Ca veut dire quoi être Charlie en aout 2015 ?

jpj au cigareCe discours aux vœux du Club de la presse de la Loire ne m’a pas valu que des amitiés. Il a le mérite d’être l’exact reflet de ma pensée et de la direction que je souhaite impulser à Pourparlers V 2 😛 

Ca veut dire quoi être un Charlie collectif  OJD à Saint-Etienne? Moi, je crois que que la 1ere vraie question est entre liberté d’expression et le sens des responsabilités.. Personne ne peut faire Tartuffe là-dessus. L’actualité récente stéphanoise offre des exemples où des questions se posent de cette dialectique entre liberté d’expression et une certaine éthique de la responsabilité. Comment est-ce qu’on traite l’interdiction du spectacle de Dieudonné ? Comment est-ce qu’on aborde la volonté de dépeindre le Géant ? Comment on analyse les réactions à l’article du Monde ? Comment on lit l’article de Loic Todesco sur transparence sur le prix des vœux du Maire ? Ou de Florence Banrolla sur le Prix du concert de France Bleue au Zenith ? On ne peut pas faire comme si ce débat n’était pas aussi ici. En plus ce débat, il n’est pas qu’interne aux rédactions, ni en dialogue avec les élus. C’est un triangle où les citoyens dans leur diversité doivent être entendus. Mon 1er sentiment est qu’au delà du devoir d’informer, on nous demande d’être dans de la pédagogie, et dans la vigilance un peu comme des instituteurs de la République qui armés de la fameuse devise liberté, égalité, fraternité serait aussi capable de dire là au nom des valeurs de la République « On s’indigne »! Sans tomber dans le « Tous pourris ».  Il me semble qu’il y a  beaucoup de questions à se poser sur le sentiment d’insécurité par exemple ! Il y a une pédagogie de la Liberté d’expression et de la responsabilité à avoir au service du vivre ensemble ! Sur quelle pédagogie, sur quelles valeurs, on s’appuie là-dessus ? Les fameuses bonnes nouvelles, c’est la demande d’une partie du lectorat.

Ca veut dire quoi d’être Charlie aujourd’hui dans la Loire ? Devoir d’insolence, d’ irrévérence, devoir d’esprit critique. C’est une tradition de la presse d’aller gratter là où il y a du pouvoir, du secret, des combinazione. Il faut avoir les reins solides. Certains journalistes savent ce que c’est que d’avoir des pressions, d’avoir attaqué un nœud de pouvoir, ou égratigné un Lobby. Ca peut aussi être un devoir d’avoir aussi un peu d’humour. J’ai pensé à Michel Clavel qui avait payé sa place pour un titre « Saint-Etienne affiche ses parties zénithales ». Jusqu’où les « puissants » locaux peuvent-ils accepter d’être éventuellement brocardés ou titillés ? A Lyon , ils ont les Potins d’angèle, héritier de Guignol. On a eu le Chat Botté à Saint-Chamond. Jusqu’où est-on prêt tous collectivement à relever ce défi ? Les journalistes individuellement peuvent-être courageux. Est-ce que les rédactions sont prêts à les suivre, quitte à devoir assumer un procès en diffamation ?

Ca veut dire quoi d’être Charlie aujourd’hui dans la Loire ? Est-ce que ce n’est pas oser aussi l’indignation ? Révéler ce qui peut être scandaleux ? Je pense Le scandale n’est jamais là où on l’attend. Il y a le scandale de provocation et le scandale de révélation qui ouvre les yeux, amène à un progrès des consciences, peut-être un progrès social parfois. Pour moi au quotidien, à Saint-Etienne, dans ma rue, il y a le scandale de voir des enfants dans les rues de saint etienne vider des poubelles. C’est mon scandale à moi ! Chacun aura son scandale de provocation ou de révélation ! Si je peux dire je suis Charlie, c’est à la suite de Charlie Pour dire comme disait Hessel « Indignons nous » !

