Madame Petiot fait trembler François Perol, patron de la BPCE

Madame Petiot fait trembler les banques françaises. Depuis son perchoir de Saint-Just-Malmont, la passionaria altiligérienne harangue les banques. Et celà marche ! Notre « Cantonna » malmontaise inquiète. Analyse.

Cliente toute ordinaire de la Caisse d’épargne, Madame Petiot est très préoccupée de morale bancaire. Elle refuse que son épargne soit placée dans les « paradis fiscaux. » Alors, Madame Petiot trouve tout naturel de leur demander des comptes. Où est placé mon argent? La banque peut-elle garantir de ne pas avoir des placements dans des paradis fiscaux? Pour muscler son questionnement, la passionaria s’arme de l’outil http://www.taxjustice.net qui est l’outil majeur pour décrypter l’opacité des banques. Mais Madame Petiot n’est pas une va-t-en-guerre. Elle suit scrupuleusement la voie hiérarchique. Sa requête remonte par étapes de la caisse locale à la caisse régionale puis enfin à François Pérol, big Boss du 2ème groupe bancaire français. Cette catho de gauche est à bonne école. Elle est membre du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement/Terre solidaire ( CCFD) qui est la première ONG de solidarité française très en pointe sur les questions des plaidoyers contre l’opacité bancaire et les paradis fiscaux! On peut imaginer que cette implication lui ouvre les oreilles des financiers à défaut de la transparence de leurs écrans. Les résultats de son compte de campagne tombent positivement. Pied à pied, l’opacité recule.

Interroger l’économe diocésain

Avec une responsabilité élargie aux marchés publics et aux traitements de leurs employés, la vaguelette pourrait devenir un raz de marée sur les côtes ligériennes et altiligériennes.Et comme, il n’est d’action efficace sans relais collectif, un groupe CCFD fait la tournée des popotes municipales avec une question. Pouvez vous nous dire où vous mettez notre argent ? Le groupe demande un écrit sur l’honneur. L’opération ne s’arrête pas là. « Dix sept régions sur 22 sont engagés dans cette dynamique » note madame Petiot. Les économes des diocèses sont aussi passés à la question par cette vague « bottom-up ». Au final, l’écrémage passé, trois banques sortent de la nasse : la banque postale, le crédit coopératif et la Nef

Jean-Pierre Jusselme

 

 

Pourparlers questionne son banquier

Pourparlers livre la seconde partie de son feuilleton sur l’euro. Entretien avec une tribu d’irréductibles qui met la main à la poche pour battre monnaie locale. Quels sont les ingrédients de cette potion magique de finance complémentaire en ébullition?

Etes vous prets à passer a une comptabilite en monnaie locale from Pourparlers on Vimeo.

Battre une monnaie locale, un projet réactionnaire ?

Non, c’est retrouver un sens. A l’origine, l’argent a permis de fluidifier les relations entre les personnes et d’accompagner les échanges et donc l’activité économique. Mais aujourdhui, 97% de la masse monétaire ne sert qu’à la spéculation et seulement 3% à faire tourner l’économie humaine. Cette situation est une catastrophe, un gâchis sur le dos des populations. La monnaie locale est un micro-pouvoir qui permettra de servir des artisans, etc….On veut qu’elle serve l’économie locale et les échanges locaux. On a besoin de partenaires et d’un large réseau de consomm’acteurs.

Vous allez battre monnaie en lieu et place de l’etat régalien ?

Il y a un vide juridique. Il existe des circulaires des Trésoriers payeurs notamment de Toulouse et les services fiscaux qui encadrent les projets de monnaies locales complémentaires, un peu sur le modèle des tickets restaurants. La monnaie locale a le droit de circuler car elle est dans un réseau fermé. On ne « bat » pas monnaie, mais on a une contrepartie à l’euro prête, ce que n’a pas l’euro qui n’est pas gagé. La monnaie en équivalence sera imprimée et circulera dans un réseau. Elle aura une contrepartie dans une banque éthique.

Encarter la monnaie dans un système fermé, n’est-ce pas revenir au troc ?

Le circuit de sa circulation sera défini par des valeurs communes. On va écrire une charte qui encadrera les entrées dans le réseau. Il y a des énergies autour nous. Des agriculteurs qui veulent s’installer. On aura toujours besoin des composants électroniques fabriqués à l’étranger. Sans occulter l’Europe ni le monde.

S’agira t-il simplement de payer quelques artisans militants ? Comment faire que la boucle ne soit pas fermée ?

Des mairies peuvent décider de payer 10% des salaires en monnaie locale si les salariés l’acceptent….Dans une région d’Autriche, on paie ses impôts locaux en monnaie locale.

Quelle est la position de Bercy ?

On attend des réponses de Bercy. Sur des monnaies électroniques, où ce serait moins contrôlable, l’Etat émet de solides réserves mais sur des monnaies circonscrites, cela semble possible.

Quel est le levier bureaucratique et la politique publique qui correspondent à ces initiatives ?

On est à côté de l’euro. C’est un projet dans la démocratie participative, dans l’économie sociale et solidaire. On ne veut pas écrouler l’euro et on a bien conscience des enjeux affectifs autour de la monnaie qui structure notre quotidien.

Est-ce que l’échiquier politique ne se recompose pas aussi autour de ces questions là ?

Nous on est pas dans le politique.

Est-ce que votre réflexion n’est pas au fond une réflexion au bord du gouffre. L’hypothèse du crack n’est pas absurde ?

7% de l’euro seulement est couvert. Si tout le monde venait retirer son argent, il fermerait les banques, les distributeurs, la monnaie électronique. Avec mes petits billets, je continue d’acheter mon pain et mon fromage. On retire une partie des euros d’un système qu’on considère comme toxique.La diversité des monnaies permet de résister plus facilement aux crises, comme dans un champs planté par une diversité de plantes. Cela nécessite un cul de sac pour ne pas être échangé contre des euros in fine.

Acheter demain à la FNAC avec ma MLC, est-ce possible ?

Il faudrait qu’elle entre dans l’association et cela dépendrait des garanties que pourrait nous donner la grande distribution sur ses circuits financiers ou ses relations avec ses salariés….

Comment allez vous combattre les faux monnayeurs ?

Ceux qui ont crée ces monnaies ne nous donnent pas leurs secrets. A Toulouse, ou à Romans, il y a un système à bulle, avec un lecteur qui analyse ces microbulles. C’est difficilement falsifiable. Quoi qu’il en soit un faux monnayeur ne le fera pas en monnaie locale

Et le contrôle de la masse monétaire ?

Tout l’argent qui circule est gagé, donc la masse monétaire est contrôlée !

Propos recueillis par jean-Pierre Jusselme

 

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