L’empathie de la « non vie » par le collectif Manuela Rodriguez

Le design, c’est cool, c’est sympa, n’est-ce pas ? C’est Trendy diront certains pour être dans le coup. Ça rime avec le beau, l’innovation, le progrès. Parfois il y a un petit côté fascinant, magique dirons-nous. Si ça va trop loin alors c’est de la science-fiction, « mais c’est avant tout pour poser des questions » répondront les naïfs la bouche en cœur. Un concept fourre-tout : design environnemental, design commercial, design social, design numérique, design humanitaire… Bref, rien de bien méchant dans ce « quelque chose perdu entre l’art et l’industrie » que nul ne sait trop définir avec précision.

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Design de réemploi : la révolution venue de Cuba atterrit à Saint-Étienne

Pourparlers s’invite à la révolution du Design de réemploi. Une jolie bouture de cette révolution écologique et humaniste prend racine à Saint-Étienne dans la canopée design. Pourparlers effeuille les étages de cette fusée.

Design symbiotique, biocénose alimentaire, villages de villes sont des alternatives écologiques et économiques au schéma classique production/usage/élimination. La révolution du Design de « réemploi » peut toucher tous les domaines, de la vie courante, de l’intime du foyer jusqu’aux espaces publics de la Cité et de l’Urbanisme. Explorations de l’echo-system d’Open sources.

 Design et déchets un oxymore ?

Design et déchets, un oxymore ? Pas certain. Avec les crises, ce design de réemploi pourrait prendre la vague, et devenir le « hype » absolu. Equation simple : le design classique est lié à l’obsolescence programmée. Il alimente une surabondance d’objets et de produits pour « faire tourner la machine ». Produisez, marketez et vous aurez l’abondance ! Le Design classique est l’ultime avatar de l’urbanisme de la révolution industrielle. Le Design de réemploi rebat les cartes. Le réemploi n’est pas le recyclage. Il donne une seconde vie aux objets mais « en les respectant dans leur identité, leur mémoire, et surtout, la forme des matériaux ». La Révolution est venue de Cuba. Face à l’embargo et à une pénurie de matériaux, les designers locaux (la population) ont inventés ou réinterprétés les matériaux à portée de main. Ernesto Oroza attire notre attention sur l’émergence de l’industrie vernaculaire à Cuba et la notion de désobéissance technologique. Leur révolution du « petit arrangement avec l’objet » a connu l’intérêt jusqu’à devenir des modèles pour les designers de la planète.

 Une bouture à Saint-Étienne

Cette bouture iconoclaste est en phase incubatoire à Saint-Étienne. Open sources est un collectif de designers, architectes, menuisiers, hébergé et accompagné par le Comité d’animation pour tous sur le parc de Montaud (CAPM). Le collectif œuvre dans des locaux prêtés par la ville de Saint-Étienne. Les membres se prêtent en contrepartie à des séances d’animation vers les enfants à l’éco-conception, à la sensibilisation aux déchets et au réemploi. La ville fait ainsi coup triple : investir le champ du design de réemploi, accompagner souplement de jeunes pousses, mener des actions de sensibilisation au développement durable dans le champ de l’économie sociale et solidaire.

Le travail d’Open Sources commence à trouver place publique. Open sources et Baptiste Menu ont ainsi scénarisés l’espace du dernier salon Tatou juste lui donnant cohérence et profondeur de champs, qualités qui faisaient sans doute défaut aux précédentes éditions. Et un rendez-vous est programmé pour la Biennale du Design.

Monter une filière Design de réemploi.

L’atelier de Montaud fonctionne à l’échelle de l’artisanat et du prototype. L’atelier de Montaud est donc comme un laboratoire local pour « Jouer et travailler avec la complexité du réemploi ». L’enjeu dépasse l’artisanat. L’ambition est d’entrer dans un processus de design pour valoriser les déchets et passer à l’échelle d’une filière « Nous sommes là pour interroger la vocation industrielle du réemploi. » La seconde étape est donc la création d’une filière maitrisée des déchets comme celle d’Envie pour la niche des déchets informatiques et électroménagers. Le modèle économique reste à trouver. Courent-ils après une chimère ? Mission impossible ? La greffe « post mortem » d’objets morts à leur 1ere vie d’usage peut-elle prendre au niveau du corps industriel ?

 Une troisième révolution industrielle ?

Le Design, dernier avatar du capitalisme consumériste et comme son aile avancée, va t-il disparaître avec la fin des ressources abondantes ? En clair, la crise écologique sonne-t-elle l’arrêt du design marketing pour un design du réemploi ? Il reste à trouver le modèle économique, industriel – peut être dans un mix idéal public/privé – derrière l’innovation sociale. Le défi n’est ni artistique (bien sûr on pense à Marcel Duchamp et à la révolution dada), ni même artisanale. Le cap de Bonne espérance aussi bien pour « Open sources » est le process industriel. A l’échelle du monde, quelques réalisations d’ingénieurs venus d’une autre planète trouvent déjà souche comme la ville danoise en totale symbiose industrielle de Kalundborg. Pourquoi ne pas profiter des synergies permises à Saint-Étienne autour du CIRIDD et accompagner localement cette transition?