Ca veut dire quoi d’être Charlie aujourd’hui à Saint-Etienne ? Je vais être très clair là-dessus. Les images de « Charlie » étaient scandaleuses pour une partie de nos concitoyens. C’est une réalité qu’on ne peut gommer ! Beaucoup de jeunes des quartiers n’étaient pas à la Marche blanche. Pourquoi ? La société est très clivée. Est-ce que nos médias reflètent bien la diversité de la population ? Est-ce qu’au moins on est capable de dialoguer avec ceux qui ne pensent pas comme nous ? Et surtout sur quelle base ? Quelles tribunes donner ? Quelles réactions avoir ? Alors, moi, bien modestement et de là où je suis, je propose qu’on se pose, journalistes, communicants, élus républicains, mandataires de l’autorité de l’Etat avec quelques questions. Quel sens de la responsabilité de la presse ? Quels moyens pour assurer une vraie indépendance de ton ? Quel soutien à la diversité des médias ? Quel seuil de tolérance et à quoi ? Comment être en prise avec le pays réel ? Peut-être cela peut-il s’insérer dans les assises de la démocratie locale.

Discours aux vœux du Club de la presse de la Loire le 22 janvier 2015

Les 5 bonnes raisons de lire Les vies liées de Lavilliers

Commencer 2013, en relisant un livre paru en 2010. Est-ce bien être dans le move de l’actu ? Oui ! Pourparlers assume et aime « Les vies liées de Lavilliers » (Flammarion) Parce qu’aujourd’hui plus que jamais on a besoin d’enquête cousue main. Parce que le savoir faire manufacturier d’un artisan journaliste ligérien est précieux. Pourparlers décerne le « Made in Loire » à cette bio qui poursuit ses chemins de traverses sur le blog de MK . Et vous met en ligne quelques inédits de BL.

 

Michel Kemper est un journaliste old school

Michel Kemper est un journaliste old school style. Lunette serrées, débit heurté, il n’a jamais emprunté les voies faciles du métier, jamais cédé aux complaisances du métier de journaliste cultureux. Et s’il savoure quelques places VIP dans les festivals « pour mieux faire mon métier » s’excuse t-il, il sait aussi se faire des ennemis dans le métier, ce qui est un gage de crédibilité. Sur son blog dédié à la chanson française, MK a trouvé une terre d’asile et devient juge des élégances de la chanson français. Pourquoi lire les Vies liées de Lavilliers et s’abonner au site http://nosenchanteurs.eu/ La réponse en 5 raisons majeures.

1ere raison Une bio en forme de bataille. Ma bio, mon combat. Michel Kemper a payé le prix pour cette bio. Cet ancien du défunt magazine Chorus a mené de 2004 à 2010 une enquête serrée de 300 pages sur Bernard Lavilliers. Ce livre aurait du s’écrire à deux voix. Sans doute aurait-elle été autre. Bernard Lavilliers était censé dévider dans l’oreille complice de son ami journaliste ses secrets intimes pour la collection Chorus/Fayard. En octobre 2006, Lavilliers signifiait qu’il se retirait du projet. MK ne veut pas lacher l’affaire, son travail d’enquête le prend aux tripes. En janvier 2009, le livre est signé par le PDG de Fayard, Claude Durand. Fin novembre 2009, le contrat est dénoncé par Olivier Nora, son successeur. Les éditeurs ne se bousculent pas au portillon. La faute à des menaces non dissimulées de procès ? Lavilliers fait-il peur ? Est-ce le poids dans l’empire Barclay-Universal ( 600 000 albums vendus en moyenne) ou des supposés gros muscles de boxeur de Nanar ? Que peut peser le travail d’un obscur journaleux de province face à Lavilliers ? Les éditeurs lui proposent alors des contrats léonins, laissant à la charge de l’auteur les frais d’éventuels procès. CQFD. « Je ne voulais pas transiger. Certains éditeurs ont eu peur du procès, et m’ont abandonné. » explique Michel Kemper. La bio sera finalement prise chez Flammarion.

