Barrage des Plats. Les travaux vont débuter en novembre

Alors qu’en un deus ex machina, l’Etat a tranché, Pourparlers verse une pièce au dossier avec la prise de position d’Alain Chabrolle, vice-président du Conseil régional en charge de l’environnement et de la santé.

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Barrage des Plats. Un argument raisonnable : la sécurisation en eau

le barrage de l'echapre a ete construit en 1890L’argument principal en faveur de la reconstruction du barrage des Plats réside dans la sécurisation de l’alimentation en eau à la fois pour les communes adhérentes au Syndicat des barrages (créé en 2008 et qui regroupe Fraisses, Unieux, Firminy et Saint Paul en cornillon) et pour celles des Eaux de la Semène qui regroupe 9 communes du Pilat et de Haute Loire. Elles ne dépendent que d’une source d’eau potable alors que la loi préconise deux sources d’alimentation en eau potable notamment pour parer aux épisodes de sécheresses ou aux risques de pollutions.Les communes du Syndicat des barrages sont propriétaires de deux barrages : les Plats et l’Echapre. Le barrage de l’Échapre, avec une retenue, d’un volume de 880 000 m3 est situé à la sortie de Firminy. L’installation a été réalisée dans les années 1890. « Pendant des années, le barrage de l’Echapre suffisait, explique Marc Petit, maire de Firminy. Avec les nouvelles normes de restitution de l’eau à la rivière, on va mécaniquement voir notre capacité de pompage d’eau potable diminuer. Depuis la mise en transparence du barrage des Plats, il a fallu trois reprises en 2006, 2010 et 2011 acheter pour 500 000 mètres cubes d’eau» La question est donc cruciale, et implique des solutions pérennes. Depuis septembre 2005, le fournisseur en eau potable pour le Syndicat des eaux de la semène est le Lignon. Le Syndicat des eaux de la Semène amène l’eau brute du Lignon par une conduite de la Michalière (Chambon-Feugerolles) à la station de traitement de Lherbret (Saint-Just-Malmont). Le coût en électricité de ce pompage atteint 100 000 euros par an. « La réhabilitation du barrage éviterait ces frais, car l’eau arrive par effet de gravitation. Le barrage des Plats tel qu’il serait réhabilité lui offrirait une capacité en réserve d’eau de 1 550 000 m³, garantissant l’approvisionnement en eau de 50 000 personnes » expliquent en choeur les partisans du barrage. Autant dire une manne d’eau potable et une belle réserve d’argent liquide pour qui l’exploitera.

Jean-Pierre Jusselme

Marc petit, Nasser du Pilat

Le maire de Firminy refuse la main tendue par Saint-Etienne Métropole d’un partage de la ressource très abondante tirée de Lavalette. Ombre d’explication ?

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Barrage des Plats et les poissons

Au fond, c’est sans doute une trame des oppositions et deux visions opposées de la même question. Les pieds dans l’eau et les lunettes chaussées, Antoine Lardon observe la rivière Semène. Assis à son bureau de Firminy, Marc Petit observe la carte des quartiers de la Ville et répète à l’envie «  je préfère les hommes aux poissons. » Il ne veut plus vivre l’épisode de la sécheresse de 2003, pendant lequel trois quartiers de la cité ont manqué d’eau potable. En cette fin d’été, deux visions s’affrontent, mais aussi deux conceptions de l’intérêt général.

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Le logiciel mental des barrages : un barrage c’est du développement !

Les travaux sur le Barrage des Plats vont donc débuter en novembre. Vox populi. Vox dei. Sondages, émissions, articles, la température de l’opinion publique était plutôt chaude pour le barrage. sans avoir lu ni les les travaux arides du commissaire-enquêteur, ni les fiches projets du bureau Stucky, instinctivement, viscéralement, la masse des ligériens a voté « Oui » au barrage.

Les ligériens filent une édile avec leurs barrages. Pourquoi?

Les maîtres du soupçon ( Freud, Marx, Nietchze) nous l’ont appris : parfois le refoulé peut remonter à la surface. Ainsi Daniel Mandon, grand sociologue et historien des mentalités, auteur d’une magnifique oeuvre arpentant l’histoire sociale et ouvrière du département, est le porte-flingue UMP des opositions écologistes. Le maire de Saint Genest Malifaux, fustige les atermoiements dans ce dossier comme un chien défendrait sa niche fiscale. Mais il est aussi en l’espèce aussi un peu le porte parole de la mémoire des ligériens attachés providentiellement à leurs barrages. Barrage du Gouffre d’enfer, barrage de l’Echapre, barrage de l’Ondenon, barrage de Grangent : les barrages font partie de leurs paysages et de leurs cartes mentales. Le département de la Loire est celui qui a le plus artificialisé ses rivières avec 20 barrages, tous dédiés et enchevêtrés avec l’activité économique des mines, de la sidérurgie, de la métallurgie mais aussi de la chimie. C’est la mémoire de150 années où la Loire était le 1er département industriel et vivait en osmose avec ses barrages.

Dans un climat de sinistrose économique, refaire un barrage, c’est comme voir l’hirondelle qui annonce le printemps, et poser un présage de richesses. A contrario préserver la rivière est un changement radical de mentalités. C’est rebooter la carte mentale, de logiciel d’un système heuristique qui mettra sans doute plus d’une génération à se produire. Et quand Antoine Lardon, contempteur de solutions alternatives au barrage, se fait historien de cette présence au fil de l’eau de la Semène d’une petite industrie de métal, il ne faut pas se tromper de personnage de combat. Aujourd’hui, il veut reconvertir cette houille blanche en « tourisme durable »… au fil de l’eau.

Jean-Pierre Jusselme

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