est le champ de la chanson, ne veut pas dire grande chose). En contrepartie il est prêt à baisser les quotas de 40 à 35 %. Défaite donc. A l’initiative de la Sacem, prise un peu au dépourvu, les artistes viennent de signer une pétition pour sauver la langue française. En un peu plus de 48 heures, la Sacem a rassemblé 1800 signatures d’artistes. Et le Parlement a adopté un amendement de compromis. Jusqu’à la prochaine attaque….


Sonia Devillers reçoit Tristan Jurgensen, directeur général de Fun Radio et de RTL2


De la chanson française, du Kendji Girac et autre Maitre Gims, vous en entendez des tonnes sur les radios musicales privées. Le problème ? Ce sont toujours les mêmes. 10 titres – seulement – qui permettent aux stations de remplir leurs quotas de chansons françaises. La loi veut corriger ça. Mais les radios musicales font barrage. Face à elles, 18000 artistes signent une pétition pour sauver les quotas, c’est-à-dire pour sauver les morceaux en français sur nos ondes. Le torchon brûle à deux jours du dernier examen parlementaire de ce texte incendiaire.

Plus de 2000  chanteurs ont signé cette pétition « Touche pas à mes quotas » à l’initiative de la Sacem.

JANN HALEXANDER : « SI LE GRAND PUBLIC NE RÉAGIT PAS, QUI LE FERA? » J'ai effectivement signé cette pétition que j'ai reçue de la Sacem le 9 juin. Il n'y a pas eu de démarche particulière de ma part. Habituellement je suis très méfiant vis-à-vis des pétitions, j'en signe rarement, même si j'en reçois régulièrement. Les pétitions parfois jouent sur l'émotion au détriment de la complexité d'une situation donnée, je pense. Ici, la pétition était plutôt claire. J'aurais pu ne me pas sentir concerné : je passe très peu en radios. « A Table » et « Il est minuit Docteur Schweitzer » ont bénéficié de quelques passages radios, mais en général c'est plutôt anecdotique, tellement anecdotique que lorsqu'« A Table » a été diffusé sur France Inter, j'ai reçu des félicitations de collègues, ce qui m'a laissé très perplexe. Mais si je passe peu en radio, et je ne suis qu'un cas parmi d'autres, c'est parce que le nombre d'émissions musicales radiophoniques a drastiquement baissé ces vingt dernières années. Il en est de même d'ailleurs pour la télévision – un passage d'une heure sur TéléSud, comme ce fut le cas en 2015, ce serait quasiment inenvisageable à l'heure actuelle. C'est dire si les choses changent vite, trop vite et dans le mauvais sens pour les artistes. Le nombre d'émissions musicales baisse, il y a une concentration des monopoles et la diversité des playlists, déjà limite, baisse dangereusement. Si le grand public, capable de se plaindre de ce manque de diversité, hélas, ne réagit pas pour autant, alors qui le fera ? Ce serait tentant pour les artistes, connus, très connus, moyennement connus, peu connus, inconnus, de rester chacun dans son coin, en essayant de tirer profit de la situation. En clair : Chacun pour soi et la Chance pour tous. Mais j'ose penser qu'il y a urgence. Et c'est bien la Sacem, dont je suis membre depuis 2004 (j'ai débuté dans la musique en 2003) qui a envoyé cette pétition. Si j'ai signé, ce n'est pas uniquement par peur de la baisse de la diversité des musiques à la radios. Cette baisse est déjà effective, elle est importante, j'en ai pris acte. Personnellement j'ai été ammené à faire de ma vie d'artiste un mode de vie plus qu'un métier, tellement les mutations sont violentes, profondes et accélérées. Cela implique toute une organisation pour ne faire que ça. - et un entourage solide. Et la santé aussi. Je ne suis évidemment pas le seul dans ce cas. Mais ma peur, c'est surtout ce que la remise en cause de la diversité en radios sous-entend : nos chansons, que nous essayons de faire belles, que nous souhaitons quoiqu'on dise, accessibles au plus grand nombre, ont-elles droit à l'existence ? Avons-nous vocation à ne créer des musiques que pour alimenter des publicités de voitures et les playlists de certaines radios mis à fond dans les commerces de restauration rapide ? Si j'ai signé, c'est que je pense que nous valons plus, bien plus que ça, qu'il est temps de le rappeler. Au fond, je m'étonne que nous ne soyons que « 1800 » artistes à avoir signé. Cela me paraît bien peu, compte tenu du nombre de chanteurs en France. Est-ce la peur de s'engager ? Car signer une telle pétition c'est vraiment un acte d'engagement. Ce n'est pas simplement une question de porte-monnaie. Il s'agit aussi de Culture, à laquelle les artistes que nous sommes apportent leur apport. Pour la rendre vivante, et non simple objet sonore en toile de fond. Pour maintenir ce dynamisme, il faut préserver une diversité musicale déjà relative.
JANN HALEXANDER : « SI LE GRAND PUBLIC NE RÉAGIT PAS, QUI LE FERA ? »