Les vies liées de lavilliers by Pourparlers on Mixcloud

Les vies liées de Lavilliers

2eme raison. Une bio qui résiste au système médias…Les vies liées est le miroir tendu au système médiatique. La bio non autorisée sortait en novembre 2010 en même temps que Causes perdues et musiques tropicales Devinez si les journalistes et les médias ont préféré le mythe à la réalité ? Bien évidement Le Monde, L’Humanité, Le Nouvel Obs, Le Grand journal de Canal+, Le Fou du roi, Libération, Serge, France 2, France-Inter France 3, France 5, RTL, Europe 1 ont préféré le mythe fait homme ! Lors des interviews précédant le retour à Saint-Etienne de Lavilliers, alors parrain de Paroles et musiques, les consignes du manager aux journalistes étaient claires : ne lui parlez pas du livre de MK, sinon pas d’ITW. Cette omerta est confirmée par les attachés de presse de Flammarion. « Le sérail des journalistes parisiens a boycotté ce livre » déplore Michel Kemper. Lavilliers depuis ses débuts en 1965 a su apprivoiser la presse. « Lavilliers a vite compris comment se servir d’une presse qui ne vérifie pas ses sources. Comme il est un bon client, les journalistes l’aiment bien. Mais en trois ou quatre feuillets on ne risque pas d’aller fouiner dans le passé ou de vérifier des infos. On s’en tient seulement à ce que Lavilliers dit, sans distance aucune, ni sans aller explorer les doutes existants et les incohérences du parcours. » Le blog épingle L’air du temps (diffusée en décembre sur France5), véritable panégyrique de Lavilliers. Cette émission, produite par P6 productions, reconnaît avoir « été supervisé par Lavilliers, rectifié et validé par Frédéric Vinet, le manager et bras droit de Lavilliers ». Les gardien de temple veillent !

Un 1er inédit de Lavilliers ( enregistré à l’époque mais jamais gravé sur galette)

3eme raison. Des révélations sur les plagiats…….Et la mythomanie de Lavilliers.

Lavilliers dans les années 60
Lavilliers dans les années 60

Les plagieurs de Gainsboug à Trenet sont légions dans la chanson. Lavilliers est sans doute leur maitre à tous. MK a relevé pas moins de 25 chansons douteuses.Et de citer des emprunts à Saignée piquée à Joyce Mansour, ou Au Petit matin à Claude Roy Contrefaçons ? Plagiats ? Emprunts ? Ressemblances caractérisées comme le signale la Sacem ?  « Mais son travail d’écriture est avant tout un exercice de réappropriation de textes et poésies, qu’il arrange à sa légende » explique MK.

Deux chapitres examinent les bobards de Bernard Lavilliers. Lavilliers n’a pas été au Brésil dans les années 1960. Il n’a jamais fait de prison ni été en maison de correction. Il n’a jamais été boxeur professionnel. Il n’a jamais eu de bateau nommé Corto Maltese. Lavilliers a été précurseur en s’inventant sa vie. Les Vies liées décrypte ce storytelling, invention de Michel Martig, son manager au début des années 1970. « Lavilliers porte nos fantasmes face à nos vies médiocres : se casser de l’usine, faire l’amour avec femmes brésiliennes et un bras d’honneur a une vie médiocre..» commente Michel Kemper.

Un antidote certain, la chanson cultissime des Fatal Picards où le grand Nanar met de l’humour dans sa légende en apparaissant en invité guest star :

Indulgent avec l’artiste. MK tacle les médias complices. « Toujours lui faire vivre cette vie, jamais le contredire. C’est à peine le chanteur qui s’en vient mais le frère de lait d’Indiana Jones, le manuel de survie de MacGyver, le Cendrars bien Loti, le coup de crayon de Pratt…, on reçoit une icône, la projection de nos fantasmes, la matérialisation de nos envies. Lavilliers échappe à son humaine condition : il est largement ailleurs, en constante représentation, rivé à ses vies rêvées. » Les vies de « Corto lavilliers » ou « Bernard maltese » s’imbriquent jusqu’au plus ridicule. Jusqu’à provoquer l’emphase pathétique chez les journalistes « Tout jeune, il a quitté Saint-Étienne, il a quitté la zone. Il est parti pour le Brésil riche de ses seuls rêves. Né trop tard pour être flibustier, il est devenu auteur-compositeur-interprète-voyageur-aventurier-chasseur de tigres… » (A/R-mag, magazine de voyages ). Le blog ancré dans les réactions des gens du métier et de ceux qui ont croisé Lavilliers est un fabuleux contre-poison à cette logorhhée pathétique : http://nosenchanteurs.eu/index.php/tag/les-vies-liees-de-lavilliers/

un second inédit, en mode Ferré/Brassens

4eme raison. Une biographie chorus qui donne vie au saint-etienne culturel des années 60. Les vies liées de Lavilliers traite principalement de la genèse de l’artiste et de son mythe, jusque dans les années 1980 et les succès commerciaux. Les Vies liées de Lavilliers est une bio chorus. Elle grouille comme toute bio sérieuse de la vie « antichambre » de l’artiste. Saint-Etienne des années 60 est le second personnage. Michel Kemper est allé chercher le Lavilliers qui prend forme, corps et voix dans le quartier de Chavanelle et de la Manu.

