Pourparlers en mode «Beta»

Quels gros bétas, ces Pourparlers ! Oui. Pourparlers est depuis ce trois Octobre en ligne, mais en mode beta, comme disent nos amis geek. Décodage : en mode démarrage soft, le temps d’une traversée. En mode beta, sur son frêle esquif, Pourparlers sort haut son mat de mitaine. Avec un seul pavillon affiché à l’enseigne amirale du site : l’arobase qui questionne, le crochet qui alpague, le drapeau de pirate flottant au vent de l’infini.

En mode beta ? Durant une année, pourparlers sera donc en mode beta. Voir la fidélité des mousses et moussaillons. Essuyer ensemble la mer des Sargasse, le désert des Bermudes et les tempêtes du Cap Horn. Eprouver nos serments d’honneur. Réciter ensemble comme un chapelet la Charte d’Athènes. Donner la cadence à la rame à nos amis graphistes et développeurs. Aiguiser le sens critique de nos amis journalistes. Tester le cap de nos capitaines et gouverneurs. Sans argent, ni mécène, à la gloire de la couronne de la presse libre et indépendante, Pourparlers est une association de bienfaisance. Avec une morale haute et forte : sans concession, sans répétition, mais sans félonies ! Jamais Pourparlers ne frappera dans le dos, car son viatique est « Ouvrons le parole ». Jamais donc de coup en traître.

Doucement, mais pas tièdement.  En ouverture de rideau, ce deux Octobre, les naufrageurs de Pourparlers, flibustiers sans loi ni roi, commencent dans l’invective critique et esthétique. Sidérés par la campagne pour la fourme de Montbrison (agence 32 Décembre), les pirates de Pourparlers dégainent quelques leçons d’esthétique (lire La Fourme fait de la politique). Les gérants de 32 Décembre n’ont pas souhaité répondre à cette 1ere bordée de canon. Ils essuient les plâtres, paix à leurs intérêts que nous ne méprisons pas. La chronique de « Red is Dead » sera régulière.

Puis il y a  ceux qu’on appelle et qu’on classe comme les sans-papiers, mais pas sans carte de crédit. Comme quoi le capitalisme est bien l’ultime frontière, aujourd’hui.  (lire Etre sans papier et faire ses achats à la Fnac). Là où une certaine morale publique nous pousserait à ne plus voir ces habitants sans titre dans nos villes, pourparlers leur donne visa, quitte à frôler la désobéissance civile. Notre journaliste va compléter sa tranche de vie par un entretien avec la Préfecture.

Il y a notre évêque Tintin reporter en Transnitrie (lire Un evêque au pays d’Ottokar). A quelques 2000 kilomètres de Saint-Etienne, un pays fantôme, muséum d’histoire politique où domine la statue imposante de Lénine comme dernier arpens d’un communisme fossilisé.

Pourparlers est autant casque bleu que pirate. C’est dans son étymologie, son ADN éditoriale. Dans cette 1ere traversée, Pourparlers propose une trêve, un moment d’accalmie doux et reposant. Car la guerre est déclarée, âpre et rugueuse, à mots découverts… entre journalistes. Il y a les frères de la côte, les journalistes qui ont choisi la force obscure du Net et les traditionnels, les appareillés au continent Papier et ondes. Notre journaliste leur donne le temps d’une trêve des Braves. Car ils servent le même pavillon : la liberté et la vérité.

Bientôt, Pourparlers proposera une enquête approfondie sur le projet de barrage des Plats,  à Saint-Genest Malifaux et des rendez-vous en live.

Jean-Pierre Jusselme

Etre sans papiers et faire ses achats à la FNAC

3 ans.  « Joseph » y pense chaque jour. 3 ans qu’il ne possède plus de titre de séjour et donc le droit légal de résider en France. 3 ans qu’il ne peut donc ni repartir chez lui, ni prendre l’avion. Il ne touche plus la CAF, ce qui a considérablement augmenté ses dépenses. Pourtant, l’interview finie,  un doute subsiste, me retournant sans cesse l’esprit. Ce garçon est-il malheureux ?  Le récit de ces trois années laisse à penser que non.

Joseph a connu un parcours un peu chaotique au niveau de ses études : parcours  qu’il attribue à un manque de motivation mais aussi aux nombreuses grèves universitaires qu’il a connues. Il affirme ne pas avoir eu cours pendant plusieurs mois. Le jeune homme s’est depuis, repris en main.  Un regain de vitalité qui a paradoxalement coïncidé avec le début d’un statut de sans-papiers.  Pourtant, sa vie n’a pas vraiment changé. Il s’est retrouvé plusieurs fois à l’hôpital, et a pu recevoir sans problème des soins. Son titre de séjour ne lui a jamais été demandé.

[pullquote align= »right »]« Etre orphelin de son titre de séjour aurait été problématique si je n’avais vraiment pas les moyens, mais je suis chanceux à ce niveau-là… »[/pullquote]
Son inscription à la fac et en école se sont aussi déroulées sans anicroches.  Là non plus, son titre de séjour ne lui pas été demandé. L’étudiant évoque aussi les achats en plusieurs fois faits sur internet et la téléphonie mobile. Les achats en plusieurs fois nécessitent une pièce d’identité. Joseph tente le coup avec son passeport. A sa grande surprise, l’achat est validé et il parvient donc à acheter à crédit. Son passeport devient ainsi son nouveau sésame. Il parvient ainsi à prendre une nouvelle ligne mobile et même, à ouvrir un nouveau compte bancaire. Au cours de l’ouverture de son nouveau compte bancaire, il précise que son titre est en attente de renouvellement et la banque accepte ainsi la pièce d’identité de son pays d’origine.

CC William Hammon

Joseph concède que travailler sera beaucoup plus difficile en étant sans papiers, mais que sa vie d’étudiant n’a en rien été altérée par ce nouveau statut. « Etre orphelin de son titre de séjour aurait été problématique si je n’avais vraiment pas les moyens, mais je suis chanceux à ce niveau-là… » avoue le jeune homme.  Il a une pensée pour les autres sans-papiers : ceux qui n’ont pas les moyens et qui mènent une vie difficile. Vivre agréablement sans titre de séjour est donc possible si on a les moyens. Joseph assure qu’ils sont plusieurs dans ce cas. Pas fiers d’être sans papiers, mais heureux de pouvoir mener une vie normale.

NDLR : « Joseph » est un nom d’emprunt

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