Abd Al Malik, Axel Bauer, Alex Beaupain, Mathieu Boogaerts, Carla Bruni, Jean-Patrick Capdevielle, Alain Chamfort, Louis et Mathieu Chedid, Albin de la Simone, Dominique A, Thomas Dutronc, Michel Fugain, Yves Jamait, Michel Jonasz, Juliette, Kent, La Grande Sophie, Maxime Le Forestier, Linda Lemay, Gérard Lenormand, Enrico Macias, Maurane, Christophe Miossec, Nana Mouskouri, Pierre Perret, M Pokora, Oxmo Puccino, Véronique Sanson, Michel Sardou, Alain Souchon, Hubert-Félix Thiéfaine Pierre Barouh, Joël Favereau, Boris Bergman, Jean Fauque, Claude Mesles, Didier Barbelivien, Alice Dona, Chico Buarque, Marianne Faithfull, Rokia Traoré, Erik Orsenna, Justine Lévy, Marie Nimier, Viktor Lazlo, Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Dardenne, Michel Legrand, Didier Lockwood, Giovanni Mirabassi, Jean-Michel Jarre, Marc et Pierre Jolivet, Jean-Félix Lalanne, Line Renaud, et même le dessinateur Plantu…Nicolas Bages (Bacchus), Idriss El Mehdi Bennani, Philippe Chatel, Dominique Terrieu (Dimoné), Lili Cros, Joseph d’Anvers, Tri Yann, Guillo (Guillaume Galiana), Richard Gotainer, Philippe Lavil, Arthur Ferrari, Zaza Fournier, Manu Galure, Gréu Gari des Massilia Sound System, Luce, Luciole, Bastien Lanza, Christopher Murray, Gilles Roucaute…Jérémie Bossone, Isabelle Boulay, les comédiennes Nicole Calfan et Eva Darlan, Teofilo Chantre, Georges Chelon, Pascal Danel, Thibaut Defever (Presque Oui), Nicolas Driot (Kandid), Michel Drucker, le compositeur de musique Pascal Dusapin, Jacques Dutronc, Enzo Enzo, Daniel Fernandez, l’auteur Pierre Grosz, le producteur Rémy Grumbach, Sylvie Hoarau des Brigitte, Gilbert Laffaille, François Morel, Frédéric Nevcheirlian (Nevché), Patricia Petitbon, Olivier Rech, François Staal, Tryo, Louis Ville, Youssoupha, Julie Zenatti…

 

 

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THD42 : que la Fibre soit avec vous !

283 millions d'Euros

Avec THD42, le SIEL mobilise 283 millions d’euros (Etat, Région, Territoires, SIEL) afin de créer 10 500 km de fibre et de permettre le raccordement de 172 000 prises. Que la Fibre soit avec vous !

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Bras de fer autour du comité d’action culturel et social (CASC) de Saint-Etienne

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Dans un contexte démocratique « en crise » où les décideurs politiques sont remis en causes par des citoyens en quête de « plus de démocratie » et de « politique autrement », un reboot du système étatique et démocratique une Civic Tech est possible notamment grâce aux outils numériques. Aux claviers citoyens.

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On a passé « City Crunch » à notre testeur

 Les branchés lyonnais de City Crunch déboulent dans cinq grandes villes françaises et canadiennes. Unité de maquette, méthodes éprouvées de marketing, City Crunch, ringardise Petit Futé et autres paumés.  Et comme à City Crunch « rien n’est gratuit » Pourparlers pousse les portes du Back office. Une redoutable entreprise de business disruptif se cache t-elle derrière la façade des bons plans ?