5eme raison Une bio assortie d’inédits. Avec son acolyte, le chanteur Éric Guilleton, Kemper a déniché des chansons inédites de Bernard Lavilliers (Jeannette, Sur les bords de l’Allier, L’homme en bleu, Whisky-Club, Ça en fait des croix…), chansons tirées de son époque stéphanoise (1965-1966) jamais gravées dans la cire. Et à lire l’extrait de la bio qui traite du mystère d’Edgar de Lyon.

Jean-Pierre Jusselme

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Design de réemploi : la révolution venue de Cuba atterrit à Saint-Étienne

Pourparlers s’invite à la révolution du Design de réemploi. Une jolie bouture de cette révolution écologique et humaniste prend racine à Saint-Étienne dans la canopée design. Pourparlers effeuille les étages de cette fusée.

Design symbiotique, biocénose alimentaire, villages de villes sont des alternatives écologiques et économiques au schéma classique production/usage/élimination. La révolution du Design de « réemploi » peut toucher tous les domaines, de la vie courante, de l’intime du foyer jusqu’aux espaces publics de la Cité et de l’Urbanisme. Explorations de l’echo-system d’Open sources.

 Design et déchets un oxymore ?

Design et déchets, un oxymore ? Pas certain. Avec les crises, ce design de réemploi pourrait prendre la vague, et devenir le « hype » absolu. Equation simple : le design classique est lié à l’obsolescence programmée. Il alimente une surabondance d’objets et de produits pour « faire tourner la machine ». Produisez, marketez et vous aurez l’abondance ! Le Design classique est l’ultime avatar de l’urbanisme de la révolution industrielle. Le Design de réemploi rebat les cartes. Le réemploi n’est pas le recyclage. Il donne une seconde vie aux objets mais « en les respectant dans leur identité, leur mémoire, et surtout, la forme des matériaux ». La Révolution est venue de Cuba. Face à l’embargo et à une pénurie de matériaux, les designers locaux (la population) ont inventés ou réinterprétés les matériaux à portée de main. Ernesto Oroza attire notre attention sur l’émergence de l’industrie vernaculaire à Cuba et la notion de désobéissance technologique. Leur révolution du « petit arrangement avec l’objet » a connu l’intérêt jusqu’à devenir des modèles pour les designers de la planète.

 Une bouture à Saint-Étienne

Cette bouture iconoclaste est en phase incubatoire à Saint-Étienne. Open sources est un collectif de designers, architectes, menuisiers, hébergé et accompagné par le Comité d’animation pour tous sur le parc de Montaud (CAPM). Le collectif œuvre dans des locaux prêtés par la ville de Saint-Étienne. Les membres se prêtent en contrepartie à des séances d’animation vers les enfants à l’éco-conception, à la sensibilisation aux déchets et au réemploi. La ville fait ainsi coup triple : investir le champ du design de réemploi, accompagner souplement de jeunes pousses, mener des actions de sensibilisation au développement durable dans le champ de l’économie sociale et solidaire.

Le travail d’Open Sources commence à trouver place publique. Open sources et Baptiste Menu ont ainsi scénarisés l’espace du dernier salon Tatou juste lui donnant cohérence et profondeur de champs, qualités qui faisaient sans doute défaut aux précédentes éditions. Et un rendez-vous est programmé pour la Biennale du Design.

Monter une filière Design de réemploi.

L’atelier de Montaud fonctionne à l’échelle de l’artisanat et du prototype. L’atelier de Montaud est donc comme un laboratoire local pour « Jouer et travailler avec la complexité du réemploi ». L’enjeu dépasse l’artisanat. L’ambition est d’entrer dans un processus de design pour valoriser les déchets et passer à l’échelle d’une filière « Nous sommes là pour interroger la vocation industrielle du réemploi. » La seconde étape est donc la création d’une filière maitrisée des déchets comme celle d’Envie pour la niche des déchets informatiques et électroménagers. Le modèle économique reste à trouver. Courent-ils après une chimère ? Mission impossible ? La greffe « post mortem » d’objets morts à leur 1ere vie d’usage peut-elle prendre au niveau du corps industriel ?