Pourparlers s’interroge donc avec Open sources sur la vie de nos objets « marketés », condamnés à une vie éphémère car programmés pour l’obsolescence. Et pourparlers donne une petite tape amicale à ce projet concentré d’énergie grises, de valeurs écologiques et humanistes. Un programme ? Non un défi !

 Jean-Pierre Jusselme

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Ville Design Unesco?

Moi aussi j’ai pris ma voiture,Š et j’ai vu, comme tous les gens qui prennent leur voiture au lieu de prendre le train, un nouveau panneau à l’entrée de la ville. Un panneau qui ne s’adresse qu’aux automobilistes, parce que les autres, et bien « il fallait prendre sa voiture ». Comme vous commencez à connaître la chanson la victime sera encore une superbe création graphique : un panneau marron qui vous annonce que Saint-Etienne est ville Design UNESCO, autopsie !

« Quelle belle image j’ai de Saint-Etienne, une ville dynamique, d’ailleurs quand je serais grand, j’aimerais beaucoup y faire mes études, y passer ma vie et y mourir, la vie est tellement douce à Saint-Etienne « . C’est sans doute ce que se disent la plupart des gens qui pense à notre belle ville, enfin, ceux qui comme moi on fait leurs études à Nevers, pour les autres. Saint-Etienne était la ville grise, maintenant la ville design marron. Je ne vais pas m’étendre sur le contenu Design de la ville que je cherche encore, à part quelques boutiques faites par des décorateurs, architectes, et tellement peu de designers, et revenons plutôt à notre panneau donc le cadavre est déjà bien froid!

Comme d’habitude je vais évoquer les codes graphiques ; et comme d’habitude, c’est là où ça fait mal ! (même si le patient est déjà mort !). Les codes graphiques c’est comme je l’ai déjà dit donner du sens, mais c’est aussi donner un appartenance, faire partie d’un groupe. C’est un peu comme un mode vestimentaire, un skinhead n’a pas les cheveux longs, mais les idées courtes!
Et bien encore une fois à Saint-Etienne on se plante royalement dans les sens des images que l’on montre au public. Ici on parle de Design, de l’UNESCO, c’est beau, c’est grand, et pour mettre en majesté ceci on utilise les codes graphiques de la DDE ; non pas le Design Developpement Exchange, mais celui de la Direction Departementale de l’Equipement. Le même marron qui vous annonce à Montelimar le Nougat ou les Andouilles à Charlieu ! ( il y a sûrement un panneau à Charlieu ).
Le Design et L’Unesco c’est l’audace, la créativité et là on vous l’annonce en deux couleurs. Ca fait rêver !

Ensuite le choix typographique est toujours discutable. Une police de caractères, on l’aime ou on la quitte, et la police ROTIS de la Ville de Saint-Etienne a été remplacé par une police ROMAN d’une banalité affligeante ! Peut-on encore aujourd’hui faire des panneaux vintages typés années 70 ? A Saint-Etienne, oui, on le peut ! J’imagine le graphiste qui a fait ce panneau et qui l’a fièrement dans son book ! Car oui c’est un graphiste qui l’a fait, c’est forcement un Designer graphique qui a fait ce joli panneau ; puisque la politique de la ville veut que le design entre au coeur de la vie, de l’économie, à moins que . . . non !

Le code graphique c’est aussi l’utilisation du all-over (le tout partout !) du logo de la cité du design. Vrai Croco ou faux Vuitton. Attention aux codes graphiques, du marron clair en all-over c’est la tentation de tous les graphistes, mais ne jamais mettre les doigts chez Vuitton ça fait malles.

Code graphique, c’est le mot magique pour savoir si on a fait une belle affiche ou un beau panneau, Mais aussi créativité. C’est bien ce que demande l’UNESCO, de la créativité, et là , le vide intersidéral, le néant. Mais où es-tu Neville Brody ! Pour moi un panneau fait par Neville Brody dans sa période Blur ( je parle de la police et pas de Damon Albarn ) aurait été d’un impact visuel du plus grand effet. Je ferais un petit essai « à la manière de » :
[uds-billboard name= »ville-design »]

Et finalement, si tout se résumait en quelques lignes?
Un panneau peut vous en dire plus sur vous que Madame Irma ! Lors de l’année de Saint-Etienne Ville UNESCO de Design il fut lancé un concours, comme le fait chaque ville Design Unesco. A Saint-Etienne les professionnels du secteur, je ne dirais pas du milieu, se sont opposés à ce que le concours soit ouvert à tout le monde. Malgré les bonnes volontés de la Cité du Design qui mettaient tout en
oeuvres pour avoir une affiche comme Montréal, Buenos Aires ou encore Sydney, Saint-Etienne s’est retrouvé sans visuel et n’a toujours pas son affiche Ville de Design UNESCO, mais a bien son gros panneau marron.

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