La bataille du journalisme connecté par Charlotte Bonnet

Avant de monter sur le ring, les combattants ont tous leurs rituels. Certains embrassent leur porte bonheur, d’autres ont une prière secrète, d’autres encore se remémorent une ancienne victoire, déroulant dans leur esprit chaque coup décisif d’un match devenu mythique.  Read More « La bataille du journalisme connecté par Charlotte Bonnet »

Rencontres journalisme et humanitaire

Un reporter, présent sur le terrain fait face à une misère et un paysage désolants. Parvient-il à garder son objectivité et son calme ? C’était l’un des points centraux de discussions lors de la conférence « Journalisme et Humanitaire » organisée par l’Université Lumière de Lyon 2.

Un reporter reste un être humain, doté de sentiments et de compassion. Réussit-il, malgré un contexte difficile, à fournir des écrits qui reflètent vraiment la réalité de la situation ? Ou alors se laisse-t-il influencer par ce qu’il voit et entend ? Ethiquement, un journaliste a un devoir d’objectivité et doit normalement rapporter des informations basées sur ce qu’il voit et non sur son propre ressenti. Il est tout aussi juste de s’interroger sur l’emploi de journalistes par des ONG. Ceux-ci, soucieux de donner des rapports et photos chocs, privilégient maintenant l’envoi d’anciens grands reporters et photojournalistes sur le terrain. Des personnes d’expérience, plus à même d’amener la phrase ou la photo choc. Courrier International précise d’ailleurs que les unes des grands journaux viennent de plus en plus d’ONG. Comment remplir ses fonctions de journalistes aujourd’hui ? Peut – on faire objectivement son travail dans une zone et un contexte difficiles ?

Pierre Micheletti évoque quant à lui la sacro-sainte domination des journaux occidentaux. Pourquoi serait-ce eux les plus lus et les plus écoutés, souvent cités comme référents ? Slate Afrique constate que la plupart des grandes agences de presse internationales ont un représentant pour 10 ou 15 pays d’Afrique. Constat regrettable si on considère la diversité présente dans les pays africains que ce soit au niveau ethnique, linguistique ou économique. L’école journalistique occidentale est-elle donc la meilleure  et la plus fiable ? Pourquoi ne pas privilégier aujourd’hui l’emploi de correspondants locaux qui seraient plus à même de couvrir des évènements et d’avoir des informations utiles? Ne devrait-on pas plus être à l’écoute des journalistes locaux, potentiellement plus aptes à comprendre et analyser une situation qu’ils connaissent mieux ? Des journalistes qui ont passé leur vie dans ce pays et non pas 5 jours n’auront –ils pas des propos plus nuancés et plus approfondis ?

 

Des correspondants locaux peuvent-il être des humanitaires ? Peuvent-ils dans leur position aborder de façon ajustée la situation qu’ils côtoient quotidiennement ? Est-ce que un humanitaire peut être à la fois acteur et rapporteur d’informations ? Un journaliste de formation ne serait –il pas plus à même de faire ce travail ? Philippe Ryfman regrette  le croisement de ces deux fonctions. Les « plaidoyers » de ces ONG pour chercher du financement en Europe peuvent-ils être rédigés par des journalistes et surtout publiés dans des médias ? Où est la limite entre ces gens qui sont un coup journalistes, un coup humanitaires ? Quand certains pays expulsent certaines ONG les soupçonnant de divulguer des informations à la presse, que faire ? Quelle est la priorité ? Prendre le risque que les humanitaires soient évacués de pays qui ont grand besoin de leur aide ? Ou alors renseigner la communauté internationale sur la situation du dit pays ?

Olivier François

La fourme de Montbrison fait de la politique

Fond blanc, accroche publicitaire en noir, produit détouré sur ombre Photoshop ; ainsi pourrait se résumer cette affiche. Sobre, simple, pauvre et seule. Autopsie d’une affiche et d’une campagne !

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Néo-journalisme et technologie : menace ou richesse pour l’information ?

Les tweets, les posts sur Facebook, les blogs alimentés toutes les heures. L’information circule sur le net à une vitesse grandissante. Avec les moyens du XXIe siècle, toute sorte de contenu peut être diffusée sur les réseaux sociaux. Et ce à moindre coût et par n’importe qui. A l’intérieur de ce microcosme d’internautes, des milliers de personnes qui s’approprient le titre de néo-journaliste. « Maniac Geek », blog trotter sur la Toile, à l’origine de l’article « Le journaliste vaut-il mieux que le blogueur ? » , argumente son point de vue. « Le journaliste doit se remettre en question dans le sens où il a un concurrent en la personne du blogueur. Il doit tenir compte que les gens en ont marre des médias dominants dont la seule qualité est d’écrire le plus rapidement possible ».

S’il affirme suivre les mêmes étapes qu’un journaliste lambda, en réalisant des interviews, en se tenant au courant et en vérifiant ses informations, il est aussi convaincu de la valeur ajoutée du bloggeur, c’est-à-dire, son indépendance. Mais la volonté de ne pas reprendre les dépêches AFP et de se différencier des journalistes encadrés par les grandes entreprises de presse, n’appartient pas à toute la blogosphère. Certains se contentent bien souvent d’alimenter un flux d’information que se répète systématiquement. Résultat : l’uniformisation des contenus sur le net.

C’est pourquoi, l’ancienne génération de reporters, stylo et carnet à la main, redoute cette nouvelle forme de journalisme. Malgré tout, ils s’y intéressent et s’adaptent de plus en plus à cette réalité, soit pour des raisons économiques, soit par simple plaisir personnel. Il n’en reste pas moins que le net a entièrement bouleversé l’univers de la presse, ainsi que la façon de concevoir l’information, de s’en approprier et de la retransmettre. Pour le bloggeur Laurent Colin le néo-journaliste, n’est ni plus ni moins qu’un citoyen ordinaire, ayant sélectionné et vérifié ses sources. En quelques mots, pour lui, tout le monde peut être journaliste si éthique et déontologie sont respectées. Ce qui n’est pas toujours le cas sur Internet. Mais il ne faut pas oublier que plagiat et propos erronées proviennent aussi des journalistes professionnels sur les sites d’information en ligne. Certains internautes préfèrent alors aller chercher l’information sur les blogs ou parfois en créer eux-mêmes, entraînant rapidement un cercle vicieux.

Le relais de l’information est donc un exercice dont le journaliste ayant une formation ou s’étant construit sur le terrain n’a désormais plus l’exclusivité. L’avancée de la technologie vient brouiller davantage ce tableau tant hétérogène que chaotique. Sans aucune intervention humaine, le Statsheet, un site d’infos entièrement écrit par un robot, inventée par l’américain Robbie Allen, répertorie 10 000 articles par mois, des centaines de sites, de comptes tweeter, Facebook et applications iphone générés par un simple algorithme informatique. Pour l’instant cette machine est capable de générer uniquement des articles de sport sur la base de statistiques. Mais qu’en sera-t-il dans quelques années ?

Une certitude : le journaliste n’est plus le « maître des sources ». Lui reste-t-il encore peut-être la finesse de sa plume.

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