 Une troisième révolution industrielle ?

Le Design, dernier avatar du capitalisme consumériste et comme son aile avancée, va t-il disparaître avec la fin des ressources abondantes ? En clair, la crise écologique sonne-t-elle l’arrêt du design marketing pour un design du réemploi ? Il reste à trouver le modèle économique, industriel – peut être dans un mix idéal public/privé – derrière l’innovation sociale. Le défi n’est ni artistique (bien sûr on pense à Marcel Duchamp et à la révolution dada), ni même artisanale. Le cap de Bonne espérance aussi bien pour « Open sources » est le process industriel. A l’échelle du monde, quelques réalisations d’ingénieurs venus d’une autre planète trouvent déjà souche comme la ville danoise en totale symbiose industrielle de Kalundborg. Pourquoi ne pas profiter des synergies permises à Saint-Étienne autour du CIRIDD et accompagner localement cette transition?

Pourparlers s’interroge donc avec Open sources sur la vie de nos objets « marketés », condamnés à une vie éphémère car programmés pour l’obsolescence. Et pourparlers donne une petite tape amicale à ce projet concentré d’énergie grises, de valeurs écologiques et humanistes. Un programme ? Non un défi !

 Jean-Pierre Jusselme

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le lion et le moucheron

Isabelle autissier "le barrage c'est du passé".
Isabelle autissier « le barrage c’est du passé ».

Va-t-en, chétif Insecte, excrément de la terre. C’est en ces mots que le Lion Parlait un jour au moucheron ….

La fable de la Fontaine illustre notre démonstration.
Récit et morale de la Fable. Avec en prime en écoute la prise de position d’Isabelle Autissier.
Que pèsent les mouches du coche face aux poids lourds de la politique locale ?
Au printemps dernier, à quelques jours d’intervalle, un quarteron d’élus de l’Ondaine et du Pilat auront fait le pied de grue au ministère de la rue de Grenelle.
Cet instant est crucial, car le dossier doit être plaidé en Coderst de la Loire le 7 mai et l’imprimatur ministérielle est gage de viatique et de bon poids devant les techniciens. Christophe Faverjon écrit à NKM, ministre de l’écologie pour lui demander l’arrêt du projet de réhabilitation du barrage des Plats.
Dino Cinieri, député de la 4e circonscription, contre-attaque et organise une réunion le 20 juillet au ministère de l’Ecologie. Il monte au front avec le ban et l’arrière-ban de la classe politique concernée. On voit ainsi une curieuse sainte alliance autour du député qui au détour d’une rodomontade adoube pour l’occasion son adversaire aux municipales affichant une « totale confiance en les élus du syndicat des barrages et du syndicat des eaux de la Semène, réunis autour des présidents Marc Petit et Yves Serrano, maire de Saint-Ferreol-d’Auroure. »
Cette opération « coup de poing » largement relayée par la presse montre une image toute irénique d’une union sacrée autour du Barrage. Les opposants sont moins sous les feux énamourachés des « opérations de com » en direction de la presse locale. Christophe Faverjon a pu dialoguer en catimini avec une représentante de la ministre.
L’intervention « en force » à Paris, cet été, des élus (maires, sénateurs et députés Loire/Haute-Loire) auprès de la ministre de l’Écologie et du Développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet, portera ses fruits : l’Etat assure le Syndicat des barrages de son accord et de sa participation financière via l’Agence de l’eau. L’escarmouche pourrait prêter à sourire, ou inquiéter. La bataille de l’eau des Plats est politique. Comme celle des lignes à très hautes tensions ou des tracés de TGV.

Couts Marc Petit from Pourparlers on Vimeo.

Si on n’était dans le Pilat et dans l’Ondaine, on se croirait en Palestine ou en Jordanie: contrôlez l’eau et vous aurez le pouvoir !