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Trois plate-forme « user centric »

Zoom sur trois projets user centric qui mettent l’innovation au coeur des processus sociaux

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Caca collage company : une autre histoire stéphanoise

Une tranche de l’histoire insolente et créatrice de Saint-Etienne avec un retour sur le collectif stéphanois « caca collage company » dont fait partie Ladamenrouge

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Amel B. une vie volée

Amel Ben Tiba, 24 ans,  a été mariée de force en 2011 à son cousin en Tunisie. Abandonnée par son père là-bas, elle vit depuis un enfer.  On l’a retrouve aujourd’hui  en précarité à Saint-Etienne.  Récit d’une Cosette maghrébine.

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Saint-Etienne en 1ere division cinéma

[:fr]

En cette rentrée, Canal +  a programme deux films -« Les lendemains qui chantent » et « Bodybuilder » – ayant Saint-Etienne comme décor de cinémas et âme de l’histoire.

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Le chien Pilou est un déchet de catégorie 2 pour Incinéris

Enquête sur  la filière d’incinération des dépouilles d’animaux de compagnie et la société Incineris. Read More « Le chien Pilou est un déchet de catégorie 2 pour Incinéris »

Le combat pour la vérité sur Incinéris

Céline Brisset mène un combat judiciaire et médiatique contre le système Incineris. Le cas d’école de l’incinération est un cas de conscience. Nos amis à quatre pattes ne méritent-t-ils pas à minima des rites funéraires ? Read More « Le combat pour la vérité sur Incinéris »

Paroles de campagne des Municipales de Saint-Etienne (42)

Apaisement ! Apaisement ! Apaisement ! C’était le mot fétiche de la campagne des Municipales de Saint-Etienne  En revanche, la campagne a été émaillée de tensions : altercation entre Lionel Boucher (Modem) et un passant, prise à partie par un dompteur de Gilles Rossary Lenglet  venu manifester contre l’exploitation animale,  garde à vue pour le candidat FN de Saint Chamond,  débat à mots d’oiseaux dans le train d’Europe 1, Gabriel de Peyrecave traitant Maurice Vincent « d’empereur des kebabs ».  Loin de l’apaisement….

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La face cachée de la prostitution lyonnaise

La prostitution lyonnaise se fait de plus en plus discrète. Eloignée du centre ville depuis quelques années, elle garde cependant ses lieux et ses habitudes et semble connaître un nouvel essor du proxénétisme. Reportage  par Alison Pelotier. Read More « La face cachée de la prostitution lyonnaise »

Forum démocratie locale : une porte entrouverte

Au Centre des Congrès, l’équipe municipale a officiellement lancé les Assises de la démocratie locale samedi 8 novembre, une gestation de 9 mois jusqu’ en juin 2015. Proximité vaut-il participatif ?

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Agnès Dury : la mort inexpliquée d’une humanitaire engagée

Agnès Dury est morte assassinée le 31 décembre 2007 au Burundi. Ce geste toujours inexpliquée par la justice française et burundaise obsède sa sœur qui cherche à connaître la vérité depuis sept ans. Retour sur des années de combat parsemées de mensonges et d’omerta.

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L’économie stéphanoise (enquête citoyenne)

L’économie est au coeur de nos préoccupations quotidiennes.  Qui peut dire par exemple si Casino est un acteur loyal de la Ville ? Qui peut mesurer l’ impact sur la Ville du projet Steel ? Quelle force du design ? Quelle reconversion ? Quels résultats pour l’équipe de Gael Perdriau ? Quels jeunes pousses et quels innovations numériques pour la Métropole ? Quels acteurs forts ? Quelle place des écoles, des Universités ? Quelles investissements de l’Economie sociale et solidaire ? Fort de son collège de citoyens et de son approche transversale de la question, une vue exhaustive de la stratégie territoriale économique de saint-etienne.

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Bilan des mandats de la culture à Saint-Etienne

Pourparlers propose d’enquêter, de donner à voir l’état de la culture, les grands projets culturels, les dynamiques associatives de la culture à Saint-Etienne. Les acteurs, les réseaux réels, les budgets, les projets, les réalisations. Un état des lieux complet des acteurs et de leurs stratégie. Et si on ouvrait le dialogue sur la culture ?

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Saint-etienne la solidaire, mythe ou réalité ?