Jean-Pierre Jusselme

L’IVG du Grenelle

barrage des Plats Situé sur la commune de Saint-Genest-Malifaux, le barrage est en cours de réhabilitation à l’emplacement de l’ancien barrage-voûte des Plats, édifié en 1958. Il est destiné à sécuriser la ressource en eau des communes du barrage des Plats et alimenter la dizaine de communes du Syndicat des Eaux de la Semène. Pourparlers ouvre le 1er acte avec le feuilleton de la gouvernance. Read More « L’IVG du Grenelle »

Et si les experts étaient expertisés?

L’enquete du professeur Seralini est sous les feux de l’actualité. Elle révèle un mouvement de fond porté par la Fondation Sciences Citoyennes, et une opposition farouche de la technoscience. La propostion de de loi sur la défense des donneurs d’ alerte et sur la déontologie de l’expertise vient d’être retoquée par le Sénat. Pourparlers ouvre le dossier. Avec Jacques Testard, président de la Fondation http://sciencescitoyennes.org

Le Sénat retoque l’expertise indépendante

En Rhône alpes, la Fondation s’était opposée à la fermeture du Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes (REMERA). Sur un de ses combats de longue haleine,  la Fondation Sciences Citoyennes vient d’essuyer un revers sévère. Mardi 9 octobre, la commission du développement durable du Sénat a en effet retoqué la proposition de loi portée par EELV qui prévoyait la création d’une Haute autorité de l’expertise scientifique et de l’alerte. Rencontre avec Jacques Testard, président de la Fondation sciences citoyennes.

La Fondation a fait un proposition de loi sur la défense des donneurs d’ alerte et sur la déontologie de l’expertise. Pourquoi cette démarche ?
La Fondation a travaillé 5 années sur ce projet de loi. Dans les questions d’éthiques liées aux choix technologiques, l’opinion publique est manipulée par les médias. Le référendum et le micro trottoir sont fabriqués par les médias. Les Etats généraux pour la révision des lois de bioéthique et le Grenelle de l’environnement ont été des leurres démocratiques. Certes, la procédure légale est le débat public. Il y a une Commission nationale du débat public. http://www.debatpublic.fr/, mais le débat ne permet pas de connaître la position des populations, mais d’entendre tous les porteurs d’intérêt, les lobbys, les militants, les industriels, les chercheurs. Et surtout les experts….
Derrière c’est la question de l’expertise qui est remise en cause ?
Il n’y a pas de réglementation sérieuse de l’expertise en France. L’expertise, c’est une tautologie : c’est ce que la parole des experts. Or,  il y a une idéologie de l’expertise et des conflits intérêts. Il est difficile pour eux de casser la branche sur laquelle ils sont assis . La fondation propose une nouvelle déontologie de l’expertise, qui associe des experts classiques, mais aussi des gens du milieu associatif et des citoyens initiés et éclairés grâce à d’autres connaissances, venant des sciences humaines et sociales.
Que sont les conventions de citoyens ?
La Fondation propose des conventions de citoyens. Elles  existent depuis 20 ans ans au Danemark. Elles seraient composées d’ un échantillon de population représentatif de la population française. Ces citoyens recevraient une formation sérieuse. Ils seraient initiés mais préservés des pressions des lobbies.Le problème technique n’est pas seulement un technique mais un problème de société Ils entendraient des psychologues, des historiens des anthropologues qui donneraient un point de vue sur l’utilité sociale et les conséquences. Ils pourront ensuite donner un avis, consultatif ou obligatoire qui oriente ensuite la fabrication de la loi .Les conventions de citoyens pourraient être généralisées aux autres domaines de la vie en société.
Quelle serait la mission d’une Haute autorité de l’expertise ?
La mission de la Haute autorité de l’expertise et de l’alerte ne serait pas de faire des expertises mais de définir les règles de déontologie. Ce serait une espèce de comité d’éthique de l’expertise. Elle veillerait ensuite au respect des règles. Dans le même temps, cette commission protégerait les lanceurs d’alerte.
Christian velot, lanceur d’alerte sur les OGM

Dans le proposition de loi qui a été retoquée par la commision du sénat, il y a la définition et la protection des « lanceurs d’alerte ». Quelle seraient leurs missions ? Et pourquoi les protéger ?

Les lanceurs d’alerte sont des vigies. Ils sont informés avant tout le monde, d’un risque sanitaire ou environnementale. Ils peuvent être chercheurs, techniciens de l’industrie, journalistes comme Zola. Parmi les lanceurs d’alerte, il y a Christian Velot ou André Cicocella qui est le chimiste qui s’est battu contre les éthers de glycol et autres saloperies de l’alimentation. En révélant le risque, ils se trouvent exposé à la vindicte de ceux que celà gêne (labo pharmaceutique, patrons, collègues qui craignent pour la réputation trouvent que dans une période de compétitivité à outrance c’est pas le moment de dire du mal de la boîte.Le « lanceur d’alertes » devient un militant obstiné mais en oppositions. Il est seul devant ses collégues. Il est mis dans un placard comme Seralini. Le projet vise à protéger les lanceurs mais surtout leur alerte. Car il faut qu’elle soit ensuite expertisée.
Propos recueillis par Jean-Pierre Jusselme

 

 

Pourparlers en mode «Beta»

Quels gros bétas, ces Pourparlers ! Oui. Pourparlers est depuis ce trois Octobre en ligne, mais en mode beta, comme disent nos amis geek. Décodage : en mode démarrage soft, le temps d’une traversée. En mode beta, sur son frêle esquif, Pourparlers sort haut son mat de mitaine. Avec un seul pavillon affiché à l’enseigne amirale du site : l’arobase qui questionne, le crochet qui alpague, le drapeau de pirate flottant au vent de l’infini.

En mode beta ? Durant une année, pourparlers sera donc en mode beta. Voir la fidélité des mousses et moussaillons. Essuyer ensemble la mer des Sargasse, le désert des Bermudes et les tempêtes du Cap Horn. Eprouver nos serments d’honneur. Réciter ensemble comme un chapelet la Charte d’Athènes. Donner la cadence à la rame à nos amis graphistes et développeurs. Aiguiser le sens critique de nos amis journalistes. Tester le cap de nos capitaines et gouverneurs. Sans argent, ni mécène, à la gloire de la couronne de la presse libre et indépendante, Pourparlers est une association de bienfaisance. Avec une morale haute et forte : sans concession, sans répétition, mais sans félonies ! Jamais Pourparlers ne frappera dans le dos, car son viatique est « Ouvrons le parole ». Jamais donc de coup en traître.

Doucement, mais pas tièdement.  En ouverture de rideau, ce deux Octobre, les naufrageurs de Pourparlers, flibustiers sans loi ni roi, commencent dans l’invective critique et esthétique. Sidérés par la campagne pour la fourme de Montbrison (agence 32 Décembre), les pirates de Pourparlers dégainent quelques leçons d’esthétique (lire La Fourme fait de la politique). Les gérants de 32 Décembre n’ont pas souhaité répondre à cette 1ere bordée de canon. Ils essuient les plâtres, paix à leurs intérêts que nous ne méprisons pas. La chronique de « Red is Dead » sera régulière.

Puis il y a  ceux qu’on appelle et qu’on classe comme les sans-papiers, mais pas sans carte de crédit. Comme quoi le capitalisme est bien l’ultime frontière, aujourd’hui.  (lire Etre sans papier et faire ses achats à la Fnac). Là où une certaine morale publique nous pousserait à ne plus voir ces habitants sans titre dans nos villes, pourparlers leur donne visa, quitte à frôler la désobéissance civile. Notre journaliste va compléter sa tranche de vie par un entretien avec la Préfecture.

Il y a notre évêque Tintin reporter en Transnitrie (lire Un evêque au pays d’Ottokar). A quelques 2000 kilomètres de Saint-Etienne, un pays fantôme, muséum d’histoire politique où domine la statue imposante de Lénine comme dernier arpens d’un communisme fossilisé.

Pourparlers est autant casque bleu que pirate. C’est dans son étymologie, son ADN éditoriale. Dans cette 1ere traversée, Pourparlers propose une trêve, un moment d’accalmie doux et reposant. Car la guerre est déclarée, âpre et rugueuse, à mots découverts… entre journalistes. Il y a les frères de la côte, les journalistes qui ont choisi la force obscure du Net et les traditionnels, les appareillés au continent Papier et ondes. Notre journaliste leur donne le temps d’une trêve des Braves. Car ils servent le même pavillon : la liberté et la vérité.

Bientôt, Pourparlers proposera une enquête approfondie sur le projet de barrage des Plats,  à Saint-Genest Malifaux et des rendez-vous en live.

Jean-Pierre Jusselme

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