Saint-Etienne a une histoire. La solidarité au présent. Et au futur. Une histoire. Un état des lieux. Une projection. Une enquête citoyenne Pourparlers. Read More « Saint-etienne la solidaire, mythe ou réalité ? »

le lion et le moucheron

Isabelle autissier "le barrage c'est du passé".
Isabelle autissier « le barrage c’est du passé ».

Va-t-en, chétif Insecte, excrément de la terre. C’est en ces mots que le Lion Parlait un jour au moucheron ….

La fable de la Fontaine illustre notre démonstration.
Récit et morale de la Fable. Avec en prime en écoute la prise de position d’Isabelle Autissier.
Que pèsent les mouches du coche face aux poids lourds de la politique locale ?
Au printemps dernier, à quelques jours d’intervalle, un quarteron d’élus de l’Ondaine et du Pilat auront fait le pied de grue au ministère de la rue de Grenelle.
Cet instant est crucial, car le dossier doit être plaidé en Coderst de la Loire le 7 mai et l’imprimatur ministérielle est gage de viatique et de bon poids devant les techniciens. Christophe Faverjon écrit à NKM, ministre de l’écologie pour lui demander l’arrêt du projet de réhabilitation du barrage des Plats.
Dino Cinieri, député de la 4e circonscription, contre-attaque et organise une réunion le 20 juillet au ministère de l’Ecologie. Il monte au front avec le ban et l’arrière-ban de la classe politique concernée. On voit ainsi une curieuse sainte alliance autour du député qui au détour d’une rodomontade adoube pour l’occasion son adversaire aux municipales affichant une « totale confiance en les élus du syndicat des barrages et du syndicat des eaux de la Semène, réunis autour des présidents Marc Petit et Yves Serrano, maire de Saint-Ferreol-d’Auroure. »
Cette opération « coup de poing » largement relayée par la presse montre une image toute irénique d’une union sacrée autour du Barrage. Les opposants sont moins sous les feux énamourachés des « opérations de com » en direction de la presse locale. Christophe Faverjon a pu dialoguer en catimini avec une représentante de la ministre.
L’intervention « en force » à Paris, cet été, des élus (maires, sénateurs et députés Loire/Haute-Loire) auprès de la ministre de l’Écologie et du Développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet, portera ses fruits : l’Etat assure le Syndicat des barrages de son accord et de sa participation financière via l’Agence de l’eau. L’escarmouche pourrait prêter à sourire, ou inquiéter. La bataille de l’eau des Plats est politique. Comme celle des lignes à très hautes tensions ou des tracés de TGV.

Couts Marc Petit from Pourparlers on Vimeo.

Si on n’était dans le Pilat et dans l’Ondaine, on se croirait en Palestine ou en Jordanie: contrôlez l’eau et vous aurez le pouvoir !

Jean-Pierre Jusselme

L’IVG du Grenelle

barrage des Plats Situé sur la commune de Saint-Genest-Malifaux, le barrage est en cours de réhabilitation à l’emplacement de l’ancien barrage-voûte des Plats, édifié en 1958. Il est destiné à sécuriser la ressource en eau des communes du barrage des Plats et alimenter la dizaine de communes du Syndicat des Eaux de la Semène. Pourparlers ouvre le 1er acte avec le feuilleton de la gouvernance. Read More « L’IVG du Grenelle »

Barrage des Plats. Les travaux vont débuter en novembre

Alors qu’en un deus ex machina, l’Etat a tranché, Pourparlers verse une pièce au dossier avec la prise de position d’Alain Chabrolle, vice-président du Conseil régional en charge de l’environnement et de la santé.

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Barrage des Plats. Un argument raisonnable : la sécurisation en eau

le barrage de l'echapre a ete construit en 1890L’argument principal en faveur de la reconstruction du barrage des Plats réside dans la sécurisation de l’alimentation en eau à la fois pour les communes adhérentes au Syndicat des barrages (créé en 2008 et qui regroupe Fraisses, Unieux, Firminy et Saint Paul en cornillon) et pour celles des Eaux de la Semène qui regroupe 9 communes du Pilat et de Haute Loire. Elles ne dépendent que d’une source d’eau potable alors que la loi préconise deux sources d’alimentation en eau potable notamment pour parer aux épisodes de sécheresses ou aux risques de pollutions.Les communes du Syndicat des barrages sont propriétaires de deux barrages : les Plats et l’Echapre. Le barrage de l’Échapre, avec une retenue, d’un volume de 880 000 m3 est situé à la sortie de Firminy. L’installation a été réalisée dans les années 1890. « Pendant des années, le barrage de l’Echapre suffisait, explique Marc Petit, maire de Firminy. Avec les nouvelles normes de restitution de l’eau à la rivière, on va mécaniquement voir notre capacité de pompage d’eau potable diminuer. Depuis la mise en transparence du barrage des Plats, il a fallu trois reprises en 2006, 2010 et 2011 acheter pour 500 000 mètres cubes d’eau» La question est donc cruciale, et implique des solutions pérennes. Depuis septembre 2005, le fournisseur en eau potable pour le Syndicat des eaux de la semène est le Lignon. Le Syndicat des eaux de la Semène amène l’eau brute du Lignon par une conduite de la Michalière (Chambon-Feugerolles) à la station de traitement de Lherbret (Saint-Just-Malmont). Le coût en électricité de ce pompage atteint 100 000 euros par an. « La réhabilitation du barrage éviterait ces frais, car l’eau arrive par effet de gravitation. Le barrage des Plats tel qu’il serait réhabilité lui offrirait une capacité en réserve d’eau de 1 550 000 m³, garantissant l’approvisionnement en eau de 50 000 personnes » expliquent en choeur les partisans du barrage. Autant dire une manne d’eau potable et une belle réserve d’argent liquide pour qui l’exploitera.

Jean-Pierre Jusselme

Barrage des Plats et les poissons

Au fond, c’est sans doute une trame des oppositions et deux visions opposées de la même question. Les pieds dans l’eau et les lunettes chaussées, Antoine Lardon observe la rivière Semène. Assis à son bureau de Firminy, Marc Petit observe la carte des quartiers de la Ville et répète à l’envie «  je préfère les hommes aux poissons. » Il ne veut plus vivre l’épisode de la sécheresse de 2003, pendant lequel trois quartiers de la cité ont manqué d’eau potable. En cette fin d’été, deux visions s’affrontent, mais aussi deux conceptions de l’intérêt général.

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Le logiciel mental des barrages : un barrage c’est du développement !

Les travaux sur le Barrage des Plats vont donc débuter en novembre. Vox populi. Vox dei. Sondages, émissions, articles, la température de l’opinion publique était plutôt chaude pour le barrage. sans avoir lu ni les les travaux arides du commissaire-enquêteur, ni les fiches projets du bureau Stucky, instinctivement, viscéralement, la masse des ligériens a voté « Oui » au barrage.

Les ligériens filent une édile avec leurs barrages. Pourquoi?

Les maîtres du soupçon ( Freud, Marx, Nietchze) nous l’ont appris : parfois le refoulé peut remonter à la surface. Ainsi Daniel Mandon, grand sociologue et historien des mentalités, auteur d’une magnifique oeuvre arpentant l’histoire sociale et ouvrière du département, est le porte-flingue UMP des opositions écologistes. Le maire de Saint Genest Malifaux, fustige les atermoiements dans ce dossier comme un chien défendrait sa niche fiscale. Mais il est aussi en l’espèce aussi un peu le porte parole de la mémoire des ligériens attachés providentiellement à leurs barrages. Barrage du Gouffre d’enfer, barrage de l’Echapre, barrage de l’Ondenon, barrage de Grangent : les barrages font partie de leurs paysages et de leurs cartes mentales. Le département de la Loire est celui qui a le plus artificialisé ses rivières avec 20 barrages, tous dédiés et enchevêtrés avec l’activité économique des mines, de la sidérurgie, de la métallurgie mais aussi de la chimie. C’est la mémoire de150 années où la Loire était le 1er département industriel et vivait en osmose avec ses barrages.

Dans un climat de sinistrose économique, refaire un barrage, c’est comme voir l’hirondelle qui annonce le printemps, et poser un présage de richesses. A contrario préserver la rivière est un changement radical de mentalités. C’est rebooter la carte mentale, de logiciel d’un système heuristique qui mettra sans doute plus d’une génération à se produire. Et quand Antoine Lardon, contempteur de solutions alternatives au barrage, se fait historien de cette présence au fil de l’eau de la Semène d’une petite industrie de métal, il ne faut pas se tromper de personnage de combat. Aujourd’hui, il veut reconvertir cette houille blanche en « tourisme durable »… au fil de l’eau.

Jean-Pierre Jusselme

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